‹ Contribution à l'Étude du traitementChapitre 9 sur 22 · OBSERVATIONS DE NÉLATON · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE NÉLATON

OBSERVATION Î (résumée).

Le nommé Roger (Léandre), âgé de dix-neuf ans, instituteur, se présente à l'hôpital des Cliniques, au mois d’août 1860, pour se faire traiter d’un polype naso-pharyngien. Toutes les circonstances, âge, symptômes, accidents, se réunissent pour faire de ce cas un de ceux qui répondent exactement à la description clinique de cette affection. La tumeur était volumineuse, elle occupait la partie supérieure du pharynx, refoulait le voile du palais, entrait dans les fosses nasales, donnant lieu à une dyspnée très prononcée et à des hémorragies abondantes. Il était urgent de venir en aide à ce jeune homme. La résection de la voûte palatine, combinée avec l’incision du voile du palais, avait été pratiquée afin de mettre la tumeur à découvert.

L'appareil dont nous nous sommes servi est une pile de Bunsen de neuf éléments de 16 centimètres de hauteur sur 8 de diamètre montés en tension, et de deux fils conducteurs terminés par deux aiguilles de platine d’un demimillimètre de diamètre.

Le 21 février 1864, le malade étant placé de manière que la lumière pénétrât jusqu’au fond de l’isthme du gosier, les deux aiguilles furent implantées dans la tumeur, à 2 centimètres et demi de distance l’une de l’autre. Au moment de l'établissement du courant, le malade éprouva une secousse assez douloureuse, accompagnée de contraction des muscles de la face: au même instant, on vit apparaître, autour des points d'implantation, cette mousse blanche que nous avons signalée dans nos expériences. L’opération marcha ainsi dix minutes, pendant lesquelles le malade n’éprouva qu’une faible douleur. A notre grande satisfaction, il n’y eut pas d’hémorragie. Les aiguilles furent retirées et le malade éprouva une nouvelle secousse, semblable à la secousse initiale.

L'opération était terminée, et on put en apprécier les résultats immédiats. Autour du point d'implantation de l'électrode positive, le tissu de la tumeur présentait une coloration violacée, tirant sur le noir, et formant un noyau d’induration de 15 à 18 millimètres de diamètre. Du côté de l’électrode négative, même coloration avec mollesse des tissus.

Le lendemain, les points de la tumeur modifiés par le courant étaient convertis en une véritable eschare enchâssée dans le tissu du polype qui avait conservé son aspect primitif; les parties mortifiées se séparèrent peu à peu, et vers le dixième jour l’élimination était complète.

La masse polypeuse, que nous avions attaquée dans son milieu, présentait alors une perte de substance considérable, et il fut évident pour nous qu’en répétant les applications, on arriverait à une destruction complète.

Plusieurs séances successives furent faites, moins longues que la première, d’une durée de trois à cinq minutes, éloignées l’une l’autre d’environ huit à dix jours.

Le polype fut attaqué, tantôt dans ses points d’implantations, tantôt dans sa circonférence. Chacune de ces séances produisit, comme la première, une eschare suivie d’une nouvelle perte de substance, et bientôt toute la masse polypeuse avait disparu par le fait de ces éliminations successives.

Le 18 mai, le jeune homme sortait de l’hôpital complètement guéri. La partie supérieure du pharynx, l’ouverture postérieure des fosses nasales, la région de l’apoplyse basilaire présentaient une excavation tapissée dans toute son étendue par un tissu cicatriciel.

La guérison de ce malade a été constatée à plusieurs reprises et s’est toujours maintenue; elle remontait à dix-huit mois au moment de la communication de Dolbeau.

ORSERVATION II.

Le malade était en voie de guérison, lorsqu'il est mort de fièvre typhoïde.

OBSERVATION III

Le malade avait subi une première opération chirurgicale ; récidive. Électrolyse, guérison datant de huit mois.

OBSERVATION IV

Le malade était complètement guéri lorsqu'il est parti de Paris. Depuis, on ne sait ce qu’il est devenu.

OBSERVATION V

Le malade est en voie de guérison; le traitement continue.

OBSERVATIONS DE CINISELLI

OBSERVATION I

Polype nasal sortant de la cavité antérieurement, ainsi que du côté du pharynx, déplaçant la cloison et l’os nasal correspondant chez une femme de

SO

vingt ans. Électrolyse monopolaire. La tumeur a été détruite en neuf séances. À la dernière application, la tumeur occupant la partie la plus profonde de la fosse et étant difficile à atteindre avec l'aiguille, je la pris au moyen d’un crochet double lié au rhéophore négatif. Les séances, très éloignées l’une de l’autre, n’ont jamais été suivies de réaction ni générale ni locale. La guérison obtenue dure depuis neuf mois,

OBSERVATION II

Tumeur de l'orbite résultant du passage d’un polype nasal à travers l’unguis chez un enfant de vingt-deux mois; le polype avait déjeté la cloison à gauche et soulevé l’os nasal et s'était accru au point d'occuper la moitié interne de la cavité orbitaire, causant l’exophtalmie et la déviation de l'œil à l'extérieur. Le visage était horrible ; l’enfant était pâle, amaigri; il ne pouvait respirer que par la bouche ouverte. On agit sur la tumeur orbitaire, après l’avoir mise à découvert, par l’incision de la peau; deux aiguilles, l’une d'acier (négative), l’autre de platine (positive), ont été enfoncées à 1 centimètre l’une de l’autre. Pile à colonne de 30 couples. Courant d’un quart d'heure; formation de deux eschares qui arrivent à se toucher. L'opération n’a pas été suivie de réaction sensible; dans les jours suivants, les parties mortifiées se détachèrent en abondance avec diminution notable de la tumeur.

Guérison en cinq séances pratiquées dans l’espace d’un mois et demi.

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