‹ Contribution à l'étude du traitement du cancer par le séléniumChapitre 19 sur 21 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Posologie de l’érythrosélénium colloïdal.

Résultats cliniques.

Nous nous sommes adressés, pour introduire le médicament, soit à la voie veineuse, soit aux injections intra-musculaires.

Les injections intra-musculaires faites dans la région fessière nous ont paru fréquemment indolores. La plupart du-temps les malades n’ont accusé aucun trouble local; le médicament résorbé rapidement ne laissait ni modification des tissus superficiels, ni noyau dans la profondeur. Dans un seul cas nous avons pu observer une légère réaction douloureuse locale.

Les injections intra-veineuses furent de même toujours faciles, ne s’accompagnant d'aucune douleur ; dans une seule de nos observations (obs. VI), nous vimes chez un de nos malades quelques gouttes de sélénium ayant coulé dans le tissu sous-cutané au cours de l'injection intra-veineuse, quelques phénomènes inflammatoires se produire et durer vingt-quatre heures.

Par contre, la réaction générale fut fréquente. Thiroloix avait signalé des phénomènes thermiques intenses

I SAO ES et le frisson durant plusieurs heures. Nous avons eu, dans quelques cas, des réactions fortes (ob. HIT, IX, he mais jamais aussi marquées que l'avait signalé cet auteur.

Généralement, trois quarts d'heure à une heure après l'injection un frissonnement bien supporté par le malade fait son apparition, il dure une demi-heure environ, et la lempéralure prise à ce moment accuse d’une façon constante une élévation de un à deux degrés.

La réaction thermique disparaît rapidement : quelques heures après le frisson, le thermomètre revient à la normale et aucun phénomène ne persiste.

Le tout est d’ailleurs bien supporté par le malade.

Les injections intra-veineuses ont été le plus souvent suivies de ces réactions, mais nous devons noter qu'elles ont manqué quelquefois chez certains de nos malades (obs. VIT, VIII). Chez les autres, le maximum des réactions s’est montré après la première injection pour diminuer aux injections suivantes, parfois disparaître (ce fait est très net dans l'observation n° IV, recueillie dans le service de M. le Prof. Teissier). Il semble qu'on ait à faire à une sorte d’accoutumance au médicament.

Les injections intra-musculaires donnèrent des réaclions beaucoup moins accusées, plus tardives (obs. II), survenant seulement deux ou trois heures après. Gascuel ne l’a pas eu dans le cas qu'il a publié et nous-même, avec cinq centimètres cubes, nous l'avons vu manquer souvent {obs. VIE, VIT).

La plupart de nos malades ont supporté le traitement sans aucun accident, ni céphalée, ni lourdeur de tête.

ere Aucune modification dans la sphère vasculaire ne s’est montrée. Pas de trouble du côté des urines.

Deux de nos malades ont donné quelques signes d'intolérance. Dans l'observation n° IX, nous avions affaire à une cachectique avancée, avec un néoplasme de la face énorme et des troubles pulmonaires, qui, à chaque injection, a présenté, outre le frisson et l'élévation thermique classique, une agitation marquée. Le malade de l'observation n° V a eu de même, après sa première et sa deuxième injection, un peu de délire.

Il semble donc que, dans certains cas, on se trouve en présence de malades cachectiques trop avancés chez qui le médicament déterminant des réactions normales présente certains inconvénients résultant surtout de cet état de faiblesse.

Malgré cela, et la réaction fébrile ainsi que le frisson, nous pouvons dire que le médicament n'offre à peu près aucune contre-indication, qu'il est en général bien supporté, et qu'il n’est pas toxique.

Les injections que nous avous pratiquées ont toujours été de cinq centimètres cubes de la solution titrant 0,20 centigrammes de sélénium par litre. Nous les avons pratiquées le plus souvent tous les trois Jours, certains de nos malades ont reçu dix à quinze injections en une seule série (obs. [IT et VII).

11 semble bien, d’après notre observation, que l'on puisse injecter deux fois par semaine, à la dose de cinq centimètres cubes, le médicament, et prolonger longtemps cette thérapeutique sans voir se manifester des signes d'intoxication.

