‹ Contribution À L'Étude Du Traitement De L'Infection Vésicale Par La Taille HypogastriqueChapitre 18 sur 19 · SES · texte numérisé non relu

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éprouve de très vives douleurs chaque fois qu’il urine; ne peut uriner que goutte à goutte et est obligé de s’y atteler vingt ou trente fois par jour.

L’urine est peu abondante, trouble, louche, sans albumine,

Dans les premiers jours de novembre, il consent à se laisser sonder etàsubir quelques lavages dela vessie, maisletraitement, suivi d’ailleurs, d’une façon un peu intermittente, n’amène aucune amélioration, et, vers le 15 novembre, l’état du malade devient grave ; il a de la fièvre, des frissons, des douleurs

extrêmement vives ; il ne peut plus pisser sans la sonde, et son

urine est de plus en plus rare, de plus en plus louche et fétide.

Dans les premiers jours de décembre, légère amélioration de l’état général, mais mêmes phénomènes locaux.

6 décembre 1897. — M. le Dr Vermeil prie M. Picqué de venir le voir.

M. Picqué constate l'existence d’une hypertrophie prostati-

ue compliquée d’infection urinaire à forme ascendante. L'état pq 2

de cachexie du malade, la fièvre, l’anorexie, la qualité des urines (odeur ammoniacale et dépôt purulent), la sensibilité de la région rénale à la palpation, font penser que, chez ce malade, il existe déjà des lésions rénales.

Mais comme on ne peut savoir, dans ce cas particulier, quel est le degré de ces lésions, et, comme, d'autre part, le malade éprouve des souffrances terribles pour uriner, et que le cathétérisme est difficile, même impossible, M. Picqué propose la taille hypogastrique comme moyen palliatif destinée à mettre fin aux souffrances du malade.

Mais tout en faisant les plus grandes réserves sur l'issue opératoire.

13 décembre 1897, — L'opération est pratiquée, avec l’aide du Dr Vermeil, et ne présente aucun incident.

A partir de ce jour, lavages journaliers par la plaie et par la verge, Matin et soir un litre de liquide passe par la vessie.

LT es L’urine devient plus abondante, plus claire, elle n’est plus fétide, l’état général est bon, mais impossibilité absolue d’uriner par la verge en raison de la lésion prostatique.

- Au mois de janvier, malgré le drain qui, par la plaie hypogastrique pénètre toujours dans la vessie, et le‘cathétérisme par la verge, les douleurs ont reparu et sont devenues très vives.

Au mois de février, même état, toujours des crises très douloureuses. Ce n’est que dans le cours du mois d'avril que ces douleurs sont devenues supportables, que le malade a pu marcher et sortir un peu, mais les forces ne sont jamais revenues complètement.

Cen’est qu’en mai 1899 que le malade a succombé à une pneumonie et probablement aux progrès des lésions rénales.

Cette observation est intéressante en ce que le malade, présentant déjà des lésions rénales, à pu bénéficier pendant dix-huit mois de l'intervention chirurgicale.

Si nous nous reportons maintenant à chacune des observations, nous voyons que les onze premières présentent un point d’analogie qui nous est révélé par l’autopsie, ce sont les lésions rénales qui dans les différents cas ont occasionné la mort.

Chez ces différents malades, le tissu rénal était plus ou moins profondément altéré, c'est-à-dire que l'opération portait sur un point limité de l’infection et que, impuissante contre des lésions que leur caractère démontrait anciennes, elle ne pouvait aucunement donner de résultats.

Le sondage aurait-il présenté plus d'avantages en pareil cas ? Nous remarquerons que, chez ces malades, comme chez plusieurs autres des observations suivantes, c'est

parce que le sondage était resté impuissant qu’on a voulu recourir à-la taille hypogastrique.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, c'était exposer gravement le malade, puisque ce sont les lésions du rein qui causentle plus fréquemment les insuccès et la mort; le résultat du reste est là pour le démontrer.

