OBSERVATION VI
(Besson.— Bulletin médico-chirurgical des accidents \Wde travail, Paris, 1908, p. 481-511.)
21 juin 1905.— Une fileuse, âgée de vingt-cinq ans, glisse devant son métier, et, en tombant, ses cheveux se prennent dans un engrenage ; arrachement complet a porté sur la voûte cranienne, la région temporo-pariétale droite du crâne ; soil scalp des 3/4 du cuir chevelu.
La douleur fut presque nulle ; l’hémorragie très abondante. La femme était enceinte de plus de deux mois. Pansement antiseptique humide.
24 juillet.— Greffes de Reverdin; le développement
des bourgeons charnus va croissant et étouffe complètement les greffes, qui vivent mais ne peuvent se développer, se trouvant enfouies.
21 août.— Greffes de Thiersch couvrant 1/4 inférieur, réussite.
Septembre.— Essai de greffe cutanée totale : greffe prise à une femme atteinte d'éventration (Delassus). Pendant quatre jours tout va bien, puis phlyctènes et sphacèle du lambeau cutané.
4 octobre. — Deuxième application de greffes de Thiersch, comblant un angle situé au-dessus de l'oreille.
28 octobre et 12 novembre. — On fait des greffes de Thiersch, comblant tout ce qui reste de surface bourgeonnante. Toutes ces greffes de Thiersch réussirent si bien, que le 20 novembre la guérison était complète.
15 janvier.— Accouchement à terme.
Revue en 1908. La guérison s’est maintenue ComMplète. Le crâne est recouvert d’une surface blanc rosée, parcourue par places de très fines arborisations vasculaires ; cette surface est indemne de toute ulcération ou trouble trophique, malgre le port d’une perruque. Cette greffe est parfaitement mobile sur le plan sous-jacent, à peu près comme le cuir chevelu à l’état normal.
OBSERVATION VII (Observation de la clinique chirurgicale du professeur Jaboulay, de Lyon) Henriette S..., 33 ans, a la chevelure prise dans un
engrenage en septembre 1908 et le cuir complètement arraché. À l’hôpital d'Aubenas on tente, mais sans résul-
lat, de replacer le cuir chevelu et de le suturer. Devant
cet échec on se contente de panser aseptiquement la vaste plaie résultant du traumatisme.
= Le 5 octobre 1909 Ia malade entre à la clinique du professeur Jaboulay. On'essaye des traitements variés, on pratique dix séances de greffes avec :
Peau d’un sein récemment amputé ;
Peau d’une jambe sectionnée dans un cas d'accident du tramway ; | |
Peau des bourses récemment enlevées ;
Peau de la cuisse de la malade:
Sac herniaire.
Devant l’échec de ces différentes greffes et le refus de la malade de greffes vivantes, on essaye des pansements variés, à la vaseline, à l'huile gomenolée, à l'huile picriquée.
En décembre 1910, aucun résullat appréciable.
Le 4 janvier 1911, on lui fait des greffes de peau de grenouille.
9.—La réapplication du lambeau est inutile. La guérison spontanée ne se fait pas, on doit avoir recours aux divers divers procédés de greffes dont Je plus recommandable est le procédé dermo-épidermique de Thiersch, appliqué soit avant le bourgeonnement, soit après.