RE

Les effets du sélénium colloïdal électrique ont été suivis pendant trois mois sur plusieurs de nos malades. Nous avons agi la plupart du temps, ainsi que le montre nos observations, sur des tumeurs inopérables, pour lesquelles la chirurgie n'offrait plus, depuis longtemps, aucune ressource. La plupart de nos malades étaient des cachectiques avancés que tourmentaient des symptômes douloureux; beaucoup étaient voués à la morphine. Nous nous sommes attaché à étudier les modifications apportées par le sélénium colloïdal sur l’ensemble symptomatique.

L'analyse de nos observations nous à montré, dans certains cas, une amélioration des phénomènes les plus pénibles. Les douleurs lombaires ont disparu dans un cas de cancer de l'utérus; les irradiations abominables observées dans les grosses adénopathies des cancers du pharvnx ont subi une atténuation notable. Cet effet sédatif n'a pas été toujours purement subjectif : il a plusieurs fois été nettement accusé par le malade; celui observé dans le service de M. le Prof. Jaboulay insistait bien sur la disparition de ces doulenrs et réclamait chaque jour de nouvelles injections.

Comme corollaire de cet effet sédatif, nous avons noté le retour du sommeil. Dans l'observation n° VII nous pouvons voir notre néoplasique s'endormir quelques heures après chaque injection; de même dans l’obser= valion VIIT, nous avons vu les nuits devenir plus calmes.

Cetle sensation de bien-être qui suit la réaction thermique se montre dans presque tous les néoplasmes |

or douloureux que nous avons observés. Thiroloix l'avait noté : nous-même le retrouvons dans l'observation d'un cancer de l'utérus, dans deux cas de cancer du pharynx.

Les modifications de l’état général se sont montrées dans certains cas favorables. La malade atteinte de cancer de l'utérus, que nous avons suivie dans le service de M. le professeur agrégé Cade, et, à laquelle nous faisions déjà allusion plus haut, était à son entrée atteinte d’œdème des membres inférieurs, anémiée, très cachectique. Nous avons vu peu à peu les forces reparaitre, l'appétit augmenter et l'amélioration se traduire par une augmentation de poids de 3 kilos en l’espace de douze jours. Actuellement la malade est en bon état, se sent plus forte et mange de bon appétit.

Un néoplasme de l'estomac (ob. IV) a vu de même l'appétit augmenter, l’état général se relever dans une certaine mesure.

Les modifications dans l'élimination urinaire ont été variables. G. Debierre et Duhamel avaient établi expérimentalement chez le lapin l'augmentation de l’urée, des chlorures et des phosphates, sans modification quantitative. Nous-même n'avons pas vu les urines augmenter de volume, leur coloration n'a pas varié. Mais l'augmentation des exereta n'a pas élé constante. Si chez certains malades nous avons observé une légère augmentation de l'élimination de l’urée et des chlorures, chez d’autres au contraire celte augmentation a été nulle, et nous l'avons vu diminuer même, chez certains, |

SXAAG= ES

Quant aux tumeurs elles-mêmes, nos observations sont trop récentes pour que nous puissions fournir des indications définitives à ce sujet.

Thiroloix avait vu nettement une amélioration, des adénopathies se rétracter puis se ramollir. Il a pu pratiquer une ponction et retirer 0,20 cc. d'un liquide visqueux inodore, rosé sur lequel il a établi les réactions du sélénium. Puis il à vu les ganglions diminuer fortement de volume.

Gascuel signale de même une grosse diminution des adénopathies secondaires à un cancer du rectum.

Nous avons observé ettraité pendant deux mois des cas semblables à ceux qu'avaient signalés ces auteurs et nos résultats ont été les suivants :

Un néoplasme du pharynx, un autre du corps thyroïde avec tumeur ganglionnaire du cou (obs. VIT et X) n'ont pas été modifiés dans leur volume ou dans leur consistance.

Un néoplasme du pharynx avec grosse récidive au niveau de la joue et adénopathies considérables s’est ramolli dans une certaine mesure. Les ganglions ont donné une sensation nettement fluctuante, mais la ponction n’a rien ramené (obs. VII).

Nous avons obervé aussi dans une certaine mesure de l’assèchement de la tumeur dans un cas de cancer du col utérin; les pertes ont diminué dès la 4° et 5° injection, pour disparaître presque complètement après la dixième. L'action sur les hémorragies occultes du tube digestif ne nous a pas paru très nette et dans les deux cas de néoplasme grastrique observés, elles n’ont pas été influencées.

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