‹ Contribution à l'étude du retrait des cimentsChapitre 24 sur 32 · LES · texte numérisé non relu

LES

La phase des contraintes uniformes peut durer plus ou moins longtemps suivant la nature du ciment, le degré de dessiccation, etc. Au bout d’un temps variable (de quelques heures à quelques jours pour les ciments fondus, et à hautes résistances initiales, de quelques jours à quelques mois pour certains portlands) des irrégularités naissent dans la répartition des contraintes. Des points singuliers apparaissent à la périphérie du verre et se déplacent peu à peu vers le centre.

Ces points singuliers se révèlent par des taches noires en lumière polarisée circulaire (observation des POCHES tiques).

En lumière rectiligne, on constate que les isoclines cessent d’être des droites radiales et deviennent des courbes de plus en plus compliquées. Par rotation des nicols, ces courbes balaient le verre, maïs passent constamment par lés points singuliers.

Tant que les perturbations aïnsi apportées sont faibles, on peut encore obtenir les contraintes principales au centre du verre, par les formules de M. TEsar. Quand elles deviennent importantes, il est nécessaire: de passer à Pétude générale par les. isostatiques et isochromatiques. :

Sur les petits modèles de verre utilisés, les isoclines se déterminent facilement. On en déduit les isostatiques avec suflisamment de précision (fig, 33). Mais pour obtenir les courbes de valeurs, il est nécessaire d'opérer sur des modèles plus grands.

On constate ainsi qu’en certains points de la périphérie du verre, en général dans la région des points singuliers, il existe des tensions. Il semble que ces tensions puissent aller jusqu’à provoquer la rupture du verre. J’ai observé un tel phénomène dans une plaque d’un bon ciment artificiel pur. Au bout de sept mois, une amorce de félure radiale s’est révélée en un point du pourtour du verre, et a progressé lentement pendant huit jours. Au bout de ce temps elle avait gagné le trou central. Puis la plaque de ciment s’est fissurée à son tour, à peu près dans le prolongement de la félure du

verre.

Fig. 83. — Isostatiques dans un cylindre de verre soumis à l'action du retrait du ciment.

J'ai appelé cette période phase des fissures virtuelles, attribuant les perturbations dans les contraintes à des défaillances locales du ciment. En particulier, on expliquerait ainsi l'apparition de tensions considérables en certains points du verre, Considérons (fig. 30) un cylindre de verre entouré de ciment, Le retrait a pour effet de comprimer radialement le verre et de tendre tangentiellement le cylindre. Il existe d'autre part une adhérence considérable entre ces matériaux. Cela étant, si le ciment cède suivant «4 b par exemple la totalité des efforts de tension qu’il supportait se trouve transmise au verre au point a.

Par la suite l’adhérence tangentielle verre-ciment se trouve détruite sur une longueur plus où moins grande. Une partie

des efforts de tension se trouve reportée sur le ciment qui cède : c’est la phase des fissures réelles. La fissure semble naître sur le bord du verre pour se propager plus ou moins vite. Il peut s’en développer simultanément plusieurs amorces; on s’en rend compte au début de l'immersion : quelques fissures radiales s’accusent par la coloration plus foncée due à la pénétration immédiate de l’eau.

A ce moment la répartition des efforts change plus ou moins vite. La partie voisine de la fissure est tendue, la partie opposée comprimée. Le verre tend à s'ouvrir comme sous l’action d’un coin. Au cours d’autres expériences j'ai constaté également l’apparition de félures de verre pendant cette période.

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