OBSERVATION V
Homme de 42 ans, tailleur, fracture complète de la jambe droite par accident de chemin fer; m'est adressé un an après l’accident. La jambe raccourcie de plusieurs centimètres forme un angle obtus ouvert en dedans. Impotance absolue.
Sur les radiographies, on voit le péroné vicieusement consolidé. Les fragments tibiaux, en position angulaire, tiennent par un cal fibreux très serré.
Par une incision latérale au niveau du péroné, on sectionne le cal péronier et, par une autre incision au niveau du tibia, on ouvrage, on façonne les extrémités des fragments tibiaux en enlevant toute portion osseuse néoformée pour que ces fragments prennent autant que possible leur forme première, tout cela est d’une exécution fort difficile. La réduction latérale est assez pénible mais elle s'obtient quand même d’une manière assez parfaite. Le fixateur posé donne une fixation très puissante.
L'appareil admirablement supporté est retiré le 42° jour, pendant ce temps le coup de pied est assoupli par des mouvements et des massages. La consolidation est parfaite.
Trois mois après l’opération, cet homme, qui m'avait été envoyé absolument infirme quitte l’hôpital merveilleusement guéri (JUVARA).
OBSERVATION VI Homme âgé de 31 ans, aide d’un laboratoire de radiolo-
gie. Fracture de la jambe droite à la suite d’un accident de voiture. Il est d’abord soigné par les moyens habituels. Le
rie
35° jour, on constate un manque absolu de consolidation. Il n'est adressé pour retard de consolidation par interposition.
Sur les radiographies de face, on constate: une fracture oblique du tibia, à l’union du tiers inférieur avec le tiers moyen. Les fragments ont glissé dans le sens de la longueur. Sur ces mêmes radio de face, on ne voit rien du côté du péroné, mais sur les radios de côté on constate une fracture oblique sus-malléolaire, le fragment inférieur ayant glissé en haut et en arrière.
Par une première incision, placée au niveau du péroné, on sépare assez péniblement les fragments péroniers par une nouvelle incision sur la peau interne du tibia, on met à nu le foyer tibial. La préparation de ces fragments et leur mise en place sont particulièrement difficiles. Enfin, la réduction est obtenue et les fragments sont d’abord fortement serrés par une ligature temporaire. Ensuite on place le fixateur. La fixation est très solide.
Le 10° jour on retire le ligateur. Le malade quitte le sanatorium et rentre chez lui gardant le fixateur qui est extrémement bien supporté. Il revient au sanatorium le 30° jour pour se faire retirer le fixateur qui est enlevé le 36° jour.
La guérison est parfaite. Les mouvements du cou de pied sont en partie récupérés. Le 504% jour l’opéré parfaitement guérie reprend son service au laboratoire de radio. (Juva- RA).