MAT
(27 octobre 1915); 5 cas (9 février 1916); 2 cas {23 février 1916); 6 cas (12 avril 1916). Le 13 septembre 1916, Morestin a publié une observation un peu spéciale, qui, en raison de la dimension de la perte de substance osseuse, mérite qu'on s'y arrête. Le blessé présenté, était atteint d'nne énorme brèche osseuse intéressant « l’écaille de l'occipital, le pariétal gauche, et empiétant quelque peu sur le pariétal droit ». La brèche fut complètement obstruée par un amas de lames cartilagineuses minces et longues, les unes placées longitudinalement, les autres transversalement; et les interstices furent remplis de déchets cartilagineux. Comme on peut s’en rendre compte par les photographies insérées au Bulletin de la Société de Chirurgie, le résultat esthétique fut excellent, et ce qu’il est intéressant de noter, c’est que par ce procédé, Morestin soit parvenu à reconstituer la forme du crâne.
On voit par là que, même les brèches étendues peuvent se traiter par la crânioplastie à transplants cartilagineux.
P.- Duval, le ?1 mars 1916 a publié 8 cas de greffes cartilagineuses et s’est montré partisan de la méthode par transplantation cartilagineuse, après avoir expérimenté les différentes méthodés.
Le Professeur Gosset a publié 32 observations de crânioplastie par volet cartilagineux (7 mars, 9 mai et 24 mai 1916) et a apporté quelques modifications : pratiques à la méthode, en même temps que par l'invention du chondrotome il a simplifié le prélèvement des
transplants. £
M. le Professeur Quénu, Villandre, Ehrenpreis, Soubeyran (de Montpellier), Leriche (de Lyon) 5 observations, Chutro (18 cas), Auvray (4 cas), Phocas (1 cas), Bazy, se sont déclarés satisfaits et parlisans de cette méthode de crânioplastie.
Les neurologistes furent beaucoup moins enthousiastes, en ce qui concerne la thérapeutique des accidents nerveux. On ne peut cependant nier que la crânioplastie par. volet cartilagineux puisse avoir parfois une heureuse influence sur la céphalée, les vértiges, les accidents d’épilepsié jacksonnienne.…. et, s'ils ne disparaissent pas complètement, la crânioplastie aura toujours l'avantage de les atténuer et d'espacer les accidents, comme on peut le voir dans nos observations.
La cränioplastie ne fait pas disparaître et ne peut
améliorer les troubles encéphaliques, dûs à l’altération du cerveau; elle ne peut avoir d'influence que sur les accidents liés aux lésions corticales, cicatricielles, car elle protège le cerveau contre les chocs et supprime les irritalions.
SI nous parcourons les insuccès signalés jusqu'à ce jour, on constate la plupart du temps qu'ils sont dûs à une intervention trop précoce, à un élat de septicité latente, à une méningo-encéphalite par exemple ou à un abcès du cerveau en évolution, parfois même à un hématome post-opératoire déterminant des phénomènes de compression cérébrale. à
Mais, cependant, peut-il y avoir aggravation de
l'état du blessé après l'intervention? Des faits de ce
sd
La ane.
AU Le
genre ont élé signalés par Pierre Marie, Velter, Sicard.
Pierre Marie a signalé à la Société de Chirurgie :
6 cas d'amélioration sans guérison,
12 cas d'état stationnaire,
3 cas d'aggravation surtout de la céphalée.
Velter, dans son livre « Plaies pénétrantes du crâne »,
- écrit avoir constaté, sur 7 cas:
2 cas d'amélioration,
1 cas d'état stationnaire:
2 cas d' aggravalion manifeste :
1 cas de mort par méningo-encéphalite ;
{ cas trop récemment opéré pour permettre de con-
clure.
Sicard rapporte un cas « où une plastie carlilagineuse
a dû être défaite en raison de l’aggravation des trou-
bles visuels et de la céphalée. »
‘Les cas d'aggravation consécutive à lintervention
sont heureusement peu nombreux : aussi, 1l serait inté-
ressant de connaître l’état antérieur du blessé, de voir
si l'intervention n'a pas été tentée, soit dans des cas difficiles de céphalée ou d'accidents nerveux tenaces; soit dans des cas d'infection latente.
Ces cas d' aggravalion, à côté des nombreux succès signalés par Morestin, Gosset, Leriche, Soubeyran,
etc, ne nous empêcheront pas d'estimer la crânio-
plastie par volet cartilagineux, comme une intervention
bénigne, si elle est tardive et pratiquée après une
observation attentive du blessé, selon la technique simple et sans danger que nous avons énoncée.