DONNE
Dès le 26 septembre, l'amélioration se produit. La tempéra- - ture n’est plus que de 3801. Le malade est soumis à des irrigations vésicales.
Octobre. L'état du malade va toujours en s’améliorant. 1** novembre. Le malade se déclare guéri, il mange, dort bien, se promène.
OBsERVATION XXII. — Thèse Lagrange.
H.. L.., manœuvre, 54 ans, entre à l’hôpital Dubois le 20 juin 1898, service de M. Picqué
Pas d’antécédents pathologiques.
Il a joui d’une excellente santé jusqu'au mois de janvier 1898, dit-il. Cependant, en l’interrogeant avec soin, on apprend que depuis plusieurs années ses mictions étaient fréquentes et un peu pénibles. La voiture et la marche lui occasionnaient des douleurs dans le bas-ventre. Ces symptômes présentaient si peu d'intensité que le malade ne s’en préoccupait aucunement. |
Dans les premiers jours de janvier, il eut une légère hématurie (la valeur d’un dé à coudre de sang). Peu après, il subit une crise de rétention.
Depuis lors, les mictions deviennent fréquentes, au point d'empêcher le sommeil ; elles sont en même temps pénibles et douloureuses, minimes.
Il entre à Necker où il est traité par les cathétérismes évacuateurs et les lavages.
Le 26 mai, nouvelle crise de rétention.
Le 27 mai, il entre à Lariboisière. Là, on pense à une cystite calculeuse et on fait l'exploration au moyen des cathéters métalliques de Guyon.
L'examen est négatif.
La prostate est grosse.
On applique le traitement précédemment suivi par le malade à Necker.
Le 20 juin, il quitte Lariboisière pour entrer à la maison Dubois. À son entrée dans le service, son état général est grave. La fièvre est vive, la langue sèche, la soif intense. Il a du subdélirium. La température atteint 390.
Les urines sont troubles ; elles s’éclaircissent peu par le repos, laissant un dépôt de pus épais; leur odeur est ammoniacale, Le malade en évacue jusqu’à six litres par jour.
La vessie est dilatée.
La sonde à béquille n° 10 permet de constater l’absence de rétrécissement et d’évacuer deux litres d’une urine puante.
Par le toucher rectal, on constate que la prostate est hypertrophiée. M. Picqué pratique la taille hypogastrique.
Dès le lendemain, la fièvre cesse ; la température retombe à
Les urines deviennent claires.
L'état général s’améliore.
Après l’opération on fait deux lavages par jour à l’eau bouillie, on peut retirer les drains le sixième jour et enfin onze jours plus tard, le malade sortait en voie de guérison.
OBSERVATION XXII. — Thèse Lagrange.
L... Ch., 48 ans, entre à l’hôpital Dubois (Service de M. Picqué), le 15 juin 1898.
Antécédents héréditaires. — Père apoplectique : la mère est âgée de 86 ans et n’a pas d’infirmités.
Antécédents personnels. — Une blennorrhagie à l’âge de 19 ans, soignée par une seule injection au nitrate d’argent,.
Depuis les urines sont toujours restées claires, ne présentant ni sucre, ni albumine. ;
I ya vingt cinq ans, il avait souffert d’un rétrécissement qui fut soigné par la dilatation (Mallez).
I] y a dix ans, il présente à nouveau des accidents de rétenu-
tion; depuis, on lui faisait la dilatation de temps à autre à l’aide .
dre
de bougies; à la suite d’une de ces interventions, il urina du sang pendant trois ou quatre jours.
En 1894, le 30 juin, M. Picqué lui fit une uréthrotomie interne. Depuis ce temps, il continue à sesonder, mais irrégulièrement ; on le soumet à des lavages de la vessie à l’eau bori-
quée au moyen de l’appareil Guyon.
Depuis le 4 juin, il perd ses urines goutte à goutte.
On passe des sondes n° 4.
A l'examen clinique, on constate que la vessie est énormément distendue : elle fait saillie jusqu’au niveau de l’ombilic. L’urine que perd le malade est fétide, ammoniacale dès l’émission. Impossible d'introduire dans le canalaucune bougie, même filiforme. |
Polyurie trouble. Température 39°.
Le 16 juin. — M. Picqué pratique la saillie hypogastrique sans le ballon de Petersen et sans injection vésicale préalable.
Le décollement du péritoine se fait facilement; les parois vésicales sont parcourues de gros sinus veineux.
L’incision ouvre issue à unequantité d’urines fétides, ammoniacales.
Le bas fond de la vessie est rempli de pus.
On fait un grand lavage,
Le drainage n’est assuré que par un siphon eton ne place pas de sonde urèthrale,
La paroi de la vessie semble épaissie et saigne facilement; dès le lendemain, la polyurie trouble cesse : mais l’urine s’écoule abondamment : la température redevient normale.
La plaie guérit sans incident et on pratique des lavages bi-quotidiens ; quelques jours après le malade sortait guéri et les renseignements qu'il se fait un plaisir à fournir, prouvent qu’il se considère non seulement comme guéri, mais qu'il est reconnaissant d’une intervention qui lui permet d’aller et venir et a transformé son état si précaire en un excellent état de santé générale.