CONCLUSIONS
1° L’étude anatomo-clinique des cancers du sein
montre là zône de diffusion considérable de-ces cancers, diffusion qui se fait par voie lymphatique et
rend suspecte toute la partie antérieure dun hémi-
thorax (peau, muscles, aponévroses) et les relais lymphatiques de laisselle, de la chaîne mammaire interne et du creux sus-claviculaire.
2° La chirurgie correctement pratiquée permet le.
nettoyage des plans de la paroi thoracique et des ganglions de l’aisselle; elle est inefficace sur la chaîne mammaire interne et son efficacité reste douteuse sur le creux sus-claviculaire.
3° Les cancers du sein, dans l’ensemble, sont radiosensibles et peuvent être traités par les rayons X (modérément pénétrants et surtout pénétrants) et par le radium (en application extérieure ou par aiguillage endo-tumoral).
4° L’irradiation par foyers extérieurs, qu’il s’agisse de radium ou de rayons X peut agir sur tous les terri-
toires suspects (à la différence de la chirurgie), mais
Riot
il paraît très difficile d’avoir, par ce: procédé, un rendement parfait en profondeur, une destruction quasi certaine des cellules cancéreuses,
5° Au: conträire, la curiethérapie intersticielle ne peut agir sur d'aussi larges étendues que les irradiations extérieures, mais localement Faction peut en être très efficace quand les foyers de radium: sont suffisamment nombreux et bien distribués. Ce procédé semble très utile, en particulier au niveau de la chaîne mammaire interne et du creux sus-claviculaire.
6° Les irradiations post-opératoires à doses massives ont donné de très mauvais résultats; par contre, à doses faibles et prolongées, elles semblent avoir une action très heureuse; enfin, il semble qu’on puisse élargir les indications des irradiations pré-opératoires par rayons X et surtout par euriethérapie in-
tersticielle.
7° Dans. les cancers du sein pris au début, il faut opérer largement; dans les formes plus avancées, on irradie avant d’opérer; dans ces deux cas, on fera de la radiothérapie post-opératoire, comme nous venons de l'indiquer; dans les formes. très avancées et les récidives, les radiations ont un effet palliatif encore très utile.
8° La technique de l’extirpation du sein cancéreux comporte une opération très large, méthodiquement conduite sans dilacération des tissus suspects ; le
temps essentiel est représenté par la dissection de l’aisselle, selon la technique mise au point par M. le professeur Gosset.
9° La technique de l’irradiation comporte pour les rayons, essentiellement l’utilisation de rayons donnés sous 200 K. V., avec grande distance focale; pour la curiethérapie intersticielle, il faut utiliser des foyers radifères de très faible teneur, très nombreux, disséminés de la façon la plus régulière dans les tissus suspects.
Vu : Le Doyen Vu : Le Présidené G. ROUSSY. GOSSET.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLETY.