APERÇU HISTORIQUE
de l'emploi des cures hydro-minérales dans le traitement de la tuberculose pulmonaire
L'emploi des cures hydro-minérales dans le traitement de la tuberculose pulmonaire remonte à une période très reculée.
Nous en avons pour preuves, les vestiges remarquables de la civilisation et de l'art antiques, qui sont la gloire de beaucoup de nos stations thermales. Aïnsi au Mont-Dore, la louve de Romulus, la statue du vieux. Romain dont lé thorax globuleux rappelle celui d’un emphysémateux. Tous ces restes retrouvés avec des monnaies démontrent que les Romains avaient érigé à cet endroit des thermes grandioses.
- Antérieurement même, les Gaulois avaient utilisé cés sources, puisque sous les antiques constructions romaines on a retrouvé les débris d'une immense piscine d’une
- époque plus ancienne encore. Nous savons qu'à cette
- date, Amélie, Luchon et Wiesbaden « l’ancienne Mat-
tiacum » étaient déjà fréquentées pour les maladies des
voies respiratoires. Au v° siècle, Sidoine Apollinaire, pre-
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miér évêque des Gaules, parle dans ses lettres des « Ga-
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tentes Baiae » qui se trouvaient au Mont-Dore et où l’on traitait les affections des voies respiratoires et la phtisie. Semblables remarques sont faites par différents auteurs des xv°, xvi‘ et xvu° siècles. Louis XIII, Richelieu, Louis XIV, Madame de Sévigné, Madame de Montespan se rendirent aux eaux.
C'est en 1730, bien avant la découverte de l’auscultation, qu'Antoine Bordeu appliqua l’eau des « Eaux Bonnes » au traitement des « rhumes », disposition à la pulmonaire et vieux ulcères des poumons.
Son fils le célèbre Théophile Bordeu, suivit sa pratique et ce fut lui le premier, qui soumit à la Faculté de Médecine de Paris en 1754, un programme raisonné de l'emploi des eaux minérales dans les maladies chroniques. :
Mais c’est Pidoux, qui en 1873 dans ses « Etudes générales et pratiques sur la Phtisie », considérant que, les eaux minérales (qu'il voudrait appeler naturelles) sont les agents thérapeutiques à action la plus intime et la plus puissante, a mis en honneur le traitement de la tuberculose pulmonaire par la cure hydro-minérale auprès du grand public. Grande fût alors pendant quelques années la vogue des stations sulfureuses des Pyrénées. Mais une dizaine d'années plus tard le traitement hydro-minéral tomba en discrédit. Celui-ci a pris corps sur les accidents constatés pendant la cure. On a pu observer des poussées aigües, des congestions pulmonaires, des hémoptysies, ce n'est pas niable. C’est qu'alors les eaux étaient souvent prises ou ordonnées inconsidérément. Il était même de règle, à l'instar de Pidoux, de chercher à obtenir des effets irritants, véritables effets
pathogénétiques, qui selon l’auteur des Etudes générales et pratiques sur la Phtisie « paraissent se substituer plus ou moins franchement à l’irritation tuberculeuse dont le tissu pulmonaire est frappé.» Et à force de rechercher cette action substitutive (qui bien graduée à certes une. influencé heureuse) on en est arrivé à des désastres. De plus, alors que le repos, le calme sont des facteurs indispensables du traitement de la tuberculose, les stations hydro-minérales étaient des lieux de plaisir, les malades s’amusaient, dansaient toutes les nuits.
C’est alors que Brehmer institua son traitement trilogique de la tuberculose pulmonaire : suralimentation, repos et séjour au grand air.
« Avant Brehmer, les médecins apportaient autant de soucis et de détails à ordonnancer et à formuler les re- ‘mèdes empruntés à la pharmacie chimique, qu'ils mettaient d’inconscience et d’indifférence à se servir des agents physiques et naturels, à recourir aux ressources diététiques, encore moins au hygiéniques ». (Landouzy. Congrès de Berlin). Après des travaux sans nombre, a dit Peter, la médecine moderne, d'accord avec le bon sens, en arrive à conclure que la meilleure médication des tuberculeux est l'hygiène. L’oubli se fit ainsi peu à peu sur l'emploi des cures hydro-minérales dans la tuberculose pulmonaire.
Mais dans ces vingt dernières années on s’est demandé de nouveau si on ne pouvait voir dans les cures hydro-minérales, si non comme autrefois un moyen radical de guérison de la tuberculose pulmonaire, mais du moins un moyen adjuvant du traitement dans certaines ‘ formes cliniques. C'est l'œuvre des Professeurs Jacoud,
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Robin, Landouzy, de Leudet, Cazeaux, Schlenimer, pour ne citer que les principaux.
Nous allons essayer de montrer les services que peuvent rendre lés cures hydro-minérales bien conduites dans certaines formes de la tuberculose pulmonaire. Nous étudierons dans une premier chapitre les effets et le mode d’action des eaux minérales en général. Un deuxième sera consacré aux eaux sulfureuses dont nous indiquerons les effets et le mode d'action; nous citerons quelques observations de cure sulfureuse chez des tuberculeux et nous le terminerons par l'analyse des indications, des contre-indications et l'étude des différents modes de traitement dans quelques stations sulfureuses.
Le Chapitre TT sera réservé aux eaux arsenicales dont nous étudierons les effets et le mode d'action, puis nous donnerons séparément à propos de la Bourboule et du Mont-Dore, indications, contre indications et modes de traitement, ainsi que des observations de cure mont-dorienne.
Le Chapitre IV traitera des eaux chlorurées sodiques, de leurs effets et de leur mode d'action, de leurs indications et de leurs contre-indications, des différents modes de traitement. Nous n'avons malheureusement pas pu réunir d'observations de cure chlorurée sodique.
Dans le Chapitre V enfin nous ferons l'exposé de la valeur thérapeutique des cures hydro-minérales dans le traitement de la phtisie.
Nous conclurons — et c’est là la véritable idée directive dont Monsieur le Professeur agrégé Piéry à bien su nous pénétrer — à l'injustice de l'abandon des cures hÿdro-minérales dans le traitement de la tuberculose pul-