PATHOGÉNIE
Certains auteurs, entre autres Virchow, Cornil, se basant sur la fréquence des tumeurs mélaniques chez certains animaux et en particulier le cheval, pensent qu'il y a lieu de distinguer les mélanoses et les sarcomes mélasiques.
Les mélanoses seraient des productions infectieuses ; les sarcomes à pigment noir rentreraient dans le chapitre général des néoplasies. En tous les cas la majorité des cas de contagion de l’homme à l’homme ou de l’animal à l’homme sont observés dans les sarcomes mélaniques ; il semble donc que cette distinction puisse avoir une valeur dans certains cas.
Quoi qu'il en soit, il est logique d'admettre que le sarcome mélanique qui est ou tout à fail noir, rappelant à la coupe la surface de section d’une truffe, ou bien simplement brun et inégalement pigmenté, ne se développe qu’aux dépens des tissus qui normalement renferment du pigment, tels que la peau et la choroïde oculaire.
Au niveau de la peau les sarcomes mélaniques
RO débutent le plus souvent sur un nævus et surtout sur un nævus pigmentaire. On observe parfois (très rarement en réalité, étant donné l'extrême fréquence des nævi de toutes sortes chez des sujets tout à fait normaux du reste) qu'un nævus pigmentaire ou verruqueux mou resté stationnaire dans son évolution: depuis fort longtemps, prend brusquement un accroissement notable. La base s’indure, puis la tumeur s’ulcère et saigne facilement ; en même temps la peau avoisinante devient le siège d’une pigmentation brune ou mème noirâtre ; il se forme peu à peu une vaste tumeur ulcérée, envahissante, infectant rapidement les ganglions régionaux et donnant dans les viscères des métastases nombreuses (poumons et foie surtout) telle est l’évolution du sarcome mélanique issu d’un nævus pigmentaire ou verruqueux.
Mais dans ces dernières années le nævo-sarcome a été fortement batlu en brèche par les travaux de Unna et les recherches de Darier, Kromayer et Waldeyer, qui tendaient à faire considérer les cellules næviques comme des cellules épithéliales analogues à celles de l’épiderme, mais ayant perdu leur structure filamenteuse : les traînées cellulaires du nævus étant comparables à des boyaux d’épithélioma et non à des endothéliomes comme le prétendaient les premiers observateurs Demiéville et Recklinghausen.
Demiéville en 1880, qui examina le premier histologiquement des nævi, les trouva formés par des cellules cubiques, lassées les unes contre les autres el disposées en cordons, en traînées enfermées dans
un stroma conjonctif à disposition alvéolaire, contenant des cellules pigmentées. Il considéra ces cordons cellulaires comme des vaisseaux capillaires sanguins à endothélium épaissi,
Recklinghausen, contrairement à Demiéville, les regarda comme formés par la prolifération des endothéliums lymphatiques.
Cependant les travaux de Unna n’ont pas convaincu Ribbert qui considère les cellules næviques comme des cellules conjonctives, analogues aux chromatoblastes, mais dépourvues de pigment :
pour Ribbert il y aurait tous les intermédiaires entre la cellule nævique à protoplasma incolore et le chromatophore bourré de pigment noir, On voit que la question n’est pas encore tranchée ; or il faut reconnaître que l'interprétation de Ribbert et celle de Unna sont basées toutes deux sur des arguments histologiques très sérieux. Si l’on admet la théorie de Unna les tumeurs malignes qui en dérivent seront des nævi-carcinomes, suivant le terme employé par Una. Si. au contraire, l’on suit celle de Ribbert, ces tumeurs seront des sarcomes plus ou moins pigmentés, sarcomes mélaniques ou chromatophoromes (Ribbert).
Origine du pigment mélanique
Quelle peut être l’origine du pigment mélanique ? Deux doctrines principales ont cours sur cette genèse.
Béchaux cn