‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Tuberculose pulmonaire par les Injections intra-trachéales d'huile goménoléeChapitre 13 sur 17 · BTE · texte numérisé non relu

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La transpiration, la fièvre, la toux diminuent progressivement jusqu’à disparition complète. La plaie thoracique a suppuré pendant deux mois environ, s’est fistulisée. puis a fini par guérir complètement.

L'enfant, que nous continuons à voir tous les quinze jours, est en parfaite santé. Son hémothorax du côté malade est plus affaissé que l’hémothorax sain.

OBsERvATION II

M. D.., à Ch.., commune de Chàteauneuf-sur-Charente, âgé de vingt et un ans, a élé ajourné à maintes reprises pour anémie et faiblesse de constitution. Jusqu'à la mobilisation il se portait assez bien. Son père parti pour l’armée, il resta seul avec sa sœur et sa mère et dut se livrer aux pénibles travaux des champs auxquels il n’était pas habitué. Il ne tarde pas à s’aliter, le 18 septembre 1914, atteint de bronchite aiguë. Vers la fin d'octobre il reprend ses occupations, à peu près rétabli; mais pendant le courant de l'hiver 1914-1915 sa mère constate qu'il maigrit beaucoup. Il transpire la nuit, il tousse le malin, il ne mange plus.

En cachette il vient nous consulter, car il a craché un peu de sang. À l’auscultation, nous trouvons des lésions nettes du sommet droit. Râles fins à droite et au sommet, submatité en avant et en arrière, La palpation du creux sus-claviculaire droit est douloureuse. Diminution des vibrations vocales surtout au sommet. Le malade prétendait souffrir de toute l’épaule droite au moindre mouvement.

Le repos, la suralimentation, la réminéralisation amènent une amélioration de l’état général fort appréciable. Cependant la toux persistait toujours, énervant le malade, aboutissant peu après à provoquer des vomissements. |

Nous lui faisons une série d'injections intra-trachéales à intervalles réguliers (3 centimètres cubes de la solution à 20 pour 100 deux fois par semaine après cocaïnisation du pharynx). La toux disparait et le jeune homme a augmenté de 3 kil. 800. IL a repris ses travaux dans les champs.

Revu le 3 juillet 1916 notre jeune malade est en parfait état. Légère submatité du sommet seulement.

Stromberg 3

Osservarion IT (Personnelle)

V... vingt-quatre ans, renvoyé dans ses foyers après dix mois de tranchées, pour tuberculose pulmonaire du côté droit. Les parents nous font appeler auprès de lui en novembre 1915. Aspect cadavérique. Température très élevée (39° le matin; 40° le soir). Pouls petit, battant à 110/120 à la minute.

Transpiration abondante, diurne et nocturne. Délire.

A l'inspection, amaigrissement très prononcé, respiration très rapide, superficielle.

A la palpation, augmentation des vibrations vocales en avant et en arrière, surtout à la base.

A la percussion, matité dans toute la hauteur du poumon, en avant et en arrière.

A l’auscultation, abolition complète du murmure vésiculaire. Souffle tubaire au sommet.

Crachats rouillés, abondants, très visqueux.

Tuberculose au deuxième degré. Pneumonie.

Nous traitons la pneumonie tout en surveillant la tuberculose. Dès que le malade est à même de pouvoir se tenir assis, nous commençons les injections intra-trachéales d’'oléo-goménol à 20 pour 100, à raison ds deux par semaine.

Après une série d’injections le malade a changé de physionomie.

Nous ordonnons, en plus, l'huile de foie de morue.

Cadodylate de soude et strychnine en injections hypodermiques.

Toutes les trois semaines, pointes de feu du côté droit, en arrière.

Le malade abandonne sur notre conseil son métier de chaudronnier. Il est complètement rétabli, il ne toussè ni ne crache : il se sent revivre et travaille activement à son nouveau petit commerce. .

Revu le 21 juin, l'amélioration obtenue persiste.

Osservarion IV (Personnelle)

M'° B..., trente-deux ans, vient nous consulter vers le 15 juillet 1915. Elle est très amaigrie, son facies est émacié ; anorexie complète. Toux

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‘sèche, quinteuse, survenant principalement le matin, rarement accom-

paguée de erachats. Température peu élevée le soir.

Submatité à droite en arrière et en haut. Diminution des vibrations vocales et du murmure vésiculaire. Râles sibilants, frottements pleuraux intenses. Douleur spontanée en avant.

La recherche du bacitle de Koch n’a pu être pratiquée.

Injection hypodermique journalière de :

Cacodylite désolé La rer entree à 0,05.

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Tous les huit jours, sérum de Hayem (250 ce.) dans le but de combattre un état de faiblesse des plus inquiétants, dû à des métrorragies provoquées par-un polype de l’utérus que la malade ne voulait pas se laisser enlever.

Hypertrophie des amygdales considérable. Après am ygdalotomie nous pratiquons 13 injections intra-trachéales, à quatre jours d'intervalle, d'huile goménolée à 20 pour 100 (3 ce.).

La malade nous quitte guérie en apparence. Les signes stéthoscopiques eux-mêmes ont considérablement diminué.

La malade, revue il y à cinq mois, se portait bien. Elle refuse toujours l'intervention chirurgicale que nécessiterait le polype.

OsservarTion V (Personnelle) .

En mai 1915, nous sommes appelé à soigner M. De..., malade de quarante-cinq ans, obèse, pâle. Il à été traité longtemps pour bacillose pulmonaire. Nous l’examinons et lui trouvons, en elfet, des cavernes. Expectoration abondante jusqu’à suffocation.

