‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 41 sur 81 · PREUVES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

PREUVES EXPÉRIMENTALES

A ces connaissances assez peu précises sur la pathologie du conjonctif au cours des maladies de la nutrition, viennent s'ajouter des données de laboratoire tendant à mettre en évidence le rôle du système conjonctif dans le métabolisme des substances azotée. Gabbi, par des dosages répétés, a noté l'abondance de xanthine, de créatinine et d’urée

dans la pulpe splénique. Cette richesse en corps azotés est en rapport certain avec la destruction de substances protéiques, de nucléoprotéides, dans le tissu splénique, mais cette transformation n’est pas l’apanage de la rate. Elle se réalise dans lorganisme entier, sous l'influence de ferments abondamments répandus, les nucléinases et les nucléosidases. Horbaczewski avait observé de même la richesse en urée du tissu splénique et la formation particulièrement abondante d'acide urique dans le sang additionné de pulpe splénique. Il avait dailleurs signalé le rapport certain de ces faits avec l'activité leucopoiétique et leucolytique de la rate. D’autres auteurs ont porté leurs dosages non plus sur la pulpe splénique mais sur le sang veineux qui en provient, sur le sang des veines spléniques. Béclard, Funke ont ainsi noté l’augmentation du taux des albumines dans le sang veineux splénique. Jolly et Liévin admettent que la rate est un organe de réserve des matières protéiques : Pazote libéré par la destruction cellulaire ne serait pas mis directement en circulation. Il serait emmagasiné dans les mailles du réseau, et ne serait libéré que progressivement au fur et à mesure des besoins de lorganisme.

Les méthodes de suppression de la rate et de blocage du système histiocytaire par des colorants colloïdaux ont également été mises en œuvre pour mettre en évidence le rôle du système dans le métabolisme de l'azote. Dès 1914, Roger et Kronuliski ont montré que la splénectomie apporte de profondes modifications dans la nutrition du chien. Pour

se maintenir en équilibre azoté, l'animal doit ingérer un pourcentage d’azote plus fort que les animaux témoins. Tout se passe comme si la splénectomie diminuait le pouvoir d’assimilation de Pazote, et en d’autres termes, comme si l’amas de tissu conjonctif réticulo-endothélial amputé jouait un rôle important dans ce phénomène d’assimilation. Des auteurs italiens ont repris ces expériences dès 1926. Ponticaccia, Campanacci et Isalberti ont trouvé des résultats analogues : l'azote sanguin subit un fléchissement global constant et non progressif après la splénectomie, léger pour l’azote total, l’azote résiduel et ammoniacal, notable pour lazote uréique et l’acide urique. Ces modifications durent environ deux à trois mois, s’accompagnent d’une importante perte de poids, d’anémie et de dénutrition. Par la suite, ces phénomènes s’amendent, par le jeu des vicariances, et le métabolisme de l’azote redevient normal, ainsi que le poids et la nutrition générale. Le blocage du système par l’encre de Chine ou les sels d'argent donne des résultats sensiblement identiques, avec toutefois cette différence inexpliquée que le fléchissement de lazote uréique et résiduel est d'autant moins important que celui de lazote total est plus marqué. Tous ces faits, mal liés entre eux, semblent cependant accorder à la rate et au SRE un rôle notoire dans le métabolisme des protéiques, rôle qui serait subordonné à l’hémolyse et à la cytolyse. Il était intéressant de poursuivre les recherches dans ce sens. En particulier, Goldrieher et Schermann, partis de la notion d’œædème du foie urémique avec

modification des cellules de Kupffer, ont recherché les relations possibles de cause à effet entre l’altération du tissu réticulo-endothélial et lazot£mie. Or, on sait que le foie élabore de l’urée et que le sang qui sort des capillaires bordés de cellules endothéliales est particulièrement riche en urée. Pratiquant des injections d'encre de Chine à des animaux à élimination rénale normale, ils ont constaté une élévation constante, quoique faible, du taux de l’urée sanguine, avec retour assez rapide à la normale. À quoi est due cette élévation du taux de l’urée ? On pourrait penser que l’urée provenant de la cellule hépatique qui a disloqué les molécules azotées complexes, passe plus facilement dans le sang après lésion de la cellule chromophil£. Mais rien ne prouve d’abord que la cellule réticulo-endothéliale soit fonctionnellement diminuée par le blocage. Cette façon de voir est également contredite par les résultats de Ia splénectomie qui abaisse le taux de lurée. Buengeler donne une pathogénie possible : dans une culture de tissus, on constate une augmentation des processus vitaux si lon pratique une injection d'encre de Chine. Le microscope montre que cette hyper-combustion est en rapport avec une pexie et une phagocytose exaltées. Il est plausible que cette exagération des combustions tissulaires détermine une destruction exagérée de matières protéiques du milieu ambiant. Le blocage aurait donc une action stimulante. Sous l'inspiration de M. le Docteur Lévi-Valensi, nous vons repris les expériences de Goldricher et Scherman : nous avons pratiqué sur des lapins et des

chiens des injections d'encre de Chine à des dilutions diverses, mais à des doses beaucoup plus fortes que les auteurs cités. Nous avons de même varié les voies de pénétration du colorant, nous adressant tour à tour à la voie intraveineuse et à la voie intrapéritonéale pour obtenir un blocage général du système ou seulement un blocage régional.

L’élimination urinaire de nos animaux était étroitement surveillée et les reins ont toujours été trouvés normaux à l’autopsie, macroscopiquement ct histologiquement. Presque à tout coup nous avons obtenu des élévations importantes du taux de Purée sanguine, dans les heures qui suivaient l’injection, comme en font foi les courbes que nous reproduisons ici. C’est ainsi que nous avons vu le taux de l’urée passer de 0 g. 30 à 1 g. 48 0/00 quatre heures après une injection intraveineuse de 1 cm. d’encre de Chine pure par kilog de poids chez notre chien N° 2, de 0 g. 20 à 0 gr. 91 0/00 chez notre chien N° 3, qui avait reçu la même dose de colorant, et de 0 g. 32 0/00 à 1 g. 40 0/00 chez notre chien N° 4 qui avait reçu une série d’injections intrapéritonéales d’encre de Chine à 25 %. Mêmes constatations sur les lapins qui recevaient des injestions d’encre de Chine à des dilutions varables par voie veineuse ou intrapéritonéale. Afin d'éliminer l'influence des prises de sang successives, nous avons fait des prélèvements successifs de sang sur des lapins soumis au même régime alimentaire, mais non injectés d’encre de Chine. Nous avons constaté sur une période de trois jours une augmentation très légère du taux de l’urée, de 0,51 0/00

ae ANDRE

chien N°2

e { Cut. Cul Ven. 7 M Eure de CÂcue Æ

Page 1