‹ Contribution à l'étude du Tétanos Post-Abortum et son traitementChapitre 7 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans son livre « Les Avortements mortels », M. le Professeur Monpor consacre un chapitre entier à l'étude du tétanos post-abortum. Il ne faudrait cependant pas croire qu’il s’agit là d’une complication fréquente des fausses couches. Mais sa gravité toute spéciale, la mort en étant la terminaison habituelle, en fait une affection dont l’intérêt thérapeutique n’échappe à personne.

Il ne se passe pas d’année sans que quelques observations en soient lues devant les différentes Sociétés savantes. Elles sont toujour suivies de discussions sur la conduite à tenir, ce qui prouve bien qu’une doctrine n’est pas encore formellement établie.

Peut-être serait-on en droit d’espérer que l’hystérectomie très précoce et la mise en œuvre rapide de la séro-vaccination antitétanique puissent en améliorer le pronostic.

En deux années de pratique chirurgicale à Angers, sur quatre cas de tétanos, le Docteur GOYER a pu observer deux cas de tétanos post-abortum. Ces deux observations serviront de base à ce travail. L’une d’elles a été présentée par M. le Docteur DESMARETS, Chirurgien des Hôpitaux de Paris, à la Société d’Anes-

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thésie et d'Analgésie. L'autre a été présentée par M. le Docteur L. Bazy, Chirurgien des Hôpitaux de Paris, à l’Académie de Chirurgie.

Ces deux observations n'ont pas une rigueur scientifique absolue dans ce sens que la preuve du tétanos n'a pas été faite par les différents examens de laboratoire, On verra cependant que le tableau clinique, l'étiologie certaine et avouée dans les deux cas ne laissent aucun doute sur la nature des accidents et le point d'inoculation. : “

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GENERALITES

Le tétanos post-abortum, tétanos splanchnique, est habituellement consécutif à des tentatives d’avortement criminel.

Sa gravité est celle de tous les tétanos dont l’inoculation est viscérale.

Son allure clinique aussi est assez spéciale et les contractures n’atteignent jamais l’étendue de celles que l’on voit habituellement dans le tétanos.

La rapidité fréquente de son évolution en est encore un caractère particulier.

Le tétanos post-abortum est, comme nous l’avons dit plus haut, presque toujours consécutif à un avortement provoqué.

« Aux mutilations dues aux instruments employés, s’ajoute assez souvent l'injection intra-utérine. »

— L'inoculation se fait au niveau de l'utérus :

Il importe d’insister sur ce fait qui a des conséquences thérapeutiques. Néanmoins, l’inoculation a pu se faire par une plaie vaginale. Dans un cas de Duvorr, signalé par Monpor, la sonde mal dirigée, au lieu d’être intra-utérine, fut intra-vésicale et c’est la cystite entraînée par l'injection qui parut être la plaie

tétanique.

La porte d'entrée périnéale appartient surtout au tétanos puerpéral des femmes en couches, qui n’est pas un tétanos splanchnique.

Dans certains cas, il y eut même perforation utérine et injection intra-utéro-péritonéale (FULCONIS).

— Le bacille de Nicolaïer trouve là une matière favorable à son développement :

La plaie utérine est irrégulière, anfractueuse, de siège profond, cavitaire.

Les débris placentaires eux-mêmes constituent un milieu favorable au développement du bacille.

Un autre élément est à considérer, l’association microbienne.

A ce point de vue, on sait depuis TULLOCH que les toxines du bacille perfringens favorisent la germinaüion de la spore tétanique.

En un mot, l’aspect et la situation de la plaie, les associations microbiennes, tout favorise le développement de la « toxi » infection tétanique.

Le bacille de Nicolaïer est trouvé dans la paroi utérine, dans les débris placentaires, dans un écoulement utérin aussi.

Nous verrons plus loin les différents examens bactériologiques qui peuvent être pratiqués.

Le bacille peut être apporté par les instruments, canules, sondes en gomme. Le milieu dans lequel vi-

vent ces femmes peut être riche en bacille tétanique : dans un de nos cas, il s’agissait d’une fermière. Dans l'observation de MM. FERRON et TORLET, il s ’agissait

d’une champignonniste qui manipulait quotidiennement terreau et fumier.

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