ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les gangrènes par artérites surviennent spontanément et presque toujours au membre inférieur, beaucoup plus ra-
+ , . 7 . des 4 rement au membre supérieur. La. lésion que l’on trouve à
l’autopsie du membre amputé est surtout une endartérite oblitérante qui est localisée à un territoire artériel,
La peau du membre atteint est tendue et luisante ou . bien sèche et écailleuse. Le mollet est atrophié. Les poils ‘de la jambe sont tombés, les orteils sont œdématiés et rouges, les ongles sont cassants. L’orteil gangréné est, soit racorni, sec et noirâtre, soit recouvert de clapiers sphacéli-
ques qui pénètrent dans les espaces inter-métatartiens ou
d’escarrification de proche en proche. Dans ces clapiers sphacéliques, le fond est constitué par des tissus effilochés et sphacélés et il en sourd un pus très fétide. Des décolle ments sous-cutanés remontent vers Pavant-pied.
Du côté artériel, il n’est pas facile de préciser le siège et l'étendue de l’oblitération artérielle, Cette diversité de localisation de l’oblitération artérielle a fait conclure à MELENEY et MILLER que «< la thrombose ne s'étend pas à partir d’un foyer unique vers le haüt ou vers le bas, maïs ! qu’elle commence en même temps en plusieurs points, ce qui est en faveur d'une infection hématogène ». Quoi qu'il en soit de la distribution de Ia thrombose artérielle, quand
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on ampute le membre à travers la zone oblitérée, on constate que les artères principales ne saignent peu ou, pas. Les artères sont plus petites que normalement. Leur sec- Uuon parait remplie par un tissu d’où sourdent parfois, en bavant, quelques gouttes de sang. Ce tissu qu’oblitère l’artère est un coagulum blanchâtre ou jaunâtre vers la périphérie du membre ; si on le suit de bas en haut, on le voit devenir plus môu et plus foncé.
Il prend une couleur brunâtre, puis rougeâtre, ressem- .blant alors franchement à un caillot sanguin de formation récente. I] finit enfin librement dans l'artère, présentant une extrémité conique plus où moins longue et pointue. |
Les veines sont souvent atteintes en même témps que les artères. Les veines profondes sont oblitérées, surtout celles de la loge postérieure de la jambe, mais leur thrombose est moins constante et moins étendue que celle des artères correspondantes, Les veines superficielles sont également le siège d’une thrombose discontinue et irrégulière.
Les lésions sont donc bien de thrombo-angcéite plutôt que d’endartérite.
Les nerfs paraissent parfois hypertrophiés, les artères paraissent soudées aux veines en un paquet scléreux, dense qui englobe également le nerf satellite et qui gêne leur dissection.
Au point de vue microscopique, on constate l'existence soit d’angéite inflammatoire, soit d’endartérite proliférante avec thrembose ascendante et l'examen des artères mon-
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L’intima est remplacée par « un néo-vaisseau complet avec sa lumière, son anneau de fibres musculaires et son adventice » (MourONGUET). La lumière est triangulaire du fait de la saillie d’un thrombus pariétal. Ce thrombus est organisé en un véritable bourgeon charnu de tissus inflammatoires. Il y a des travées fibrineuses recouvertes d’une
ENST abondante infiltration leucocytaire et des capillaires de recanalisation, La lumière restée libre est bordée, du côté opposé au thrombus, par un endothélium reposant suF une intima scléreuse. L’intima a donc proliféré après avoir été endommagée. Cette prolifération aura provoqué l’accumulation de plaquettes ou la formation sraduelle d’un thrombus qui aura obturé la lumière du vaisseau. Entourant lumière et thrombus, on voit la couche musculaire de ce néo-vaisseau formée de fibres circulaires et longitudinales, mais non infiltrée d'éléments inflammatoires. Enfin, entre : cette musculaire et la limitante interne de l’ancienne artère, existe un tissu de remplissage conjonctif formant adventice, riche en cellules et en capillaires.
: La limitante élastique interne est très altérée, par places elle est dédoublée, effilochée et même He PNEre sur une très petite étendue.
La média est, elle aussi, très altérée. Elle est le siège d’une très abondante infiltration inflammatofre qui s’étend à toute sa circonférence. Cette infiltration Iympho-plasmocytaire dissocie les fibres musculaires, Elle est remplie de néo-vaisseaux abondants et volumineux. C’est autour de certains d’entre eux que linfiltration leucocytaire est la plus dense. Ces néo-vaisseaux arrivent au contact de l’intima et vascularisent une grande étendue dé ce qui serait l’ancienne intima. Certains perforent la limitante élastique pour se réunir aux vasa-vasorum de la média. Parfois, il y a un sclérose de celle-ci et il y a de l’endartérité proliférante qui PEMRCE des bourgeons dans la lumière du vaisseau.
La limitante élastique externe primitive est à peine reconnaissable ; elle est dédoublée, dissociée, altérée surtout par sa face interne que doublent de fines fibrilles élastiques, parfois elle a disparu. | |
L’adventice est scléreuse et infiltrée de cellules inflammatoires. De gros amas lymphocytaires sont situés à son