ÉTUDE DE L'ANTIPYRINE
C'est de la quinoléine découverte en 1847 par Gerhardt, le chimiste français, que dérive le corps qui nous occupe, la diméthyloxiquinizine appelée par Filehne, antipyrine.
Sans nous étendre sur la préparation de ce corps, ni sur ses propriétés physiques et chimiques ce que ne comporte pas ce sujet, nous dirons cependant quelques mots sur sa physiologie étudiée avec tant de conscience et de discernement par Caravias dans la thèse qu'il présenta en 1887, nous contentant de rappeler les se sions auxquelles il arrive.
: L'influence de l’antipyrine sur le AS PA est évidemment ce qui domine dans son action.
Les recherches qui ont été faites sur l’état du système nerveux en général et sur l’état du cœur et des vaisseaux conduisent à cette même conclusion.
“Les variations du calibre des vaisseaux sous l’influence de doses moyennes, ne sont incontestablement pas suffisantes pour expliquer l’hypothermie qui suit l'administration de la substance. C’est là un puissant argument en faveur de l’opinion que nous avons émise plus haut, car pour expliquer cette hypothermie il
0e faut admettre une action directe de l’antipyrine sur les phénomènes nerveux, desquels dépendent les actions chimiques qui se passent dans l'intérieur des tissus. On est donc obligé de considérer l’antipyrine comme une substance agissant primitivement et principalement sur le système nerveux.
De toutes les expériences faites par Caravias et exposées dans sa thèse, rappelons celles qui ont un rapport intime avec notre sujet. |
Une dose de 0, 50 centigrammes d’antipyrine est injectée sous la peau d’un cobaye du poids de 500 grammes et détermine une diminution notable de la sensibilité dans le membre injecté ; on peut pincer ce membre, y enfoncer une épingle sans amener aucune réaction.
Les expériences faites en vue d'étudier l'action de l’antipyrine sur les réflexes permettent de montrer qu’elle est soumise à cette loi qui est générale, à savoir : que toutes les substances qui à une certaine dose dim: nuent le pouvoir réflexe de la moelle, à forte dose, l’augmentent et inversement.
Sur la circulation, bien que ceci ne nous intéresse que peu, disons qu’elle amène une vasodilatation périphérique. Signalons en dernier lieu l’action hémostatique de l’antipyrine et surtout son pouvoir antiseptique supérieur même à celui du sublimé lorsq'uelle est employée en solution à 5. ou 10 pour 100 (Caravias).
Deux expériences faites par Caravias l’ontfort bien dé-
montré : on met des morceaux de pancréas dans trois liquides, l’un du sublimé à 1 pour 1000, l’autre une solution
nes VS AS
d antipyrine etle troisième d’eau distillée. Deux jours après, le n° 8 présente une altération notable, les deux autres sont sans changement. Le troisième jour, l’eau distillée est très altérée, avec odeur repoussante et moisissures en très grand nombre, le n°1, légère odeur de putréfaction, moisissure en assez grand nombre.
Le n° 2, pas d’odeur et moisissure en petit nombre. Quinze jours après, les morceaux de pancréas, arrosés avec la solution d’antipyrine, ne sentent rien et sont desséchés. LE ns |
L'histoire thérapeutique de l’antipyrine est trop intéressante pour que nous n’en passions pas en revue les points principaux.
C'est comme médicament antithermique qu’elle fut d’abord employée et particulièrement dans le rhumatisme articulaire aigu, les succès y furent aussi nombreux qu’incontestables, et dès que l’on connut en France, l’emploi qui en avait été fait en Allemagne, le professeur Sée le premier, l’essaya immédiatement et obtint de brillants résultats. C’est alors qu'intervient la découverte faite par notre savant maître, découverte qui marque pour l'antipyrine le commencement d’une ère nouvelle ou pour mieux dire, son vrai commencement. car ce n’est pas pour avoir guéri des rhumatismes articulaires que l’antipyrine est devenue une substance si merveilleuse dans ses effets, mais surtout parce que dans n'importe quel cas et n'importe où elle siège, elle nous permet de combattre la douleur et de la détruire.
Cette découverte est toute entière dans la communication à l'Académie des Sciences du 18 avril 1887, faite
ce Ps
par: M. le professeur Sée, où il donne un résumé succint des recherches cliniques ne: expérimentales, entreprises par lui dans son service et des résultats merveilleux qu'il obtint contre l'élément. Douleur dont il triompha quel que fût son origine. Il est bien évident que c’est là, nous le répétons, que commença la véritable existence de l'antipyrine avec la puissance si merveilleuse que nous lui connaissons. | v Nous ne nous arrêterons pas d'avantage sur les qualités de l’antipyrine administrée à l’intérieur, mais
nous appuierons sur la très remarquable proprié-
té qu’elle possède, lorsqu'elle est appliquée localement su! une plaie vive, une muqueuse ou en injections souscutanées, d’être un analgésique en même temps que très antiseptique, et c’est là, comme nous l’avons déjà dit, ce qui nous a donné l’idée de l'appliquer sur la muqueuse du larynx, dans les cas où cet organe est malade et. où l'on désire détruire une sécrétion morbide ou guérir des ulcérations, et en même temps diminuer sa sensibi-
lité réflexe : ce sont ces càs, ou plutôt les principaux
d’entre eux que nous allons passer en revue. Mais auparavant nous allons relater une expérience de physiologie faite par nous en vue de confirmer les faits cliniques sur le pouvoir analgésique de l’antipyrine.
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