‹ Contribution à l'étude du traitement opératoire de l'arthrite chronique déformante de la hancheChapitre 3 sur 19 · EXPOSITION DU SUJET · texte numérisé non relu

EXPOSITION DU SUJET

On étudie beaucoup depuis quelques années les affections articulaires de la hanche. Il existe d’abord des

arthrites chroniques de nature bien définie :

1° Arthrite tuberculeuse ou coxalgie, de beaucoup la

plus fréquente ;

2° Arthropathes nerveuses, plus rares à la hanche qu'aux autres articulations ;

3° Arthrite syphhtique ;

4° Arthrites infectieuses dont un type est particulièrement bien connu : l'arthrite blennorragique, avec sa. cause qui peut être décelée.

Quelques arthrites, surtout chez l'enfant, ont été individualisées dans ces dernières années, comme étant er” rapport avec des déformations congénitales ou acquises de l'architecture osseuse du cotyle ou de la tête fémorale. C'est ainsi qu'on a mis en évidence, chez l'enfant, l’ostéochondrite déformante infantile décrite par Sourda, Legg, Waldenstrom, Perthes, etc Cette affection présente un aspect radiographique caractéristique qui la différencie de la coxalgie, et sur lequel nous n'avons pas à insister.

Son évolution, relativement bénigne, ne peut laisser chez

l'adulté que des séquelles gênantes : atrophie de la cuisse, coxa vara ou valga, légère diminution des mouvements. Ce n’est pas une arthrite vraie, mais une ostéo-chondrite.

C'est ainsi encore qu'on décrit une arthrite déformante juvénile, une arthrite des hanches malformées.

Toutes ces variétés d’arthrites de l'enfance, que nous citons pour essayer d'être complet dans cette énumération des affections articulaires de la hanche, ne font pas partie du cadre que nous nous sommes tracé ; ce n'est pas à elles que s'adresse le traitement opératoire que nous proposons.

Il existe enfin un certain nombre d’arthrites chroniques désignées sous le nom d’arthrites sèches ou arthrites déformantes, de nature et d'origine encore bien discutées.

Chez le vieillard, il est classique de désigner sous le nom de ( morbus coxæ senilis » ces arthrites de la hanche, lentes, insidieuses, considérées, faute de mieux, comme étant d'origirie rhumatismale et aboutissant à une impotence plus ou moins complète.

C'est cette affection qui sert de type à la description ordinaire de l’arthrite sèche de la hanche.

Chez l'adulte enfin, on a cherché à individualiser tout récemment (Mannoni, Thèse de Paris, 1921) une arthrite déformante de la hanche avec des symptômes semblables à ceux de la & morbus coxæ senilis » et des lésions radiographiques identiques, mais survenant (trop tôt pour Être prise pour une arthrite sénile, trop tard pour être considérée comme une arthrite juvénile ».

La relation de ces arthrites entre elles, leurs causes, sont encore obscures et discutées. Ce que nous voulons

retenir, c'est qu'il existe à tout âge, en particulier chez

it

l'adulte et le vieillard (un de nos malades a commencé de souffrir à 20 ans, l’autre à 50 ans), des arthrites chroniques déformantes de la hanche qui, dans la majorité des cas, sont assez bénignes, mais qui peuvent devenir graves au point de rendre leurs porteurs des infirmes, incapables d'aucun travail, d'aucune marche,

Ce sont ces cas particulièrement graves que nous enti: sagerons. |

Ce sont eux qu'on est amené à traiter chirurgicalement.

Nous apportons deux observations dues, l'une au docteur M. Durand, chirurgien de l'Hôtel-Dieu, et dont les résultats furent vus alors que nous. étions externe dans son service ; l'autre, à l’obligeance de M. le professeur de clinique Nové-Josserand et de M. le professeur agrégé : Tavernier, chirurgien des hôpitaux.

[1 s'agit, dans le premier cas, d'un homme ayant souffert de la hanche droite depuis 20 ans jusqu’à 55 ans et arrivé, par le fait des douleurs de plus en plus intolérables et de la boiterie, à une impotence fonctionnelle absolue. Le malade avait fait plusieurs séjours à l'hôpital! : depuis 1919 surtout, son état s'était aggravé, il avait dû marcher avec une canne, puis il avait fini par être confiné au lit.

L'intervention s’imposait du fait :

des douleurs ; de la claudication très marquée par attitude

vicieuse avec raccourcissement apparent de 10 cm.

Cette arthrite monoarticulaire d’origine inconnue, mais non tuberculeuse, est à rapprocher d’un cas semblable publié par Alb. Mouchet et Lefranc, en 1919, dans

LÉO NEA

le Bulletin de la Société de Chirurgie, sous le titre : (Un cas d'ostéo-arthrite coxo-fémorale déformante de nature indéterminée », et concernant une servante de brasserie, âgée de 30 ans, souffrant depuis deux ans. Les lésions radiographiques (que nous étudierons plus tard) sont les memes dans les deux cas.

La deuxième observation relate l'histoire clinique d'une malade de 57 ans, souffrant depuis sept ans d'une arthrite de la hanche droite. Ici, on peut songer à la nature rhumatismale de l'affection articulaire, à cause de l'atteinte simultanée de plusieurs jointures, inégalement touchées d’ailleurs. Les douleurs violentes et la claudication progressive obligeaient la malade à garder le lit.

Dans les deux cas, après l'échec de tous les traitements médicaux, l'opération s'imposait, même mutilante, pour permettre à ces deux malades de marcher.

Traités par la même intervention : l’arthrodèse de la hanche atteinte, ils sont instructifs à la fois par leur ressemblance et par leurs différences, que nous signalerons ultérieurement.

Il y a donc des cas d'arthrite chronique déformante

de la banche que l'on peut et que l’on doit opérer.

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