‹ Contribution à l'étude du traitement des arthrites suppurées du genou par la ponctionChapitre 11 sur 24 · OBSERVATION INÉDITE · texte numérisé non relu

OBSERVATION INÉDITE

(Clinique chirurgicale de M. le Professeur Massabuau, Hôpital $St-Eloi-Suburbain.)

L... Paul, 31 ans. Entré le 11 mai 1933 pour «inflammation du genou droit et lymphangite »

On note comme antécédents personnels, que le malade a eu la rougeole et la scarlatine dans son jeune âge ; il a eu le typhus il y a quinze ans. 7

Pas de blennoragie.

Histoire de la maladie. — Le 5 mai, le malade est pris dans la soirée, de douleurs siégeant au niveau de l’articulation du genou droit, douleurs peu violentes d’abord, puis très vives. Le malade n’a pas pris la température, mais il dit « qu’il avait de la fièvre »..

Le lendemain, 6 mai, le malade est obligé de rester couché. I1 appelle son médecin, qui aurait prescrit un vaccin, à prendre par voie buccale.

Examen à l'entrée. — À l'inspection : augmentation de volume très marquée du genou droit, dont les saillies et les méplats sont entièrement effacés par un empätement globuleux, remontant à 10 centimètres de part et d'autre de l'articulation.

Rougeur et réaction vaso-motrice très nette, donnant. à l'articulation un aspect pseudo-érysipélateux.

Le membre est immobilisé en flexion légère du genou.

A la palpation : chaleur des téguments ; la recherche d’un épanchement révèle un choc rotulien très net, avec distension du cul-de-sac sous-quadricipital.

Impotence fonctionnelle complète.

Température : 3005 ; exaspération vespérale à 4001.

Une ponction exploratrice pratiquée, ramène un pus séreux, peu abondant. L/examen de ce pus, pratiqué au laboratoire de bactériologie par Mlle le docteur Marthe GIRAUD, chef de laboratoire, donne les résultats suivants :

« Pas de mise en évidence de bacilles de Koch. Les ensemencements ont donné un entérocoque. »

Le 13 mai. — Température : 3000.

Sous anesthésie locale, et avec un gros trocart, on pratique une première ponction évacuatrice qui ramène 20 cc. de pus séreux. |

Le 14 mai. — La température est tombée à 3705.

Le malade accuse un grand soulagement.

Le 15 mai. — Examen radiographique (Professeur LAMARQUE) : « La radiographie comparative des deux genoux montre un léger flou de l’interligne articulaire droit, mais il n’y a ni décalcification, ni pincement. »

Les examens humoraux sont tous négatifs.

Azotémie : 0,25 pour 1000. |

Réactions de Hecht-Bauer, Wassermann, Kahn, Wernike, Müller : négatives.

Une analyse complète des urines révèle des traces d’albumine. Pas de glucose.

Le 16 mai. — Examen de M. le Professeur MAssA- BUAU : « Genou globuleux. Tuméfaction considérable

remontant sur le tiers inférieur de la cuisse. Fluctuation sur toute l'étendue du genou, surtout du côté interne et externe, moins marquée au centre, avec peu de choc rotulien ; cloisonnement probable isolant la rotule.

« Pas de douleur à la pression de l'extrémité supérieure du tibia. Douleur vive à la pression de l’interligne articulaire, et aussi de l’extréfnité inférieure du fémur, surtout au niveau du condyle interne.

« Mouvements de flexion et d'extension encore possibles D pa ét er de l’extension à la flexion à 450.

Deuxième sus évacuatrice : on retire 80 cc., sous anesthésie locale et à l’aide du gros trocart. Le pus est un pus sanglant.

Exaspération thermique vespérale à 40°, mais le lendemain 17 mai, déverfescence complète.

Le 19 mai. — Troisième ponction évacuatrice, l’épan-

chement s'étant reproduit : on retire 80 cc. environ de l'quide très sanglant, sang presque pur, ne coagulant pas et ne contenant pas apparemment de pus.

20 mai. — Malade apyrétique.

25 mai. — Fistulisation par les orifices de ponction, avec évacuation très abondante.

28 mai. — Les orifices de fistulisation ne donnent rien et sont cicatrisés.

Le 30 mai. — Application de la pédale de Rochard et Champtassin. Gymnastique très active.

Le 10 juin. — Quatrième ponction, ramenant 25 cc. de liquide louche, filant. Dès ce moment, le genou reste absolument sec.

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