‹ Contribution à l'étude du traitement de l'obésité Par le Corps ThyroïdeChapitre 7 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Pathogénie de l'obésité.

Nous nous efforcerons de faire ce chapitre auss] court que possible, car il ne rentre pas véritablement dans le cadre de notre sujet. Nous ne croyons pas cependant servir ici un hors-d’œuvre, pensant que, avant de traiter une maladie, et pour bien la traiter, il est utile, nécessaire, indispensable même, de savoir pourquoi et comment on devient malade.

Une première question se pose tout naturellement qui va peut-être paraître naïve. L’obésité est-elle une maladie? Le public, aussi bien dans les classes élevées que dans les classes ouvrières, ne voit dans l’obésité que quelque chose de disgracieux, d'incommode, de gênant, et ne se fait guère soigner que par hasard pour cette affection, sauf quand l'obésité les empêche de vaquer à ses occupations journalières. Ceci nous explique pour-

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quoi les observations concernant le traitement de l’obésité sont en somme peu nombreuses. La cause n'en est pas à la rareté des cas, mais bien au petit nombre de gens se faisant soigner de parti pris pour maigrir. Bien plus, dans la clientèle hospitalière, les obèses jouissant d’une santé en apparence très florissante, ne se soumettent que difficilement à un traitement jusqu'alors souvent très long, ennuyeux, incompatible parfois avec leur genre de vie, et dont ils ne comprennent pas Putilité.

M. le professeur Bouchard dit à propos de l'obésité : « Il ,a régné pendant longtemps un « préjagé touchant l'obésité, on y voyait une dif- « formité, tout au plus une infirmité, on n’y « soupconnait pas une maladie. »

Ce préjugé tend à disparaître de plus en plus, et aujourd'hui plus qu’autrefois on demande des conseils au médecin pour se faire maigrir; qoui- .que de nos jours encore on ne se croit pas malade parce qu'on est obèse.

Insistant à nouveau le professeur Bouchard ajoute : « L’obésité est réellement une maladie, car elle amène l'impotence et la stérilité, car elle est un élément d'aggravation souvent mortel dans les maladies aiguës, car elle occupe une place dans un grand nombre d’affections, auxquelles personne ne refusera le nom de mala- « die. »

Nous avons eu sous les yeux un exemple frap-

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pant de la justesse de-ces quelques lignes, dans ,le service de notre excellent maître le docteur Barth, pendant notre année d’externat à Broussais. En décembre 1894, une malade est entrée à Broussais, salle Axepfeld, lit n°2, pour suivre un traitement contre l'obésité. Elle était depuis quelques jours dans le service tenue en observation avant d'être soumise au traitement, quand elle fut atteinte de grippe qui rapidement prit un caractère de gravité exceptionnelle. En trois jours, la malade succombait à des complications cardio-pulmonaires, en dépit d'une médication des plus énergiques. Le pronostic funeste avait d’ailleurs été porté dès le début de l’effection. mes

Hippocrate et Cœlius Aurélianus font de l'obésité une cachexie. Cette idée qui tout d’abord peut passer pour une énormité, n’est peut être pas aussi ridicule qu'elle le paraît quand on l’envisage avec un peu d'attention.

Sans partager entièrement l’idée de ces auteurs. qui ne dit d’ailleurs pas la cause de cette cachexie, nous tenons à faire remarquer que certains obèses, par leur habitus extérieur, la coloration, la mollesse, la flaccidité de leurs tissus, ne sont pas sans présenter quelques points de ressemblance avec certaines cachexies, surtout si l’on considère leur impotence, leur apathie, leur torpeur intellectuelle.

Par quel mécanisrae, comment et pourquoi devient-on obèse? Voilà ce qu'il est intéressant de

savoir, et ce que malheureusément nous ne connaissons encore que d’une façon tout à fait incomplète::

Persoz conslata qu'une oie nourrie avec du maïs Sins graisse avait accumuléen 28 jours 1.068:grammes de graisse. Une deuxième ayant avalé du maïs non dégraissé pendant 28 jours également et ayant: reeu pour ce fait 1.120 grammes de graisse ia augmenté de 2.045 grammes.

Cette théorie d’après laquelle les féculents feraient engraisser ne fut pas admise, et en 1843, Payen, dans un mémoire auquel colläbora Duras et Boussingault, disait à l'Académie des Sciences, que la graisse organique venait exclusivement des sraisses alimentaires.

Liebig (Chimie Pathologique, Dhtiemiele 1842, p. 89, cité par Ebstein) dit « que la graisse se forme à la suite d’une décomposition de la fibrine ou de l’albumine, éléments essentiels du sang, qu’elle provienne d'amylacés, de sucre, degommé, ou dé graisse. »

On ne peut cependant méconnaîlre que la graisse provient aussi des substances grasses ingérées él Gauthier a démontré que les hydrates de carbone n'étaient pas étrangers à la production de la graisse.

Bouchard, Durand- Fardel et Robin pensent qu’il faut réébechior la condition pathogénique de l'obésité dans le défaut de combustion des graisses, et ce qui le prouve cest que, chez les obèses,

AIS ES lexhalation de l’acide carbonique diminue, que la lempérature centrale s’abaisse (elle est de 2 ou 3 dixièmes de degrés au dessous de 37), que l’urée et l'acide urique sont diminuées.

Boucharden fait une maladie par ralentissement de Ja nutrition, disant : « En dehors de tout écart « alimentaire, tout trouble général de nutrition « qui ralentit les oxydations pourra permettre « l'accumulation soit des graisses alimentaires, « soit des graisses de désassimilation. »

L'obésilé étant due à une insuffisance de combuslion, quelles sont donc les causes qui favorisent ce défaut de combustion ?

Tout d’abord la majorité des obèses sont des héréditaires, el le plus souvent (Bouchard) on rencontre parmi leurs ascendants soit des obèses, soit des arthriliques (rhumatissants, goutteux, migraineux, etc...)

La dyspepsie acide, pour Bouchard, en diminuant l’alcalinilé du sang peut permettre le développement de lobésité avec une petile ration alimentaire.

Chez les enfants, on observe assez souvent, surtout chez les Israélites, une obésité que l’on appelle la chlorose des géants. Chez eux on trouve une élroitesse congénitale de tout le système vasculaire, cœur. petit, aorte pelite, arlère pulmonaire pelite, elc…., et avec cela un corps grand, des muscles bien développés. Ces sujets voient leur obésité augmenter avec les années Bouchard).

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