‹ Contribution à l'étude du traitement du charbon: par l'injection sous-cutanée de pyocyaneineChapitre 18 sur 19 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

|. —— La Pyocyanéine esl une culture minérale de bacilles pyocyaniques âgés de quinze jours à un mois, stérilisée à 70 degrés pendant une heure. Sa toxicité est

très faible.

2, = Elle n'a pas de pouvoir préventif, mais un pouvoir euratif très net. Des cebayes, lapins, moutons injectés, sept el vingt-quatre heures après l'inoculation charbonneuse résistené. .

3. Pas d'actions en injections intra-veineuses el en Javements. Action curatrice par voie digestive et souscutanée, cette dernière restant la meilleure voie d’'introdueüon.

%. -— Les milieux pyocyaniques ne détruisent pas la bacteridie à ia facon d'un antiseptique ; ils agissent en atténuant sa virulence, et sont, de plus, capables de déterminer dans l'organisme des substances annihilant le microbe du charbon (Fortineau).

5. — L'injection sous-cutanée de 1 cm3 de pyocyanéine doit être faite le plus précocement possible. Il ne faudra pas toujours attendre le résultat du laboratoire qui peut

quelquefois $e montrer négatif.

6. -— Cette injection pratiquée au flanc de préférence détermine une réaction locale se traduisant par une légère douleur et une rougeur diffuse au niveau de la piqûre. Elle produit en outre une réaction générale qui fait rarement défaut.

7. —- L'intensité de la réaction générale parait être fonction de la gravité de l'infection. Dans les cas déses- : pérés, elle revêt une violence très grande et se traduit par du délire, frissons violents, vomissements bilieux, diarrhée profuse. Nous lui accordons une valeur pronostique indéniable. |

8. — Une seule injection de pyocyanéine est presque toujours suffisante ; on peut toutefois er pratiquer une seconde sans crainte d'accidenis anaphylactiques. Elle produit quelques heures après une sédation des phénomènes locaux (arrêt de lœdème, etc...) et une amélioration de l'état général (baisse de la température, disparition du délire, etc.).

9. — Celte méthode de traitement se suffit à elle-même et permet la disparition de tout traitement local (cautérisation, injections iodées) douloureux, mutilant et le plus souvent inefficace. Elie peut soutenir par ses résullats n'importe quelle comparaison avec les autres méthodes. Notre statistique ne compte aucun décès sur seize cas traités. |

10. — La rapidité d'action de la pyocyanéine, dans les cas désespérés où la question de temps est capitale, en fait la méthode de choix.

41. — En 1913 dans sa thèse, Maurice pouduee écrit en dernière conclusion :

« Mis en confiance par les résultats qu’elle a donnés jus-

qu'à présent, nous pensons que la pyocyanéine, sou- « mise à la sanction de nombreux essais cliniques, justifiera pleinement l'espoir qu'elle à fait naître en tant « que remède efficace, peut-être pourra-t-on dire spéci- « fique contre l'infection charbonneuse. »

Il nous est permis d'affirmer aujourd'hui que cet espoir s’est transformé en certitude.

Vu le Doyen, Vu le Président, ROGER CARNOT

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris, APPELL.

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