LA GLANDE GÉNITALE FEMELLE
Depuis les travaux de de Winiwarter et Sainmont on admet, au cours de l’organogenèse de l'ovaire, une série de proliférations à destinées différentes.
La première poussée du stade indifférent constitue, dans le cas de l’ovaire, les cordons médullaires, ils s'étendent jusqu'aux formations wolffiennes, au niveau du hile. Ils présentent la même constitution que les cordons sexuels de la future glande mâle, grandes cellules rares et petites cellules mésoblastiques. Ces cordons sont destinés à disparaître; sous linfluence d’une nouvelle poussée de l’épithélium germinatif, ils sont refoulés au centre de l’organe et se dissocient en s’atrophiant au sein du tissu conjonctif. Pour Prenant ces cordons sont « incapables d’une évolution prolongée, dans un milieu germinatif définitivement femelle ». Ces cordons médullaires peuvent ne pas s’atrophier et donner lieu à cette tumeur, paradoxale en apparence, mâle dans un ovaire. Hoche pense que cette poussée initiale, appelée classiquement mâle, devrait, se développant dans une glande indifférente, plutôt être considérée comme une poussée mixte (comprenant une partie femelle corticale et une partie mâle centrale).
La deuxième poussée ou prolifération de l’épithélium cortical se différencie nettement vers un type femelle, ses élément subissent Ja série des modifications chromatiques
caractéristiques de l’ovogénèse. Elle donne les anciens cordons de Valentin-Pflüger. D’après de Winiwarter, qu la étudiée sur l'ovaire de chatte où cette prolifération s’ebserve nettement séparée de la précédente, ces éléments ne subsistent pas et sont voués à l’atrophie.
Une troisième poussée apparaît après la naissance et donne les ovules et follicules définitifs. Enfin, chez la lapine on a décrit une quatrième poussée étendue sur toute la durée de la vie sexuelle, mais elle ne donne pas d’ovules. Paladino cite également, chez la femme, une quatrième poussées, ces invacinaltions tardives sur des ovaires adultes sont stériles.
Origine du séminome.
Avant d'étudier la formation du séminome, à partir des anomalies de développement de la gonade, nous pensons utile de donner, juste après l’étude des poussées prolifératives de l’ovaire, un apercu schématique de la classification des différentes tumeurs ovariennes germinatives.
L'SDOUSSÉCHE ER Séminome
2° A Epithélioma pilügerien 3e Re ro dE Folliculome
4e — (chez la lap.) Formations kystiques
La conception de l’origine embryonnaire du séminome ovarien remonte aux travaux de Walthard (1903), R. Meyer, Sternberg, ces auteurs ont décrit, sous l’épithélium de couverture, des amas cellulaires erratiques dénommés par Walthard : eranulosazellherde, et par Mever : granulosazellballen. Ces groupes cellulaires étant pour eux le point de départ de tumeurs, mais 1ls ne précisaient pas davantage l’origine germinative. Ce sont les travaux de de Winiwarter qui ont permis de classer les tumeurs germinatives.
L'accord est maintenant fait sur l’origine du séminome à partir de la première poussée, soit dans les vestiges des cordons médullaires primitifs, vestiges que l’on peut observer près du rete bien longtemps après la naissance, soit dans une prolifération tardive de ces mêmes formations. La ten-
dance première du développement de la glande femelle est, comme on Pa vu, potentiellement mâle, elle ne peut se poursuivre dans un milieu femelle, mais elle peut rester latente et reprendre ultérieurement.
La persistance des cordons médullaires explique aussi l’hermaphrodisme glandulaire. Cet hermaphrodisme, glandulaire ou vrai, existe réellement, pour Lacassagne il est protandrique; lPinverse ou hermaphrodisme protogynique est improbable, une glande mâle ne peut se former dans une gonade femelle. Tuffier et Lapointe n’admettent que l'hermaphrodisme glandulaire alterne, dans lequel un ovaire et un testicule fonctionnent chacun pour leur propre compte, et ils rejettent les formes uni e& bilatérales de la classification de Klebs. La question de l’hermaphrodisme glandulaire nous conduit à l’étude d'une de ses formes, forme atténuée qui est l’ovo-testis, intéressante, car elle peut être à l’origine d’un séminome (cas de Rendu et Pouzet). Les deux portions centrale et corticale de la glande indifférente peuvent continuer à se développer, il en résulte une glande hermaphrodite l’ovo-testis, qu'il serait préférable, d’ailleurs, de nommer ovario-testis. Sa constitution est la suivante : une coque superficielle de structure ovarique, avec follicules et ovules susceptibles d'un développement complet et renfermant en son centre une glande mâle généralement arrêtée dans son développement au stade de tubes aspermatogènes; une telle olande mâle est comparable à ce que l’on observe dans un testicule ectopique, or la prédisposition du testicule ectopique au séminome est bien connue chez l’homme. La portion ovarienne de l’ovo-testis peut s’atrophier el il ne restera que la partie mâle, dans les deux cas rapportés par Ménétrier il n’y avait plus d’écorce ovarienne visible.
Sous sa forme mineure d'ovo-testis, lhermaphrodisme glandulaire peut donc prédisposer au développement de séminomes, cet hermaphrodisme résultant, non pas de l’évolution d'éléments neutres, susceptibles d’une direction mâle ou femelle, mais de deux poussées de sexualités différentes dont l’une aurait dû avorter (Peyron et Ménétrier).
Histogénèse
Pillet, en 1895, admettait, pour origine du séminome, la prolifération des ovules mâles, opinion qui à une part de vérité, car on a reconnu les affinités cellulaires unissant ces ovules aux gonies souches de l’adulte.
Chevassu pensait à une prolifération des spermatogonies peu différenciées, situées à la périphérie du tube séminifère directement en contact avec sa membrane, pour lui « cette spermatogonie à gros noyau clair, contenant un nucléole fortement coloré, ressemble trait pour trait à lépithélium séminal ».
Pour Chenot, il faut rechercher plus haut, dans la cellule œerminale, l’origine du séminome; cette tumeur, provenant de l’inclusion d’un groupe de cellules originairement indifférentes, il admet avec Chevassu que ce soit une tumeur sexuelle mais à la condition de reporter son origine dans l’épithélium sexuel encore hermaphrodite. Pour lui l'inclusion de ces cellules avec d’autres Lissus expliquerait la possibilité du développement de séminome dans un embryome, mais d’après Peyron on n'observe jamais de tissu germinatif dans les embryomes et Hoche pense que le séminome et l’embryome peuvent se développer ensemble, mais sans aucun rapport apparent.
Borrel et Masson ont proposé le terme d’épithélioma spermatogonique, car ils ont observé des cellules typiques de cette tumeur dans des tubes séminifères adénomateux. On ne saurait admettre la conception de R. Meyer qui appelle le séminome un dysgerminome, pour cet auteur le dysgerminome ne dérive pas des canaux séminifères, mais d’un envahissement de ceux-ci par des cellules primitives dégénérées, il s’agit de formations anarchiques et non d’une prolifération de cellules ayant le pouvoir de former des organoïdes testiculaires.
Peyron et Ménétrier, ayant observé, dans les cellules du séminome des cristalloïdes semblables à ceux que les gonies souches transmettent aux cellules syncytiales de Sertoli,