‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Néphrites aiguës anuriquesChapitre 22 sur 41 · RAT ARS · texte numérisé non relu

RAT ARS

(20.000 cn). Il est constitué par un cylindre de bois verni, disposé en espalier et tournant autour d’un axe horizontal. La partie inférieure du cylindre plonge dans une cuve contenant le liquide de lavage. Sur ce cylindre est disposé, en spirale, un boyau de cellophane étroit, mesurant 40 mètres de long.

À l’intérieur de l’axe horizontal creux, passe un tuyau de caoutchouc par lequel arrive le sang. Là, le tuyau est interrompu par une jonction tournante. Puis le tuyau traverse l’espalier et arrive à la paroi extérieure du cylindre, où il est relié au boyau de cellophane qui a 25 millimètres de diamètre.

Le sang se trouve dans le boyau de cellophane et descend toujours au niveau le plus bas. Il n’occupe que la partie inférieure du boyau.

Le cylindre, mû par un moteur, tourne à 35 tours à la minute pour assurer la circulation d’une de ses extrémités à l’autre. |

À l’autre extrémité, le boyau de cellophane est relié au tuyau de caoutchouc, qui pénètre au milieu du cylindre et le quitte en passant par l’autre. axe creux. ei encore est incluse une jonction tournante, -

Si le tuyau d’entrée est relié au tuyau de sortie, il se produit un circuit fermé où le sang circule rapidement. On fixe à ce circuit un tuyau latéral muni d’une burette qui permet d'introduire le sang dans le circuit ou de le retirer.

Les bulles d’air sont retirées du rein artificiel, avant son emploi, en faisant circuler une solution de sel. Les

bulles montent dans la burette.

LAURE Jeu

Fonctionnement de l'appareil.

L'appareil imaginé par KoLrr peu fonctionner de deux façons différentes :

1° Par le procédé fractionné; 2° Par le procédé continu.

Dans le procédé fractionné, un tuyau latéral est adjoint au circuit. De ce tuyau partent deux ramifications allant l’une au malade et l’autre à la burette (fig. 1).

En élevant ou en abaissant la burette, on peut introduire le sang dans le dialyseur ou le rendre au malade, ou bien le prendre au malade ou le faire sortir du dialyseur.

Patient

DNA EX

(1) La communication avec le dialyseur est fermée, la burette en bas, le sang impur passe du malade dans la burette ;

(2) Le tuyau qui va au malade est fermé, la burette en haut, le sang impur Pose de la burette dans le dialyseur:

(3) Le tuyau qui va au malade est fermé, la burette en bas, le sang purifié va du dialyseur à la burette:

(4) La communication avec le dialyseur est fermée, la burette est en haut, le sang purifié va de la burette au malade. |

Suivant ce procédé, une seule fonction veineuse est nécessaire. Dans le tuyau qui conduit le sang purifié au malade, se trouve un panneau de cellophane qui permet de voir s’il y a une pression positive ou négative et par lequel on peut voir si le sang circule.

Par le procédé continu, on obtient un rendement bien meilleur, en faisant sortir le sang d’un vaisseau sanguin et en le ramenant à un autre vaisseau en le faisant passer

une seule fois dans le rein artificiel.

KorFF utilise une pompe à tuyaux spéciale, construite par BERK. Un capteur d’air garantit contre les embolies gazeuses en cas de fuites ou d’aspiration d’air.

Autrefois, KOLFF utilisait pour la prise de sang la ponction d’une veine par une aiguille à ailettes. Maintenant, il introduit une canule de verre dans l'artère radiale. Le retour du sang s'effectue par une veine superficielle.

Malgré l’héparine, les hémorragies sont rares.

AA

Liquide de lavage.

L'appareil de KozFrF nécessite de 70 à 100 litres de liquide de lavage. Ce liquide est maintenu à une température de 37° à 39° par une pile de chauffage. Il est inutile de stériliser le liquide, car la cellophane ne laisse pas passer les microbes. La composition du liquide de

KoLFF est la suivante :

INAGLAS RME PR PORN 0 gr. 60 Nas COL CR RNErRRE 0 gr. 20 IRSC RS RER 0 gr. 04 Glucose. Meme 1 gr. 50 Fausse CE RER 100 cm°

Le glucose doit combattre l’hémolyse.

Le bicarbonate combat l’acidose.

Le liquide de KOLFF ne contenait pas de potassium lors des premiers essais. Îl a été ajouté par la suite.

Chaque fois que 20 litres de sang ont été dialysés, le bain doit être renouvelé.

Toutes les pièces qui entrent en contact avec le sang doivent être nettoyées de façon antipyrogène (tuyaux, Jjonctions tournantes et boyau de cellophane). Elles sont ensuite remontées sur le cylindre et remplies de 70 % d'alcool.

