DES DIFFÉRENTES MÉTHODES DE TRAITEMENT
DE L'EXSTROPHIE VÉSICALE
Les différents procédés employés dans le traitement de l’exstrophie vésicale peuvent être rangés dans les trois méthodes suivantes :
1°0n recouvre la surface vésicale exstrophiée à l’aide de lambeaux cutanés empruntés aux régions voisines. C’est la méthode autoplastique ;
2° On reconstitue la vessie aux dépens de ses propres parois ; ù
3° On dérive le cours des urines soit vers la peau, le vagia, l’urètre ou l'intestin.
La première de ces méthodes ne nous arrêtera pas. Les procédés d’autoplastie à un seul plan el même à double plan de lambeaux dont le type principal est le type Wood-Le Fort ont été justement abandonnés.
La seconde méthode constitue évidemment un progrès sur la précédente, dont elle supprime plusieurs inconvénients. En effet, les procédés autoplastiques ne reconstituent pas le réservoir vésical; la
paroi muqueuse reste étalée, elle est simplement masquée par un lambeau cutané dont les productions pileuses ou autres altèrent l'urine et favorisent le dépôt de concrétions PR sources de douleurs et d'infection. -- S
Il était plus logique de chercher à refaire un réservoir. vésical uniquement tapissé de muqueuse, et à reconstiluer autant que possible l'anatomie normale de la région.
L’ingénieux procédé du professeur Segond, à ce. point de vue, a l’avantage,tout en laissant intact l’orifice des uretères, de ménager une cavité uniquement muqueuse et de faire en même temps le traitement de l’épispadias.
Mais la pierre d’achoppement de tous ces procédés, satisfaisants à tous les autres points de vue, est l'absence de sphincter vésical, qui ne leur permet d'aboutir qu’à la formation d’un réservoir ou canal toujours incontinent.
En somme, toutes ces opérations plastiques arrivent très bien avec une faible mortalité opératoire, à soustraire la muqueuse vésicale exstrophiée aux frottements des linges et à l'infection trop facile ; à col-. lecter les urines et à les drainer en un pyinir où il sera plus facile de les recueillir.
Le principal reproche qu'on ait fait à ces méthodes, et il est considérable, est qu “elles ne guérissent par l’incontinence. .
L’urine continue à couler constamment, malgré la réfection parfois laborieuse d’une cavité vésicale mal-
heureusement dépourvue de sphincter. Le patient est astreint au port continuel d'appareils coûteux ét fragiles. L’odeur désagréable d'urine ammoniacale persiste toujours.
Ce ne sont que des opérations palliatives qui n’ont dû leur succès momentané qu’à l'échec des premières tentatives de cure radicale par dérivation des urines dans l'intestin.
Les mêmes reproches peuvent être adressés aux procédés qui dérivent les urines vers la peau, le vagin ou l’urètre, et qui d’ailleurs n’ont guère été employés.
Seule la dérivation des urines dans l'intestin constitue vraiment la cure radicale de l’exstrophie vésicale parce que seule, à l'heure actuelle, elle permet, en substituant le sphincter anal au sphincter vésical absent, de guérir l'inconvénient le plus grave de cette difformité, l’incontinence des urines. Cette méthode mérite donc que nous nous y arrêtions plus longtemps, et que nous examinions en détail ses avantages et ses inconvénients.
TRAITEMENT DE L’EXSTROPHIE VÉSICALE