LE FURONCLE DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE
Le furoncle est l’inflammation, la suppuration et la nécrose d’un appareil pilo-sébacé dont lélimination constitue le bourbillon. Il est dû au staphylocoque doré. Il convient en effet d’insister sur le fait que le point de pénétration et le siège primitif de l'infection sont l'appareil pilosébacé. L'agent pathogène habituel est le staphylocoque pyogène doré. .
Les microbes suivent le canal engaînant le poil, peuvent pénétrer profondément et porter en pleine épaisseur de peau leur inoculation septique. De l’appareil pilo-sébacé où le staphylocoque a pénétré, celui- ci-gagne la profondeur. Ainsi, à la folliculite pillaire fait suite la péri folliculite. Que l’inflammation reste limitée au pourtour de la glande, c’est le furoncle folliculaire. Qu'il s'enfonce plus profondément, c’est le furoncle cellulaire, qui, s'étendant dans l'hypoderme, produit un phlegmon circonscrit. Parfois, l'infection peut gagner le tissu con-
jonctif plus lâche qui entoure la glande sudoripare sous-jacente au follicule pileux, il s’agit alors d’un furoncle sudoripare.
Sans doute la fait dominant est la présence et la pénétration dans l’appareil pilo-sébacé du staphylocoque, encore faut-il insister sur les causes secondes. Celles-ci peuvent être d'ordre local et l’on connaît l'importance des petits traumatismes répétés dans l’apparition des furoncles. Les causes secondes peuvent être d'ordre général. On sait le rôle primordial du terrain. La recherche de la glycosurie doit toujours être pratiquée. La diathèse urique a également une certaine influence.
Cliniquement, le furonele débute par une petite saillie rouge-acuminée, centrée par un poil, prurfigineuse. Rapidement la tuméfaction s'accroît, la base est dure et rouge, le sommet présente une petite fissure ; la tension est douloureuse. L’induration de la base est souvent assez considérable au niveau de la lèvre supérieure, induration remontant païfois sur l'aile du nez, sur la joue. Vers le &°-9° jour, on constate l'élimination du bourbillon qui laisse ouvert un cratère plus ou moins profond se comblant rapidement. Quant aux signes généraux, ils sont nuls ou tout au plus une fièvre légère, de la céphalée, de l'anorexie.
Mais ce qui fait l'intérêt des furoncles de la lèvre supérieure, c'est la possibilité des complications avant tout la phlébite de la veine angulaire qui, en raison de ses communications avec la veine ophtalmique, peut être le point de départ de thrombophlébite du sinus caverneux.
Il s’agit là d'une complication toujours mortelle. L'atteinte de la veine angulaire est suspectée devant l'extension de l’induration au niveau de l’angle interne de l'œil. Elle est affirmée par la constatation d’un cordon mince et douloureux.
La thrombophlébite du sinus caverneux se traduit localement par deux ordres de symptômes. D'une part exophtalmie et œdème des paupières traduisant l’obstruction de la circulation veineuse de retour. D'autre part, des signes de compression nerveuse : strabisme interne par lésion du moteur oculaire externe, du ptosis de la paupière supérieure des modifications pupillaires, des troubles de l’accommodation du strabisme externe par atteinte du moteur oculaire commun: On peut noter également de la névralgie du nerf sous-orbitaire, des troubles trophiques de la cornée par lésion de la branche de Willis.
Quant aux signes généraux, ils sont toujours intenses.
——— ToUES
Soit du type pyohémique, Soit du type méningé.
: Soit du type typhoïde.
Même non compliqué, le furoncle de la lèvre supérieure présente une évolution plus longue, évolue plus lentement vers la guérison.
Le diagnostic de furoncle de la lèvre supérieure s'impose. Une cause d'erreur d’ailleurs exceptionnelle serait. possible avec une pustule maligne dont l'évolution est plus longue, ne donnant du pus que vers le 10° jour, qui est entourée d’une couronne de vésicules secondaires, qui présente un gonflement et une induration périphérique particulièrement marqués.
Quel est le traitement classique et habituel du furoncle ?
Au début on doit essayer de pratiquer un traitement abortif. Pour cela on touchera le furoncle avec une fine pointe d’électro-cautère, ou encore on pratiquera un attouchement à d’iode acétone. Bien entendu, il ne faudra pas essayer de presser le furoncle, une telle manœuvre exposant le malade à une disémination. Sur la lésion on appliquera un petit pansement à l'alcool absolu ou à l'alcool camphré. À ce traitement local on pourra ajouter un grand bain sulfureux, l’ingestion de pilules d'extrait
de bardane ou de comprimés d’étain. On a préconisé évalement le soufre colloïdal. Quant à la levure de bière, ses effets sont bien inconstants. L'’autohémothérapie (ro ce. tous les 3 à 4 jours) semble donner de brillants résultats.
Si le furoncle continue son évolution, on pourra pratiquer des pulvérisations à l’eau phéniquée. On appliquera un pansement à l’ouate hydrophile imbibé d’eau bouillie avec un taffetas gommé à l’extérieur. Le pourtour du furoncle sera isolé par une couche de pâte de zinc boriquée.
Quand on aperçoit le bourbillon, on l'extrait à la pince, on badigeonne la cavité à la teinture iodée. Un point est capital : à partir de ce moment il ne faut plus recourir aux pansements humides qui dissémineraient l'infection, c’est un pansement sec qu'il convient de pratiquer.
Mais que le furoncle de la lèvre supérieure, comme il arrive souvent, présente une forte induration à sa périphérie, une extension vers la joue, ce traitement est alors insuffisant. Certains auteurs conseillent d’injecter du propidom 4 ce., 2 à 3 fois. Le professeur Tanon a préconisé le stovarsolate de zinc, qui a donné d'excellents résultats. (S. de Méd. et d'Hygiène tropicales, 23 ‘janv. 1930. C'est dans ces cas, qu’il nous a semblé intéressant d’injecter in
loco du bactériophage.