Avant l’emploi, l’alcool est enlevé à l’aide d’une solution saline exempte de matières pyrogènes, qui vide aussi le boyau de tout l'air qu’il pourrait contenir.

Le boyau doit être enroulé mouillé sur le cylindre. Pour éviter les risques de déchirements dus à la dessi-

cation, on conserve la souplesse du boyau en y appliquant

ue

de la glycérine qui doit être soigneusement enlevée au moment de la mise en marche de l’appareil.

. Contrairement à la technique employée pour la dialyse péritonéale, on ne mélange pas d’héparine au liquide de dialyse. Avant la dialyse, le rein artificiel est rempli et lavé avec 400 milligrammes d’héparine.

Au préalable, dans les heures qui précèdent la dialyse, on injecte au malade, toutes les heures, 100 milligrammes d’héparine.

Au moment de la dialyse, le malade reçoit 400 milligrammes d'héparine intraveineuse. Pendant toute la durée de la dialyse, on ajoute, toutes les demi-heures, 100 milli-

grammes. Au total, on utilise environ 1.200 à 3.200 milligrammes d’héparine par dialyse.

Résultats.

Expérimentalement : En dialysant 500 cm° d’une solution d’urée à 4,17 %, KOLFF ramène en dix minutes, le taux d’urée à 0,57 %o.

Chez les malades, du point de vue clinique, on peut noter chez certains, après la dialyse, une baisse de la tension d’autant plus longue que la dialyse avait duré plus longtemps; chez d’autres, la tension s'élève, puis tout rentre dans l’ordre. D’une façon constante, la diurèse se rétablit rapidement (Observations n°° 12 et 13) et souvent au cours même de la dialyse, même dans les cas de malades comateux. Jamais, après les dialyses, il n’y eut de trace d’hémoglobine dans les urines.

Les cultures du sang (provenant du malade ou sortant

du rein artificiel après dialyses) restent stériles.

PAM} Pape

De nombreux malades traités par KoLrr ou à l’aide de son rein artificiel ont été guéris et, en particulier, KoLrr cite le cas d’une guérison dans un cas d’anurie due à la sulfapyridine.

KOLFF est arrivé à retirer jusqu’à 265 grammes d’urée en une seule dialyse.

Les résultats biologiques obtenus par le rein artificiel de KOLFF sont beaucoup plus importanis que ceux de la dialyse péritonéale ou de l’exsanguino-transfusion, puisque l’organisme peut être entièrement débarrassé de son urée et des substances toxiques qui l’accompagnent, en moins de vingt-quatre heures. Mais les difficultés d’équilibre osmotique entre le milieu intérieur et la solution saline sont identiques à celles rencontrées dans la dialyse.

Avantages de l'appareil de Kozrr.

Le volume est très réduit du fait que le sang passe seulement dans la partie basse de l’appareil.

La circulation se fait sans aucune augmentation de pression à l’intérieur du boyau ni sans pression mécanique extérieure. [l s'exerce seulement une légère traction dans le sens de la longueur du boyau. Les risques de rupture sont donc réduits au minimum.

La possibilité de stérilisation est un grand avantage. Avant l'emploi, on peut faire bouillir le boyau de cellophane, les tuyaux de conduite et les jonctions tournantes. Le boyau est ensuite facilement applicable sur le cylindre. Les autrés pièces de l’appareil n’ont pas besoin d’être stérilisées.

Ïl est impossible d’obturer une perforation du boyau, mais on peut facilement en enlever un morceau et réadapter les deux extrémités. D’où facilité de réparation.

La surveillance du boyau de cellophane est facile sur toute son étendue durant l’opération.

Il est commode d’enlever toutes les bulles d’air contenues dans le boyau, avant l’emploi du rein'artificiel, en: y faisant circuler quelques litres d’une solution stérile de sel. On peut adapter l’appareil à toute capacité désirée, en modifiant le diamètre ou la longueur du cylindre.

Enfin, le même appareil peut être indifféremment employé pour une circulation fractionnée ou continue.

APPAREIL DE MURRAY, DELORME ET THoMASs

Ün rein artificiel un peu différent a été réalisé et mis en application au Canada, par G. Murray, E. DELORME et N. THoMas. Il est constitué par un appareil dont le cylindre est à mailles métalliques et le socle en bois. Le tube dialyseur s’y enroule en spirale et l’ensemble est placé dans une cuve contenant le liquide de lavage.

