C. — Principales stations chlorurées-sodiques
et leurs pratiques essentielles.
En France la pratique la plus employée est la balnéation. On utilise en effet, surtout les stations chloruréessodiques fortes, telles que la Mouillière, dans le Doubs, Salies-de-Béarn dans les Basses-Pyrénées, Salins du Jura, Lons-le-Saunier, dans le Jura. On emploie généralement des bains mitigés dont on augmente graduellement la concentration pour arriver à faire tolérer des bains avec l’eau naturelle. Les eaux froides sont réchauffées, les hyperthermales refroidies. Certaines comme celles de Salins-Moutiers, en Savoie, sont prises naturellement. Dans la plupart des stations on ajoute au bain des eaux mères.
Les bains chlorurés produisent une action irritante sur la peau, d'où une puissante dérivation et en même temps des modifications de la nutrition. Ils provoquent d’après Beneke, une augmentation considérable dans la combustion des matières albumoinoïdes. Dans le bain salé, le malade consomme aussi plus d'oxygène et expire plus de gaz carbonique. ;
L'hypothèse de l'absorption saline étant abandonnée, il faut considérer l’action thérapeuthique des bains comme directement proportionnelle à l’irritation qu'ils pro-
voquent.
« Que le praticien n'hésite pas, dit M. Sachard, à ordonner des bains énergiques aux scrofuleux dont la peau torpide est peu impressionnable, à les guider suivant la maladie et le terrain, comme il graduerait tout autre médicament.
En Allemagne, à côté de la balnéation, on utilise les eaux chlorurées sodiques cn boisson, en compresses, en inhalations. Nauheim, Creuznach ont adopté le traitement des affections chroniques des voies respiratoires par les inhalations de vapeurs ou de gaz se dégageant des sources, soit spontanément, soit d’une manière artificielle (Inhalatorium). A-côté de ces stations citons : Ems, Wiesbaden qui utilisent en même temps balnéation, inhalations et cures de boisson, | ’
Nous avons en France des stations chlorurées faibles en tous points comparables aux stations allemandes, et il est à souhaiter que l’on y fasse de semblables organisations. Parmi elles mentionnons : Salins,. Moutiers, Bourbonne, Bourbon-l'Archambault, Bourbon-Lancy, Balaruc et Royat dans le Puy-de-Dôme, à 475 mètres d’altiltude, station bicarbonatée chlorurée, qui a une action ‘sur l'appareil respiratoire et sur l'appareil vasculaire. Cette station est comparable à la station allemande d’Ems. Les prétuberculeux, les tuberculeux au premier degré
arthritiques à réaction générale peu intense et porteurs
de troubles gastriques pourront y être soumis avec profit.
Enfin il est une station, Suint-Honoré (altitude 30om.), dans la Nièvre, qui tire son action thérapeutique de sa composition complexe, association de chlorure de s0dium, de soufre, d'arsenic et d'azote. L'eau à 27° est
prise en boisson et est”facilement digérée. Les inhala-
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tions sont données dans une grande salle où l'eau arrive pulvérisée. Les bains se prennent à 31°.
La cure est reconstituante, toniliante, décongestionnante, à action moins intense que les eaux nettement chlorurées, arsenicales ou sulfureuses. « Toutes les formes de tuberculose pulmonaire sont justiciables de St- Honoré. L'action de ses eaux est très douce. Bien conduite, la cure n’est pas congestionnante ni excitante. Elles favorisent le processus scléreux et arrêtent souvent. les hémoptysies. » (Binet, loc. cit.)
Saint-Honoré semble convenir peut-être plus que les autres eaux aux Cas délicats, susceptibles d’excitation. De son côté, À Robin dit : « À côté des candidats à la tuberculose, on enverra à Saint-Honoré des tuberculeux confirmés. » Mais il est prudent d'interdire la cure pen: dant une période de poussée ou d’aggravation et il faut la suspendre toujours en ‘as de fièvre ou d’hémoptysie abondante.
Il semble que si l'on excepte Saint-Honoré, il faudra se montrer extrêmement réservé dans le choix d’une station chlorurée. Les phénomènes d’excitation trop intense peuvent être funestes pour le malade. Mais: là, comme ailleurs, les résultats obtenus seront fonction de la ma- nière avec laquelle le traitement hydro-minéral aura été conduit. |
CHAPTERE V