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héréditaires, Le malade nie tout tabagisme, toute spécificité, avoue alcoolisme. Il n’est pas marié.
Auraiteu, enfant, une maladie très grave dont il ne se rappelle pas les détails. Pendant la guerre a eu une blessure du thorax à droite. Deux jours avant son entrée à l'hôpital, s'est réveillé le matin ressentant de forts maux de tête qui augmentent vers le soir et le lendemain. La nuque est raide ; pas de vomissements.
Etat actuel. — Homme de bonne constitution, en bon état de nutrition, pas d'œdème. Pas de ganglions. Alopécie en clairière. Température 37°6. Pouls 88.
Réflexes tendineux et cutanés normaux. Babinski négatif. Raideur de la nuque. Kernig positif. Tremblements des doigts. Réflexes pupillaires très faibles. Pas de diplopie. Douleurs atroces de la tête. Pas d’anesthésies cutanées.
Cœur : dimensions normales, action régulière, bruits nets, pas de bruits surajoutés. Pouls 80. Tension artérielle
É 170/80 cm. d’eau. |
Poumon : pas de matité. Respiration normale. Nulle part de râles.
Abdomen : normalement tendu. Pas de douleurs à la .palpation. Foie et rate non augmentés ni à la palpation, ni à la percussion. $
Ürines : ni albumine, ni sucre.
La malade étant agitée on lui donne 1 gramme de chloral pour la nuit.
49 février 1923. — Première ponction lombaire : Le liquide sort en jet, il est hémorragique. On retire 3o ceutimètres cubes de liquide céphalo-rachidien. Après certrifagation on constate un culot de sang. Le liquide conserve une cou-
leur jaune transparente. Réaction d'albumine négative. Microscopiquement des hématies et quelques rares lymphocytes. Le malade se sent un peu soulagé par la ponction. Température 37°5. Pouls 90. ù
20 février 1923. — Deuxième ponction lombaire : Pression 190 mm. d’eau. Liquide de même nature que le jour précédent. Réaction de Bordet-Wassermann du liquide céphalorachidien négative (Réponse du 25 février 1923). Température 36°6. Pouls go.
ar février 1928. — Troisième ponction lombaire. On ne retire que quelques gouttes du liquide céphalo-rachidien qui est encore hémorragique. Pas de changements dans l’état du malade, Température 36°4. Pouls 84.
Dans le doute d’une affection d’origine spécifique on commence une cure mercurielle : o gr. o1 de cyanure de mercure. Les maux de tête sont atroces. La morphine seule soulage le malade.
22 février 1923. — Quatrième ponction lombaire. One retire environ 2 tubes à essais d’un liquide beaucoup moins hémorragique que les jours précédents. Pas d'hypéralbuminose, pas de lymphocytose dans le liquide. Température du ; malade 37°8. Pouls 72.
Examen oculaire pratiqué par J'oculiste de l'hôpital (D: Meyer) : œil droit : pupille 3 mm. 1/2. Œil gauche : 2 mm. 1/2. Deux yeux: réactions minimes. Après dilatation
à l’homatropine : fond normal, pas d'œdème papillaire. 23 février 1923. — Pas de changement. On continue le traitement spécifique, le chloral, la morphine.
25 février 1923. — On ne retire que quelques centimètres
cubes d'un liquide encore légèrement hémorragique.
tt
26 février 1923. — On constate pour la première fois des secousses des muscles abdominaux assez fréquentes qui se généralisent sur tout le corps, suspension du traitement mercuriel.
27 février 1923. — Les maux de tête sont encore forts.
Traitement : 2 X o gr. or de morphine, urotropine 5 x 1 gramme qu’on continue jusqu'au 12 mars 1923.
28 février 1923. — Sixième ponction lombaire : liquide jaunâtre, pas d'hyperalbuminose, pas de lymphocytose.
2 mars 1923. — Comme l’état du malade est plutôt aggravé (délire et agitation) on commence le traitement proposé par le professeur Carnot. Le malade reçoit 3 grammes de salicylate de soude par injection intra-veineuse (solution à 10 0/0). Pouls 68 ; Température 37°2. |
3 mars 1923. — {4 grammes de salicylate de soude par injection veineuse. <
4 mars 193. — {4 grammes de salicylate de soude par injection veineuse. Les maux de tête ont diminué, mais les symptômes objectifs persistent.
5 mars 1923. — Le malade est tout à fait lucide et peut se passer de la morphine. On continue les injections de salicy-
late de soude 4 grammes par jour.
7 mars 1923. — Les maux de tête diminuent sensiblement, de même la raideur de la nuque. Pas de diplopie, pas de strabisme. Température 16°*6. Pouls 72.
Examen oculaire. — Les pupilles ne réagissent ni à la lumière, ni à la convergence. Fond normal.
12 mars 1923. — Amélioration progressive, Maux de tête minimes. Plus aucune secousse musculaire. Kernig négatif.
Raideur de la nuque disparue. Le malade continue à rece-
voir des injections intraveineuses de salicylate de soude (3 à 5 gr.) et à partir du 20 mars 1923 en dose décroissante (jusqu'à r gr.).
13 mars 1923. — Se plaint de douleur sur le front. Le soir
légère raideur de la nuque. Température 365. Pouls 68.
30 mars 1923. — Amélioration considérable. Depuis le
20 mars 1923 toute douleur a disparu. Pas de raideur de la nuque. On cesse les injections intraveineuses. Le malade a reçu en tout 88 grammes de salicylate en
quatre semaines.
rer avril 1923. — Le malade se lève, le bon état se maintient.
16 avril 1923. — Le malade se plaint de douleurs dans la
région lombaire qui n'existeraient que quand il est debout ou quand il se baisse, douleur qu’il n'aurait pas ressentie
avant la maladie.
22 avril 1923. — Les douleurs lombaires diminuent. Le
malade se plaint de vertiges quand il essaye d'écrire. .2 mai 1923. — Le malade désire quitter le service.
Il ne présente pas de symptômes NT mais présente quelques troubles psychiques. La mémoire est un peu affaiblie, depuis sa maladie son idéation est devenue plus lente. En outre il lui est impossible de fixer un objet.
, Réflexes tendineux et cutanés normaux.
Pupilles réagissent lentement à la lumière et à l’'accommo-
dation, sensibilité normale.
Le malade a augmenté de 7 kilos RU son séjour à l’hôpital. Sortie le 8 mai 1993.
En résumé. — D'après le résultat de la ponction lombaire
(forte pression du liquide céphalo-rachidien, hémorragie méningée) on pense à une pachyméningite alcoolique.
Néanmoins vus l’alopécie en clairière et l’état des pupilles, et le médecin oculiste ayant déclaré les phénomènes observés comme suspects de syphilis, on commence un traitement
* antisyphilitique jusqu'au moment où on connaît le résultat
de la réaction de Wassermann qui est négatif. C'est alors que se montrent pour la première fois des secousses myocloniques dans tout le corps particulièrement fortes à l’'abdomen et que le diagnostic d’encéphalite myoclonique s'impose. |
Le traitement par les injections intraveineuses de salicylate de soude institué alors seulement se montre efficace dès le deuxième jour.
Après quatre semaines de traitement tous ces symptômes subjectifs et objectifs ont disparu sauf quelques légères
séquelles ci-dessus mentionné. :