Le tube à 44 mètres de longueur et 0 em. 63 de diamètre. Pour éviter une déperdition sanguine trop abondante, le tube est rempli, avant l'opération, d’un sang transfusible au malade. ;

L’expérimentation a montré que si l’on prend le sang à une artère :

1. La pression artérielle n’est pas suffisante pour faire revenir le sang au système veineux ;

2. L'animal se trouve dans un état de shock ne à celui qui suit une hémorragie artérielle.

Les Canadiens prennent le sang à une veine fémorale et renvoient ce sang à une veine du côté opposé, après dialyse. L'appareil propulseur du sang est une pompe aspirante et foulante constituée par un tambour en caoutchouc. Une sonde de gros calibre est introduite dans la veine fémorale de façon à éviter, lors de la prise de sang, l'aspiration du vaisseau qui fait valve sous l’influence du pompage.

Le liquide de lavage est composé de la façon suivante :

NaGIE se ne RE SMNAEUR 144 % INA CGI PR ANRT NT ao HSGÉSE LIT EME L8 %o DOSNAH ER CRU EEE 0,9% Dextrosen peer ren 2'INRNCEE CLR MERE ENERS AMAR 3,6 Lo GONE USE Aer 18%

Les auteurs canadiens pensent que l’omission du potassium dans le liquide de dialyse est obligatoire, sa présence entraînant des accidents.

Le mélange doit être fait très soigneusement, certains sels peu solubles pouvant précipiter.

Avantages.

La tension artérielle n’est pas modifiée comme dans l’appareil de KoLFF, au cours de la dialyse.

La prise de sang à une veine permet de contrôler exactement la quantité de sang dialysé.

Le sang veineux passant dans le dialyseur peut être oxygéné avant.son retour dans la circulation du malade.

Inconvénients.

Le pouvoir de dialyse est faible.

Les divers procédés employés pour accroître cette dialyse ont donné peu de résultats : il en fut ainsi de la diminution de la pression atmosphérique autour du tube, de l’augmentation de pression de la substance dialysante et de l’adjonction de chlorure de zine à 64 % à la mem-

brane dialysante préconisée par BRAIN et KISTLEY.

APPAREIL DE G. Murray, E. DELORME ET N. THoMas

EE du malade

Vers le malade

CE

Seringue aspirant le sang du malade et le refoulant vers le dialyseur.

. Tube en caoutchouc.

Poussée de l’air.

Robinet de contrôle.

Membrane dialysante.

DEDr>

Bain avec le liquide de lavage.

VI et V2. Valves en caoutchouc.

Résultats.

1. Expérimentalment, in vitro sur le sang humain, les Canadiens récupèrent en deux heures, 2 gr. 3 d’urée avec un tube dialysant de 177 centimètres de long;

2. En clinique, Murray, DELORME et THOMASs rapportent trois observations :

a) Malade traitée pour anurie post-abortive, sans aucune précision bactériologique. L’azotémie est faible l gr. 10 %. La dialyse ‘commencée au neuvième jour entraîne la guérison. Mais la diurèse ne se rétablit qu'après une semaine environ de dialyses répétées.

Chaque séance de dialyse a duré environ huit heures, la malade étant dans le coma au début de la dialyse et lucide à la fin.

Le liquide de lavage dut être changé fréquemment, et la membrane dialysante très soigneusement lavée, faute . de quoi apparaissaient des accidents (frissons et gêne). De plus, le renouvellement du liquide entraînait chaque fois une augmentation notable de la capacité de dialyse.

b) Anurie aiguë post-partum, chez une malade de 37 ans présentant une lithiase rénale bilatérale.

Une dialyse continue de trente heures permit d'éliminer 72 grammes d’urée et ramena l’urée sanguine de 1 gr. 50 à I gr. %o. Mais la malade, en état de collapsus cardiovasculaire au début du traitement, avec un bloc auriculoventriculaire à 18 par minute, mourut au bout de sept jours sans reprendre connaissance.

c) Anurie post-transfusionnelle chez une femme de 40 ans.

Une dialyse de vingt-six heures retire 50 grammes d’urée et fait tomber l’azotémie de 1 gr. 80 à 1 gramme environ.

La sécrétion urinaire se rétablit le lendemain. Guérison.

Comparaison entre les deux appareils.

1. L'appareil canadien, plus simple, ne nécessite aucun moteur et le nombre de ses pièces est beaucoup plus réduit. Mais sa capacité de dialyse est inférieure, car le volume du sang contenu dans l’appareil dialyseur est trop important proportionnement à la surface dialysante.

2. L'appareil de KoLrF a l'inconvénient d’être plus compliqué, comportant un nombre de pièces beaucoup plus grand. Mais sa capacité de dialyse est de beaucoup supérieure.

3. Dans la pratique, les Canadiens préfèrent la ponction veineuse à là canule intra-artérielle de KoOLFF, et attachent plus d’intérêt que lui à la composition du liquide

de lavage.

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