‹ Contribution À L'Étude Du Traitement De L'Intoxication Oxycarbonique Par Les Injections Sous-Cutanées D'OxygèneChapitre 14 sur 29 · IV. — Technique opératoire · texte numérisé non relu

IV. — Technique opératoire

Après avoir procédé aux préparatifs habituels d'asepsie : stérilisation des mains de l'opérateur et de l'aiguille que l'on choisira en métal inoxydable, nickel ou platine, de calibre assez fort et que l'on aura muni d'un mandrin aussi bien ajusté que possible pour éviter l'obstruction de la lumière par des particules adipeuses, on stérilisera la région choisie pour l’injection.

A. Lieu de l’injection. — Le choix doit en être guidé par deux principes :

a) Se rapprocher des régions à grande surface, à tissu cellulaire lâche, l'efficacité de l'injection étant en rapport direct avec la rapidité de l'absorption du gaz. Dans les états d’as-

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phyxie qui nous intéressent, l'absorption est notablement plus rapide que dans d'autres états morbides où les injections ont été pratiquées;

b) L'oxygène ayant tendance à fuser rapidement dans les espaces cellulaires, on devra se tenir éloigné des régions où cet emphysème provoqué serait susceptible d'entrainer des troubles douloureux par distension, ou fonctionnels par compression des organes. C’est ainsi que l’on devra s'éloigner de la région des organes génitaux : bourses, scrotum, périnée ou grandes lèvres, dont la distension est aussi douloureuse que facile ; de la région thoracique et cervicale d'où l'oxygène fuse vers le médiastin pour y produire un emphysème médiastinal grave.

En conséquence, notre choix se portera d’abord sur l'abdomen, au niveau des flancs, sur la face externe des cuisses, lieu de prédilection de nombreux auteurs, et la région interscapulaire où le décubitus dorsal effectue un massage naturel, mais où la poche d'injection gêne l’auscultation lorsqu'elle est nécessaire. D'ailleurs, la nécessité de pratiquer de nombreuses injections chez les asphyxiés ne permet pas toujours d'attendre la résorption des poches gazeuses consécutives aux premières injections et oblige parfois à choisir des régions moins idoines.

B. Vitesse. — La vitesse de l'injection doit être soigneusement réglée pour éviter un décollement trop rapide des tissus interstitiels : on ne dépassera pas en moyenne une minute par 109 cc. D'ailleurs, les réactions du sujet donnent de meilleures indications que le manomètre; à la première sensation de tiraillement, on devra ralentir la vitesse du gaz surtout Lors de la première injection. Chez un asphyxié, dont le traitement exige de grosses doses de gaz, on pourra pratiquer les injections suivantes plus rapidement, les tissus ayant été dissociés par la première injection.

C. Doses. — La posologie des injections hypodermiques d'oxygène en thérapeutique générale est très variable, selon l'âge et l'état morbide du sujet, la quantité généralement injectée élant de 300 ce. pour un enfant et de 500 cc. pour un

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adulte. Mais dans les cas d'intoxication oxycarbonique, où le sang doit être mis en présence de la plusgrande quantité d'oxygène possible, il convient de s'intéresser surtout aux doses maxima. À partir de 2.000 cc., le sujet éprouve des tiraillements et des sensations de constriction à la racine du membre où a été faite l'injection; on arrive cependant à dépasser très largement cette dose, à atteindre des volumes de 4.000 ce. pouvant être répétés plusieurs fois dans la journée. Pic et Durand, dans l'observation que nous relatons plus loin, ont donné 230 litres en vingt-deux heures ! Nous pouvons donc en conclure que, en dehors des accidents dus à l’emphysème médiastinal, d’ailleurs exceptionnel, on peut administrer aux asphyxiés des doses ad libitum, leur état de torpeur leur épargnant les sensations douloureuses, dues à la dissociation de larges espaces de tissus cellulaires sous- cutanés.

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