‹ Contribution à l'étude du traitement de la cystocèle vaginaleChapitre 15 sur 22 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Marie M..., soixante et un ans, religieuse, entre le 30 janvier 1898, salle Sainte-Thérèse pour une cystocèle dont elle souffre depuis le mois de mars 1897. Une bronchite violente et un tra-

Lt he

MS

vail pénible ont hâté l'apparition de ces accidents. L'application d’un pessaire n'amena aucun résultat.

La malade se présente souffrant beaucoup de la vessie, qui rejette un peu de pus à la fin de la miction : les besoins d'uriner sont très fréquents, se succédant souvent pendant la nuit à une demi-heure d'intervalle; parfois même, el en dehors des efforts de toux, la malade perd ses urines,

Cette situation intolérable a retenti sur l’état général, s’accompagnant de pertes de forces et de troubles digestifs, La cystocèle est très prononcée, et la vessie, dans les efforts, fait hernie à travers l'orifice vulvaire. Il n'y a pas de rectocèle, ni de prolapsus utérin.

La malade est opérée le 7 février par M. le professeur Laroyenne, et, suivant son procédé, deux fils sont placés pour maintenir la vessie. Réunion immédiate de la plaie. Pansement avec la gaze iodoformée. La malade est cathétérisée pendant un Jour et demi, puis elle urine seule. Les mictions sont au début assez fréquentes (une miction toutesles heures), et l'urètre laisse suinter un peu d'urine. Ses mictions deviennent ensuite de plus en plus espacées, grâce à des lavages au nitrate d'argent au 1/1000.

Le 8 mars, c'est-à-dire un mois après l'opération, les désordres urinaires ont disparu : la malade n'urine que cinq ou six fois par vingt-quatre heures, elle perd encore un peu ses urines dans les efforts violents.

Les troubles digestifs ont cessé, les forces sont revenues.

17 mars. — La malade guérie et ne perdant plus ses urines quitte le service.

La cystocèle est réduite, mais la vessie fait, pendant les efforts, une légère saillie qui disparaît avec eux.

OBSERVATION IIT.

T. Antoinette, cinquante-neuf ans, concierge à Lyon, entre salle Sainte-Thérèse, n° 15, le 27 février 1898. Elle a eu deux

grossesses et les accidents qu'elle présente remontent à son dernier accouchement (1873), qui fut suivi de métrite hémorragi-

La AE

que. Elle commença alors à souffrir d'un prolapsus utérin qu'il était difficile de maintenir réduit, la malade ayant une déchirure périnéale étendue. Le prolapsus s’accentuant, depuis trois ans il est complet et s'accompagne de cystocèle. Il y a deux mois apparurent des douleurs et des troubles de la miction qui furent suivis de cystite. Les mictions sont devenues très fréquentes, impérieuses, et parfois la malade perd ses urines.

28 février 1898. — M. le professeur Laroyenne pratique l’hystéropexie, la cystopexie et la périnéorrhaphie. La vessie est fixée par trois fils. Les suites de l'opération furent des plus simples. Pendant les deux premiers jours, il fut nécessaire de sonder la malade toutes les deux heures, après quoi elle urina seule. Des lavages au nitrate d'argent firent disparaître rapidement cette fréquence de la miction.

Malgré la dilatation de l’urètre pratiquée au cours de l’opération, la malade n’a jamais perdu ses urines dans le décubitus dorsal. Lorsqu'elle se levait, elle eut, pendant les premiers jours qui suivirent son opération, un peu d'incontinence.

La malade quitte le service le 21 mars 1898, ne perdant plus

ses urines, urinant trois ou quatre fois pendant le jour et une fois la nuit.

La cystocèle est réduite et ne réapparaît même pas pendant les efforts. La fixation de l'utérus contribue d’ailleurs au maintien de la vessie. | Revue le 14 mars 1899, on ne voit plus la vessie à la vulve. la malade se trouve très bien.

Page 1