‹ Contribution à l'étude du Symptôme Douleur provoquée et particulièrement du Signe de Rovsing dans le diagnostic de l'appendiciteChapitre 11 sur 32 · PEN · texte numérisé non relu

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sous forme de lassitude, de sensation de poids à l’épigastre ou dans la fosse iliaque droite, de gêne dans les mouvements de flexion du tronc ou dans le fait de monter les escaliers.

M. le Professeur Sabrazès a signalé l’exacerbation des douleurs appendiculaires et les poussées aiguës d’appendicite par le port d'un fardeau (Gaz. hebd. Sc. méd. Bx, 1919). Une de nos malades (observ. IT) présentait nettement ce signe.

Ce qui nous intéresse ici, c'est plus particulièrement la douleur provoquée. Pourquoi ce symptôme a-t-il une si grande valeur dans la séméiologie de l’appendicite aiguë ? C’est parce qu'il est constant, que son siege est assez fixe pour qu’on puisse souvent le distinguer des points douloureux dus à des inflammations d’organes voisins.

La douleur provoquée est un élément de diagnostic différentiel important de l’appendicite aiguë. C’est pourquoi l’on s’est efforcé d'en préciser les caractères et le siège précis.

La crise aiguë d’appendicite peut en effet prêter à confusion avec les maladies qui s’accompagnent de douleurs abdominales vives et de vomissements : coliques néphrétiques ou hépatiques, rupture de grossesse tubaire, rupture d’un pyosalpinx, occlusion intestinale, infection péritonéale à pneumocoques, perforation intestinale, hernie étranglée, indigestion, embarras gastrique, fièvre typhoïde.

On peut aussi confondre l'appendicite aiguë avec les maladies qui s’accompagnent de tuméfaction de la fosse iliaque droite abcès périnéphrétique, ptoitis, abcès froid, tumeurs de l'intestin, rein flottant, kyste de l'ovaire à pédicule tordu où rompu, salpingites, affections du foie et de la vésicule biliaire, ptose du cœcum, tubercuiose ou actinomycose iléo-cœcale, typhlites et colites suppurées.

Nous n'avons pas la prétention de croire que la découverte d’une douleur appendiculaire tranchera une question aussi délicate que celle du diagnostic de certaines appendicites aiguës. Nous pensons seulement que le symptôme douleur provoquée constituera un précieux élément de diagnostic.

La pression de la région iléo-cœcale saine est indolore; même

l’appendice peut être soulevé, excité sans douleur, mais les tractions sont douloureuses, par transmission au mésentère. L’appendicite s'accompagne toujours d’un certain degré de péritonite; or le péritoine enflammé est très sensible à la douleur. La moindre pression sur la peau de l'abdomen est l’origine de douleurs vives.

Nombre de chirurgiens et d’anatomo-pathologistes admettent aujourd’hui avec MM. Tripier et Paviot que la crise d’appendicite n’éclate qu’au moment où le péritoine appendiculaire est atteint et où ses nerfs sont lésés.

Nous verrons ultérieurement qu'on a décrit plusieurs points douloureux appendiculaires. Bornons-nous, pour l'instant, à constater qu’une pression sur la région iléo-cœæcale enflammée est très douloureuse; cette douleur est due en partie à un certain degré de péritonite, en partie au déplacement, aux tiraillements de l'appendice enflammé. Cette douleur peut être provoquée à chaque instant par la pression digitale et son siège assez fixe répond en gros à la région moyenne de la fosse iliaque interne droite. On peut dire qu'elle est caractéristique.

La palpation devra être faite avec douceur et n’être pas trop répétée car elle pourrait être dangereuse.

En résumé, la douleur à la pression est un signe de toute première valeur dans l’appendicite aiguë, bien que le nervosisme personnel du sujet puisse lui donner plus de relief qu’il n’en a réellement. Mais surtout c’est un signe durable, il subsiste autant que la réaction inflammatoire dont il est l'expression.

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