C. LEVADITI
Pendant les trois ans de vie sanatoriale que nous avons menée sur le plateau d’Assy comme au Maroc, il nous a été donné de constater combien l’annonce de la découverte d'un médicament nouveau, capable de stériliser le bacille de Koch, faisait naître d’espoirs parmi les malades.
La psychologie si particulière du tuberculeux et la prévention, injustifiée mais certaine, du public vis-à-vis des procédés classiques de collapsothérapie, ont souvent amené les tuberculeux à abandonner ces méthodes éprouvées pour se confier à des thérapeutiques dont les résultats furent, la plupart du temps, désastreux.
Avec la streptomycine, la Médecine possède, enfin, un moyen thérapeutique puissant, capable d’enrayer le développement du bacille de Koch. Mais à l'immense espoir qu'a fait naître cet anti-biotique, succède, maintenant, la hantise de la streptomycino-résistance ou, mieux encore, de la streptomycino-dépendance.
C’est, qu'à la vérité, ce médicament puissant, grâce auquel «il n’existe plus de tuberculose officiellement incurable », présente de nombreux inconvénients. Dès le début de son utilisation, on a pu constater des accidents dus à Sa toxicité dont, certains particulièrement oraves, sont irréversibles, En outre, les bacilles tuber-culeux deviennent rapidement résistants à la streptomycine, et ce caractère acquis devient héréditaire. On a même pu isoler, en Amérique, des souches de bacilles tuberculeux qui ne poussent plus qu’en présence de streptomycine.
C’est là un immense danger, tant individuel que social qui risque, si l’on ne met pas rapidement bon ordre à Putilisation de la streptomycine, de rendre inefficace, voire même dangereux, ce précieux anti-bioti-
soie que, et il est bon de se rappeler sans cesse, avec À. DrrOURT, «que les phtisiologues combattent dans la nuit, un germe dont la merveilleuse aptitude à la défense mérite la considération et la prudence. »
C'est pourquoi nous avons accueilli, avec le plus grand intérêt, la proposition que nous a faite notre Maître, le Professeur LÉVI-VALENSI, d'étudier, à partir d’une technique rigoureuse réalisée dans son Service, une modalité thérapeutique qui cherche à éviter les dangers tant individuels que sociaux de ce médicament remarquable qu'est la streptomycine.
Nous avions déjà pu, en suivant les cours de perfectionnement, qu’il avait institués dans son Service, et des stages que nous y avons faits, apprécier sa haute valeur pédagogique et cet enseignement lumineux auquel il donne le meilleur de lui-même.
Au cours de cette thèse qu’il a, non seulement inspirée, mais encore contrôlée mot à mot, nous avons pu mieux mesurer sa Culture et sa bonté. Nous garderons de ces longues heures de travail en commun un souvenir impérissable et notre reconnaissance lui est à jamais acquise.
Je voudrais remercier avec lui, ses élèves, MM. les Docteurs MIGUERÈS, FERRÉRO et ZAFRAN, qui ont larvement contribué à l'élaboration de ce travail.
Je ne puis, non plus, m'empêcher de penser avec une grande reconnaissance, à M. le Professeur TH10DET, aux Docteurs Torg et DEsGEORGRS qui m'ont inculqué, en me prodiguant leurs soins, le goût de la phtisiologie.
Aux Docteurs PASQUIÉ et BIECHLER, qui furent mes chefs pendant la guerre et qui n'ont jamais cessé, depuis, de me témoigner une sympathie qui m'est précieuse.
J’adresse également mes remerciements à M. le Docteur JUGNET qui compléta ma formation phtisiologique pendant le temps où je fus son interne au Sanatorium d'Azrou.