Atrophie légère de l'hémithorax gauche. Diminution du murmure vésiculaire. Souffle caverneux s’entendant dans toute la hauteur du poumon. Respiration saccadée. Matité très nette.

Fièvre élevée (39°) le soir. Transpiration nocturne abondante.

Vers le début de juin 1915, première injection d'oléo-goménol à 20 pour 100 (2 ce.).

Les injections sont continuées pendant trois mois à raison d’une injection de 2 centimètres cubes tous les quatre jours,

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Le malade est très amélioré : il a repris ses occupations et surveille les travaux des champs ; la toux est à peu près nulle. La température et la transpiration sont tombées. L'expectoration est diminuée. Il ne fait

plus de rétention des crachats.

Osservarion VI (Personnelle)

Le nommé P..., vingtet un ans, engagé volontaire au début de la campagne, est réformé quatre mois après son engagement pour bacillose pulmonaire et insuffisance mitrale. Est venu à Châteauneuf-sur-Charente, à la campagne, pour se reposer.

Ce jeune homme se portait toujours bien. Il a eu, encore en bas âge, la rougeole et une otite suppurée. Légère surdité.

Parents bien portants. Père mort d'accident. Mère vivante en bonne santé. Une sœur qui n’a jamais été malade.

Examen du malade : Toux sèche, surtout le matin, quelquelois accompagnée de crachats. Toux coqueluchoïde dans la journée.

Sommet gauche: Frottements pleuraux, respiration rude, soufflante, râles sibilants, douleur provoquée et spontanée.

Pouls 104. Souffle systolique à la pointe se propageant vers l'aisselle.

Transpiration abondante, survenant à l'occasion du moindre mouvement. Transpiration noclurne moins abondante.

Température matinale 37°2 ; vespérale, 385 à 38°9.

Sommeil agité ; inappétence ; vomissements tous les deux ou trois jours.

A partir du 16 juin, nous instituons le traitement par les injections intra-trachéales : huile goménolée à 20 pour 100 (2 ce.) deux fois par semaine, Le traitement est continué pendant six semaines.

En même temps le malade se faisait lui-même des injections hypodermiques d'huile camphrée alternant avec des injections de cacodylate de soude et de strychnine.

Au bout de six semaines l'état du malade s'est beaucoup amélioré ; son poids, qui était de 62 kilogrammes le 15 juin, est de 65 kil. 50) le 2 août.

Le malade nous quitte et part pour Paris. Mort trois mois plus tard de son affection cardiaque, nous dit sa mère (?).

Osservarion VIT (Personnelle)

C..., vingt-quatre ans, militaire, envoyé en convalescence de deux mois le 13 août 1915, avec le diagnostic « anémie et poumon gauche suspect : &« Son congé terminé, son état de santé étant satisfaisant, il retourne à son dépôt à Bayonne et de là repart sur le front. Il reste dans les tranchées vingt à trente jours, puis est évacué à nouveau sur une ambulance du front où on le propose pour la réforme. Il est réformé n° 2.

A la fin de novembre, un de nos confrères nous mande en consultation : Nous constatons la présence d'un épanchement liquide dans la plèvre gauche. Ponction quinze jours plus tard. On retire 1.500 grammes d’un liquide clair : réaction de Rivalta positive.

Température 38° à 39°. Toux sèche dans la journée accompagnée d’une expectoration de crachats épais, collant au fond du crachoir, accompagnés de quelques petits filets de sang.

Transpiration nocturne abondante. Sommeil agité.

Injections intra-trachéales selon la technique ordinaire. Cacodylate de soude et strychnine. Deux fois par semaine, injection de 250 centimètres cubes de sérum de Hayem pour combattre la faiblesse de son état général. Après 16 injections d'huile goménolée, disparition de tous les symptômes aigus.

Le malade a engraissé de 2 kil. 300 Son hémithorax droit s’est affaissé. Cependant la matité persiste encore dans toute la hauteur du côté droit.

Grande amélioration. Transpiration nulle, disparition complète de la toux.

Revu le 25 juin 1916, son état s'améliore de jour en jour.

OgsEervarTiON VIII

G..., vingt ans, réformé par la Commission des trois médecins pour

Li TANT ES mauvais état général. Nous le voyons pour la première fois le 4 novembre : Bacillose pneumonique du côté gauche.

Le jeune homme a touiours été fragile sans être gravement malade.

Depuis le début de l'année il n'a cessé, étant au dépôt, d'être fatigué et « mal en train ».

Aspect : Figure ridée, triste, amaigrie.

Scoliose. Tachycardie constante. Pouls 94. Température 39°2.

Matité dans toute la hauteur du poumon gauche. Pectoriloquie aphone. Abolition du murmure vésiculaire. Souffle tubaire au niveau de la partie moyenne du poumon.

Toux fréquente, accompagnée de crachats verdâtres, épais, collant au fond du crachoir. Voix faible. Amygdales très hypertrophiées. Transpiration abondante.

Après am ygdalotomie, injections intra-trachéales d'huile goménolée à 20 pour 100 vers le 12 décembre, 2 centimètres cubes, deux fois par semaine, pendant sept semaines.

Le malade ne tarde pas à aller mieux : il se lève, son appétit revient; il ne transpire plus ; sa température est voisine de la normale. Son poids est passé de 51 à 65 kilogrammes.

Le malade nous quitte guéri. Nous ne l'avons pas revu en tant que médecin. Nous continuons à avoir de ses nouvelles de temps à autre ; il se dit en bonne santé.

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