‹ Contribution à l'étude du traitement des fractures de cuisse par les broches de Steinmann et de KirschnerChapitre 21 sur 40 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Fractures de la diaphyse fémorale.

OBsERvATION Î.

(Clinique chirurgicale du Professeur BéGoux.)

L... (Jean), 26 ans, mécanicien, fait une chute de motocyelette le 1% mai 1932. Admis d'urgence à l'hôpital, on constate une fracture de cuisse. | |

Radiographie. — Fracture double de la diaphyse à trois fragments. Le fémur est divisé en trois parties égales; l’épiphyse supérieure avec la partie supérieure de la diaphyse forme le fragment supérieur, l’épiphyse inférieure et l'extrémité inférieure de la diaphyse forment le fragment inférieur; entre ces deux fragments se trouve la partie moyenne de la diaphyse fracturée qui présente une double bascule dans le sens antéro-postérieur et dans le sens transversal. |

Le 3 mai, soit trois jours après la fracture, on place sous rachianesthésie une broche de Kirschner, et le malade étant toujours sous l'effet de l’anesthésie, on l'installe dans l'appareil universel de l’armée.

Traction 6 kilos : On commence la mobilisation du genou dès le 9 mai.

Le 9 juin, soit après trente-six jours, la broche de Kirschner casse (paille dans la tige métallique), mais la réduction de la fracture a été obtenue, l’axe du fémur est conservé, on sent à la palpation un cal mou, on continue l’immobilisation en faisant au malade un plâtre pelvi-pédieux en légère abduction avec flexion de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse; au niveau de la jambe, le plâtre n’est constitué que par une demi-gouttière postérieure qui permet la mobilisation du genou.

Ablation du plâtre le 10 juillet, soit soixante-sept jours après la fracture; on commence alors le massage et on continue la mobilisation.

RD

Le malade sort de l'hôpital le 26 juillet, il marche en boiïtant légèrement, il existe une Jégère atrophie musculaire du côté gauche, un raccourcissement de 4 em. 5 et le genou a un champ de flexion de 70 degrés.

Résultat éloigné. — Le malade est revu le 25 novembre 1932, soit sept mois après la fracture. Il a repris son métier de mécanicien le 4% octobre, il ne se sent pas plus fatigué du membre iracturé que de l'autre et fait parfaitement son travail; d'ailleurs, un mois et demi après sa sortie de l'hôpital, c'est-à-dire, quatre mois et demi après la fracture, il avait pu faire une marche de quinze kilomètres sans être fatigué.

A l'examen, on constate que le malade marche parfaitement, sans boiter, s'accroupit et touche les talons avec les fesses. La mobilité du genou est parfaite, le malade fait l’extension et la flexion complète, Il persiste un raccourcissement de 1 em. 5 et une légère atrophie du quadriceps.

Une nouvelle radiographie montre un excellent résultat anatomique; on à presque obtenu le bout à bout; la bascule du fragment intermédiaire a été considérablement réduite dans le sens antéropostérieur et dans le sens transversal. Il existe un cal opaque aux

rayons X au niveau de chaque fracture.

Cette observation constitue un excellent résultat au point de vue fonctionnel et au point de vue anatomique; on peut dire que le malade a une récupération intégrale de son membre, bien qu'il s’agit d’une fracture très grave. Une experlise médicale a d’ailleurs fixé l’invalidité à 10 p. 100.

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