MONSIEUR LE PROFESSEUR RECLUS
Professeur de la Faculté de Médecine de Paris Membre de l’Académie de Médecine Chirurgien des Hôpitaux Officier de la Légion d'Honneur
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La tuberculose génitale caractérisée par l’envahissement d’un où plusieurs segments de l'appareil génital par le bacille de Koch est diagnostiquée plus fréquemment depuis qu’on a appris à la connaître et que grâce* aux résultats obtenus par son traitement chirurgical on
y a recours dans nombre de cas.
__ Lorsque Malassez et Reclus (1) eurent démontré l’unité pathologique de la caséification, les prétendues orchites chroniques. des anciens auteurs furent désormais considérées comme une manifestation fréquente de la tuberculose.
Cet envahissement peut n’être qu’un épiphénomène au cours d’une tuberculose jusque-là restée locale comme une bacillose pulmonaire (peu souvent d’après Reclus) ou encore la propagation d’une tubérculose de foyer plus proche, bacillose rénale ou vésicale. Dans ces cas
1. Reclus (Thèse de Paris, 1876). Du tubercule du testicule et de l’orchitle tuberculeuse.
CA (2e
nous avons affaire à une tuberculose génitale secondaire à une lésion tuberculeuse primitive située dans un point quelconque de l’organisme.
Nous avons tous vu de malheureux bacillaires présenter à un cértain moment une éclosion de foyers infectieux, disséminés un peu partout. Ils peuvent ainsi non seulement présenter des noyaux indurés ou suppuürés de leur prostate ou de leur épididyme, mais encore il n'est pas rare que faute d'examens attentifs et répétés . chez un phtisique on se trouve brusquement en présence d’une suppuration testiculaire.
C’est là la tuberculose secondaire. à
À côté de cette tuberculose secondaire, généralisation à un point de l’organisme d’une infection primitive, il y
-a une tuberculose primitive d'emblée.
Chez un prédisposé héréditaire, chez un sujet mis en état de moindre résistance par du surmenage général ou bien encore par des\privations ou des excès, une cause locale, traumatisme ou excès génésiques, crée un lieu de moindre résistance propice à une infection bacillaire et un fait bien connu c’est la fréquence de cette tuberculose primitive ou primitivement localisée aux organes génitaux secondaire à une affection gonococcique.
Si le poumon est le plus souvent atteint parce qu’il est l’organe le plus vulnérable on comprend très bien qu’une cause locale chez un prédisposé puisse être le point de départ d’une tuberculose génitale.
Bien des hydrocèles, comme les affections pleurales, ne sont-elles pas des manifestations du bacille de Koch
(Tuffier et Jousset). | Au point de vue qui nous occupe, c’est-à-dire au point
de vue du traitement, devons-nous laisser subsister ces
2} ess
appellations de tuberculose primitive et tuberculose secondaire ?
Je répondrai par l’affirmative, car si le traitement médical est applicable dans les deux cas, le traitement chirurgical l’est-il ?
L’on peut dire que les tuberculoses secondaires sont
des affections surtout médicales réservant aux autres le
terme de chirurgicales, bien que pourtant l’on ne puisse
pas affirmer que jamais une bacillose génitale secondaire ne gagne pas à être traitée chirurgicalement.
On peut en effet faire quelques opérations partielles qui soulageront momentanément le malade ou même dans quelques cas, malheureusement rares, où les autres lésions tuberculeuses sont peu avancées, pratiquer des opérations radicales, mais on ne peut nier que la chirurgie tirera ses plus beaux et ses plus durables succès des cas où l'appareil génital sera atteint à l'exclusion
de tout autre organe.
Il est bien évident qu'un bacillaire pulmonaire à lé-
sions ramollies atteint de tuberculose génitale ne pourra
pas bénéficier grandement d’un traitement chirurgical,
son autre foyer continuant à évoluer. De même chez un malade atteint primitivement de bacillose rénale et secondairement de tuberculose génitale, c’est la bacillose rénale qu'il faudra surveiller de plus près et traiter le malade en conséquence.
Cette tuberculose génito-urinaire est bien importante à connaître.
La voie suivie par le bacille est longue : l’uretère, la vessie qui se laisse difficilement attaquer par le bacille de Koch, et enfin l’urètre ; c’est au niveau de la pros-
| tate que l’infection entre en contact avec les voies gé-
nitales. Dans cette tuberculose la loi de Ricord :«Lorsqu’il y a des tubercules dans quelques parties des voies génitales, il y en a dans l’épididyme », se trouve en défaut. La prostate et les vésicules séminales sont atteintes et restent seules atteintes pendant longtemps.
Dans ce cas, si le diagnostic d’une tuberculose prostatique ou vésiculaire est facile, ce qui est souvent plus difficile à dépister, c’est la tuberculose rénale qui en est la cause première et pourtant ce diagnostic est d'autant plus important à faire avec celui de la tuberculose génitale primitive que dans le cas de tuberculose uro-génitale ce n’est pas au niveau de l'appareil génital qu’il faudra intervenir, mais c’est bien le rein, cause première de l’infection qu'il faudra soigner.
ÉTIOLOGIE
Chez quels sujets rencontre-t-on la tuberculose génitale ? ;
L'enfant peut naître avec une lésion génitale nettement caractérisée. Auché et Chambrelent (1) ont rapporté un exemple typique de la transmission de la tuberculose par voie transplacentaire.
Sion ne la constate pas dès la naissance, elle fait
. Son apparition dès les premiers mois ou les premières
années et sa fréquence décroil jusqu'à la puberté, il est bien rare qu’elle soit observée entre 5 et 16 ans.
C'est à la puberté qu’éclate son maximun de fréquence et on l’observe le plus souvent entre 18 et 50 ans, mais cela ne veut pas dire qu’on ne la rencontre pas chez les gens plus âgés. Petit (2) dans sa thèse cite le cas d’un
homme de 62 ans opéré avec succès d’épididymectomie pour tuberculose génitale. Gibson dut faire la castra-
tion chez un vieillard de 81 ans à la suite d’un iraumatisme du-testicule et l’examen histologique de ce