‹ Contribution à l'étude du rôle des microbes du groupe du bacillus subtilis dans l'épuration des eaux d'égouts: Leur action sur les matières azotées et hydrocarbonéesChapitre 4 sur 38 · NUTRITION AZOTÉE · texte numérisé non relu

NUTRITION AZOTÉE

Les microbes du groupe du B. subtilis attaquent avec une très grande intensité la plupart des matières azotées organiques qu'ils dédoublent, puis oxydent. Leur action sur certains produits et en particulier sur la caséine a été spécialement étudiée. DucLaux notamment a recherché le mécanisme de la dislocation de cette substance par le Tyrothrix tenuis et T°. filiformis, le 7°. distortus et autres qui tous appartiennent au groupe du B. subtilis (10). La dégradation de la caséine est poussée très loin et les produits en sont l'eau, l’acide carbonique, l'ammoniaque, quelquefois de l’urée, des acides aminés, dont la leucine et la tyrosine, et enfin des acides gras dont les plus fréquents sont l’acide acétique et l’acide valérianique.

La peptone, l’albumine, la fibrine et presque toutes les matières albuminoïdes subissent, sous l'influence de ces bactéries, des fermentations analogues.

On a souvent pensé que ces microbes attaquaient les matières azotées organiques de préférence à tout autre aliment. Cela est vrai, dans Île lait par exemple, où ils digèrent rapidement la caséine sans toucher au lactose. Mais cela tient simplement à ce qu'ils ne peuvent hydrolyser cet hydrate de carbone. Si, dans un milieu riche en matières albuminoïdes on

ajoute un produit carboné assimilable, comme le saccharose,

le glucose, ces organismes oxyderont surtout cette substance sans presque toucher aux composés azotés.

Par exemple, le B. subtilis ensemencé dans du lait additionné de 2 o/o de saccharose, le coagule, puis digère la caséine comme dans du lait normal, mais moins rapidement et moins complètement, bien que la culture soit plus belle.

Un bouillon peptoné sucré où glycériné donnera sous l'influence de cette bactérie très peu d'’ammoniaque et d'acide valérianique alors que le même bouillon, sans matière ternaire, fournira, avec un développement microbien moindre, beaucoup de ces deux produits qui indiquent une dégradation avancée et intense de la peptone.

Donc presque toutes les matières organiques azolées sont facilement attaquées par ces bactéries du groupe du subtilis, mais leur combustion n’est rapide ét importante qu'autant que le milieu n’offre pas d'autre aliment térnairé facilement assimilable, Dans ce cas, en effet, ces organismes n’attaquent lès matières albuminoïdes que pour en assimiler l'azote qui leur est nécessaire.

Ces microbes peuvent d’ailleurs assimiler l'azote sous presque toutes ses formes : c'est ainsi qu’ils utilisent les acides aminés, les amides, les sels ammoniacaux, les nitrites et les nitrates.

L'étude de la nutrition azotée de ces organismes présente de nombreuses questions intéressantes.

Je ne me suis occupé que de deux problèmes qui concernent l'épuration bactérienne dés eaux d’égouts.

J'étudierai successivement dans deux chapitres :

1° Le bilan de l'azote dans la combustion des matières azotées par ces bactéries ;

> L'utilisation des nitrates par le B. subtilis et quelques microbes voisins.

Page 1