CHAPITRE
Etiologie. — Pathogénie
La suppuration des gaines tendineuses n’est jamais spontanée ; elle survient toujours après une autre infection, générale ou locale, qu’elle complique et aggrave. L'infection générale, septicémie ou infection purulente, est une cause qui devient de plus en plus rare. L’infection locale domine l’étiologie de ces phlegmons. Rarement, il s’agit d’une blessure directe des gaines par piqüres, coupures, plaies contuses, plaies par arrachement des doigts, brûlures. Le plus souvent, dans le panaris, il se produit d’abord un traumatisme du doigt, souvent insignifiant en apparence : une petite plaie ouvre la porte à l'inoculation et cause un panaris superficiel qui, s’il n'est pas convenablement traité, pourra se propager aux gaines digitales. Les phlegmons des gaines synoviales de la main peuvent être dus à l'extension d'une suppura-
tion, siégeant dans le tissu cellulaire, mais le plus
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souvent ils sont dus à la propagation d’un panaris tendineux du pouce ou du petit doigt, les gaines carpiennes, radiale et cubitale, communiquant avec les gaines synoviales des deux doigts extrêmes.
Enfin, l’infection peut provenir, non plus des parties superficielles du doigt ou de la main, mais des parties profondes, du squelette; on peut voir assez fréquemment un panaris tendineux succéder à une ostéite d'emblée de la phalange.
Etant donnée une lésion du pouce ou du petit doigt, comment l'infection envahit-elle les gaines tendineuses carpiennes ? La théorie la plus ancienne explique le phénomène par la propagation de l’infection de proche en proche. « L’inflammation suppurative, dit Gosselin, part d’un doigt, pouce ou auriculaire, jusqu’à l'extrémité duquel se prolonge la grande bourse carpienne; elle se propage à cette dernière, puis s'étend au tissu cellulaire profond de l’avantbras. »
En 1872, Dolbeau à émis une autre opinion, soutenue par Chevallet (Thèse de Paris, 1875). D'après lui, l'accident primitif produit une inflammation angioleucitique, qui donne lieu à la formation d’abcès dans la gaine des vaisseaux; de là, le pus, ne trouvant pas d’issue, fuserait dans les gaines tendineuses.
Gosselin fait à cette théorie les trois objections sui-
vantes : {0 l'infection ne se propage jamais aux gaines