X. Derore. Gazelle des Hôpitaux, 1900 - n
RS 4 a
de
Q... (Joséphine), 21 ans, cultivatrice, entre le 17 mai 1900, dans le service de M. Poncet, pour une plaie de la cuisse com-
elle reçut, par accident et à bout portant dans la partie supéroexterne de la cuisse, à {4 ou 6 centimètres de l’épine iliaque antéro-supérieure, la décharge d'un petit pistolet destiné à tuer les taupes dans leurs galeries souterraines. Cette arme était souillée de terre. Six jours après, par la plaie suppurante sortirent des débris de bourre et de vêtements et quelques plombs nos roet TEE ; | re Le 8 jour se déclare une douleur du talon avec une tumé-
faction inflammatoire au niveau de la plaie.
: Enfinle 12° jour apparaissent des phénomènes nerveux sous __ forme de contractions À musculaires intermittentes survenant | toutes les dix minutes et occupant tous les museles du tronc et du bassin. Ces contractions déterminaient l’orthotonos forçant la malade à se rejeter en arrière quand, par exemple, elle était assise sur une chaise. Ces accidents étaient réveillés facilement par le moindre bruit, par la chute d’une cuiller. Les lancées
semblaient manifestement venir de la plaie.
On notait encore un trismus tel, que la blessée pouvait avec
pliquée d'accidents tétaniques. Dix-sept jours avant, en jouant,
— 84 — j peine introduire dans sa bouche un petit morceau de pain. Mais ce trismus était intermittent.
- Le chloral et l'opium ont amené une diminution dans la fréquence des crises, qui ont été au nombre de deux dans les douze dernières heures.
Actuellement, trismus modéré avec un écart de deux centi-. mètres entre les arcades dentaires, un peu de raideur du tronc et de la nuque, légère céphalée, intelligence normale.
On constate à 4 ou à centimètres en dehors et au-dessous de l'épine iliaque antéro-supérieure une plaie admettant le petit doigt et conduisant dans une cavité profonde. La pression fait sourdre du pus mallié. On donne 8 grammes de chloral et on isole la malade. Température 38°,4.
Le 18 mai, on incise au thermocautère l'abcès profond, qui conduit jusqu'à l'os iliaque, on en retire un fragment de papier représentant la bourre et une vingtaine de grains de plomb. Drainage de ce foyer contus. <
Le lendemain 19 mai, la température atteignait 399,9. Letrismus paraît avoiraugmenté malgré le traitement par lechloral. On institue aussitôt le traitement de Baccelli qui fut appliqué rigoureusement jusqu'au 11 juin. |
Pendant ce laps de temps, les crises de convulsions furent. rares, le tétanos restait surtout caractérisé par des contractures occupant le membre atteint et tous ses segments. Le trismus persistait ainsi qu'une légère raideur du tronc.
Le 9 juin, apparaîtune éruption scarlatiniforme généralisée. a suppression du chloral n'eut pas d'effet sur sa disparition; aussi supprime-t-on l'acide phénique le rr juin.
Le 14 juin, la malade ne présentait ni éruption, n1 accidents tétaniques. Elle sortait guérie le 15 juillet. s
La température s'était maintenue entre 38 et 380,5 jusqu'au 1° juin.
Dans le papier retiré de la plaie, M. Louis Dor, chef du laboratoire de la clinique, retrouva des bacilles de Nicolaïer,
qui donnèrent des cultures caractéristiques.
DA FT Ten
En résumé : Température de 39° pendant 5 jours, jeune fille robuste de 21 ans. Ineubation d'environ 10 jours, traitement de Baccelli, le 8 jour de la maladie nettement caractérisée, continué pendant 22 jours.
Injection d'acide phénique à 2 pour 100 : 30 centigrammes par 24 heures.
OsservarTion IT (résumée)
C. Mowresezci. Supplemento al Policlinico, 19071, VIE, n° 14.
Fattori Lucia, âgée de 24 ans, se blesse au ‘pied gauche, le 3 juin, avec une écharde qui pénètre de plusieurs centimètres dans les parties molles du talon. L'écharde est retirée par elle, une hémorragie assez abondante se produit qu'on arrête avec peine, on ne fait aucune désinfection de la plaie ; la malade continue à vaquer à ses occupations ; souffrant peu ou pas de sa blessure.
Le 14 juin au matin, elle est prise d’un accès de fièvre ; en même temps, elle remarque qu'elle éprouve une certaine difficulté à écarter les mâchoires par suite d'une forte sensation de tiraillement des muscles masséters. é /
A partir de ce Jour, la blessure devient plus douloureuse et les phénomènes que nous venons de signaler vont toujours en s'aggravant.
Le 18 juin, 5° jour depuis le commencement des symptômes, elle entre à l'hôpital.
Le 19 juin, on est frappé, en examinant la malade, de l’état d'hypertonicité musculaire, spécialement des muscles de la moitié supérieure du corps. La tête est en hyperextension, grâce à la contracture des muscles de la nuque; ses mouvements de latéralité sont empêchés par la contracture des sterno-cléido-mastoidiens ; le facies sardonique est caractéristique ; le trismus est'si prononcé qu'on ne peut pas écarter les mâchoires de plus de un demi-centimètre.
Les muscles de l'abdomen sont fortement tendus. La malade
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présente de temps à autre des secousses convulsives de brève
1 durée, mais très violentes, pendant lesquelles lopisthotonos et
4 le trismus sont exagérés. "Rap
Rien d’anormal du côté des différents viscères. Le pouls est régulier (70). Les urines sont normales.
On pensa qu'il était nécessaire de traiter chirurgicalement la blessure, aussi fit-on une incision profonde qui permit de retirer les corps étrangers, on cautérisa ensuite au thermocautère et on fit tout autour de la plaie des injections d'une solution phéniquée à 3 pour 100.
On isola la malade et on commença le traitement de Hate
On débuta avec une solution d'acide phénique à 3 pour 100 et on
fit une injection toutes les 4 heures, de façon à pouvoir injecter 18 centigrammes d'acide phénique par jour.
y 44 Pendant les deux premiers Jours, on ne constata aucune amé- Wei Horation et même l'opisthotonos et le trismus avaient tendance à s'accentuer. On porta le titre de la solution phéniquée à 5 pour 100, afin de pouvoir injecter 30 centigrammes en 24 heures. = Ise passa 3 jours pendant lesquels les symptômes ne s’amendèrent pas ; on fit alors uné injection toutes les deux heures, soit 60 centigrammes d'acide phénique par jour au lieu de 30 centigrammes. l |
Ce traitement fut continué jusqu'au 8 juillet avec une inter-
a ruption de deux jours (1° et 2 juillet), nécessitée par une courte '
be apparition d’'albumine.
L Une première amélioration fut notée le 7° jour du traitement. 1 La malade avait reposé presque toute la nuit et présentait une È diminution notable de la rigidité des muscles, spécialement de Ÿ ceux de l'abdomen et de la nuque. = |
4 A partir du 24 juin, l'amélioration progressa lentement d'une \ façon ininterrompue.
Le 7 juillet, la malade se leva pour la première fois ; elle quitta l'hôpital guérie le 20 juillet.
Pendant toute la durée du traitement, la malade avait pris 29 grammes de sulfate de soude par jour.
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