Dans les observations suivantes, nous retrouvons deux formes de l'infection qui se manifestent, la première par des phénomènes généraux très accentués, par de la polyurie trouble ; dans la seconde, les phénomènes locaux de la cystite sont plus marqués que ceux de l’état général.

Chez les premiers, ainsi que le démontrent les symptômes, l'infection gagne déjà : elle remonte vers le rein, qu’elle à quelquefois touché, mais qui, atteint légèrement, est encore capable de réaction, c’est cette classe qui bénéficie largement des bons effets de la taille hypogastrique.

Leur meilleur état général, leur rein qui, une fois soulagé par une évacuation assurée librement, peut réagir contre des lésions encore curables, peuvent et doivent donner des chances de succès; nous en avons du reste la preuve et si quelque cas malheureux se produit, c’est que bien souvent on a attendu la limite de l'effort que peut donner l'organe.

Les exemples que nous en rapportons nous montrent du reste quels heureux résultats en ont été obtenus.

Enfin, nous avons des cas qui ne devraient donner que d’heureux résultats : ilest vrai que ceux là sont plus rares et nous n’en avons que peu d'exemples; ce sont les

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cas où l'infection est installée depuis peu de temps, on peut alors être assuré que l’interventiou sera suivie de SUÉCES. 7.

Or, jusqu’à présent, lorsqu'on à traité la question de la taille hypogastrique, on a fait rentrer dans son cadre tous les cystotomisés indistinctement, si nous reprenons parmi ceux-ci tous ceux qui étaient opérés pour infection urinaire, nous remarquons qu'ils avaient été divisés en trois classes sur lesquelles on basait la nécessité de l'intervention.

Sans doute, pour la clinique, il était plus facile de diviser une affection en aiguë, suraiguë et chronique: mais ces divisions ne sont pas toujours superposables aux données anatomo-pathologiques, celles-ci, en effet, qui nous permettraient une division plus rationnelle, quirendraient plus faciles les indications de l'intervention, ne nous fournissent pas toujours des signes certains.

Avec cela, nous verrions probablement changer la face de la statistique.

Pour nous, effectivement, nous voudrions considérer les malades comme pouvant être répartis en trois classes.

Dans la première se rangeraient les malades, atteints depuis plus ou moins longtemps, mais chez lesquels l’état précaire des reins ne permettrait pas d'espoir : pour ceuxlà, l’abstention serait de règle.

Dans une autre, nous placerions ces malades chez lesquels le rein n’a pas encore assez soufiert pour qu'on ne puisse espérer sa régénérescence : chez eux, ce seraient des risques à courir, mais qui ne sauraient en rien être plus préjudiciables au malade que n'importe quel autre

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traitement. Le rein pouvant encore fonctionner, la taille étant bénigne, ils en retireront tout bénéfice; quant à ceux dont le rein était incapable de réagir, la sonde à demeure ne pouvait régénérer l'organe principal.

Enfin, dernière catégorie les infectés purs qui donneront les meilleurs résultats.

Nous ne consacrerons pas un chapitre spécial à la technique opératoire : il n’est pas d'ouvrage qui n’indique le manuel opératoire et nous n'avons aucune lumière à apporter suf la question.

Nous nous contenterons de dire que M. le D" Pois attache une énorme importance à maintenir aseptique son champ opératoire.

Selon la nécessité, il use ou non du ballon de Petersen, sans s’en faire une absolue nécessité, mais il prend les plus grandes précautions pour éviter qu'au moment de l’incision l’urine ne vienne se répandre dans le péritoine ou même contaminer une seule partie dela plaie. De même, en plus des lavages bi-quotidiens au chloral à 1 p. 100, il s'abtient de toute réunion immédiate de la plaie afin de permettre un lavage minutieux et un examen attentif.

Ses résultats heureux sont là pour démontrer, l'énorme bénéfice que ses malades retirent de cette pratique.

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