ROCHET. BOYER. DOYON. SAMBUC
ROL.LET, BARRAI.. PIICr BORDIER.
CONDAMIN. MOREAU.
EXAMINATEURS DE LA THÈSE M. SOULIER, Président ; M. ROLLET, Assesseur ; MM. CONDAMIN et VALLAS, Agrégés.
La Facullé de médecine de Lyon déclare que Les opinions émises dans Les Dissertations qui lui sont presentées doivent étre considérées comme propres à leurs auteurs, et qu’elle
n'entend leur donner ni approbation ni improbation.
Dés notre entrée à Lyon, nous ayons trouvé un appui précieux et un maître dévoué dans M. le pro- Jfesseur agrégé Rollet ; qu'il me permette de lur en exprimer 1c1 ma plus vive gratitude. Nous n'oublierons jamais son enseignement pendant le semestre d’externat que j'eus le plaisir de passer à son service, l2s conseils qu'il nous à donnés pour notre travail, et le grand honneur que nous cause sa présence dans le jury de notre thèse.
Dans le cours de mes études médicales, je me félicite d’avoir eu pour maître le docteur Coronat. Avec autant de bienveillance que de talent, il nous a enseigné la pratique de l'ophtalmologie ; à sa clinique, à son cabinet, toujours reçu plus en ami qu'en élève, je lur dois mes plus vifs remerciements. De plus il nous a fourni les éléments de notre thèse, il en a surveillé l'élaboration: ie le plus grand mérite lui en revienne.
M. le professeur Soulier veut bien accepter la présidence de notre thèse, je regreite qu'elle ne soit pas plus digne d’un aussi savant maître.
Que tous mes maîtres dans les hôpitaux, dont j'ai profilé des enseignements, comme externe bénévole, comme externe, et dans mes suppléances d'internat, MM. Ollier, Aug. Polosson, Jaboulay, Vallas, Rabot, Clément, Chappét, recoivent l'assurance de ma reconnaissance.
A mes amis j'exprime l'espoir que l'amitié qui nous a liés durant nos études ne cessera pasavec elles, mais qu'ils me la continueront malgré notre sépara- Hon.
PR PNPPASGUE
La conjonctivite granuleuse, trachome, est une maladie qui a été connue de tout temps. Hippocrate, dans son traité de la vue (rep: ous) en indiquait déjà le traitement avec sa sagacité ordinaire. Mais l’Europe ne sem” ble connaître cette affection que depuis le début du siècle, époque du retour d'Egypte des armées de Napoléon [er : les soldats dans leur expédition furent atteints de cette ophtalmie et rentrés dans leurs foyers, contaminèrent leur entourage. Néanmoins ce n’est qu’en 1840 que les médecins émus par les dangers causés par cette terrible affection ont commencé à l’étudier, tant au point de vue de sa nature que de son traitement. Mais ils semblent avoir confondu sous le terme de blenuphtalmie, de conjonctivite granuleuse beaucoup de maladies différentes : témoin la lutte entre Thiry, de Walormont, Guespin, Decaze. Cela n’a rien d’étonnant si l’on songe qu’à notre époque encore, malgré des travaux importants d’histologie et d'anatomie pathologique, les médecins envisagent cette question sous différentes vues. De cétte divergence de vue semble: dé-
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couler la divergence des idées émises sur le traitement: tout a guéri la conjonctivite granuleuse, et aucune méthode thérapeutique n’a été spécifique. Selon les écoles on traite différemment cette affection et chaque médecin croit avoir trouvé le remède de choix : les caustiques surtout sont en vigueur, le nitrate d’argent, le sulfate de cuivre s'emploient, mais quelquefois, je dirai souvent, avec insuccés.
Cet insuccès du sulfate de cuivre nous a donné l’idée de chercher dansles scarifications un mode detraitement. À la clinique de mon maître et ami le docteur Coronat il s’est présenté, il y a dix-huit mois, à quelques jours d'intervalle, deux malades atteints de trachome. Ces deux malades qui avaient contracté leur affection en Afrique avaient été traités par de savants praticiens par le sulfate de cuivre et le brossage; ce traitement n'avait occasionné que de la douleur sans aucun soulagement ultérieur. Le docteur Coronat pensa alors aux scarifications, et ce moyen thérapeutique fut couronné de succès. [1 nous a été donné d’observer plusieurs autres cas; le traitement par les scarifications et les frictions à la ouate fut institué dès le début, les malades guérirent admirablement. Mon ami le docteur Fouilhoux, imbu des idées émises par M. Coronat, traita un malade par cette méthode, il a bien voulu m'autoriser à en publier l'histoire. Ces observations, où les malades atteints de trachome, traités avec un entier succès par les scarifications et les frictions à la ouate m'ont engagé à rechercher les divers traitements préconisés contre la conjonctivite granuleuse, et la cause de leurs échec. Je crois que l'étude de l'anatomie pathologique, de l’étiologie, pourra
SU ee nous apprendre les raisons de l’insuccès des traitements médicaux, et de la supériorité des diverses méthodes chirurgicales et en particulier des scarifications, c'est pourquoi nous avons placé cette étude au premier chapitre.
Les scarifications, méthodes que nous préconisons, étaient connues depuis Hippocrate : A toutes les époques, elles ont été pratiquées dansla conjonctivite granuleuse. Mais les médecins, trop rares, qui se sont servis de ce traitement, l’employaient comme un adjuvant soit au brossage, soit au curettage, soit comme moyen désespéré. Nous inspirant de la méthode dermatologique, les scarifications, pour nous, ontété la seule méthode employée dès le début, et le seul agent actif, auquel nous demandions nos amélioratiors. Nous essaierons de démontrer la simplicité de cette intervention, qui nous a donné de réels et durables succès.
CONJONCTIVITE GRANULEUSE