AVANT-PROPOS
Durant près de deux années, nous avons poursuivi, à l’amphithéâtre de l'hôpital civil de Versailles, l'étude du traumatisme expérimental sur la région trochantérienne. Grâce au grand nombre de cadavres dont nous avons pu disposer (66 sujets), il nous a été donné de varier nos expériences, d’insister sur certains points, d'opérer sur des éléments très divers (âge, sexe, tuberculose, cancer, rachitisme, rhumatisme).
Nous étions placé dans cette nds avantageuse
d’avoir connu cliniquement les sujets qui nous ont été
livrés.
L'autopsie fut toujours le complément de Porno
mentation.
Persuadé que les notions acquises par l’expérimentation ne signifient rien, en elles-mêmes, si elles n’ap-
au Me
pellent point à leur aide l'anatomie et la clinique, nous nous sommes toujours efforcé de chercher quels pouvaient être les liens susceptibles de les rattacher à chacune de ces deux parties essentielles de la médecine.
Nous avions déjà soumis à l’expérimentation 16 cadavres, et les résultats acquis ne méritaient pas, selon nous, d'être retenus.
Toutefois, nous pouvions déjà affirmer : 1° que le col du fémur, chez certains vieillards, offre uue résistance considérable à la fracture; ?° que la fracture du grand trochanter précède, presque toujours, la fracture de la base du col.
À la trente-deuxième expérience seulement, il nous a été donné de constater la production d’une fracture diaphysaire oblique, en V, qui attira vivement notre attention.
Tout près du mamelon crural, et à quelques millimètres en dehors de l’interstice du bord postérieur du grand trochanter, nous constations, sur la face externe de cette apophyse, une très légère fissure. L'existence de cette fissure nous indiquait que nous avions frappé non pas franchement sur la région moyenne de la saillie trochantérienne, mais bien sur la partie postérieure de la face externe du grand trochanter, au niveau du mamelon crural. L’attention fixée sur ce point, il nous fut facile, désormais, d'obtenir une fracture sous-trochantérienne, (oblique,en V, en pas de vis, spiroïde). Et, chose singulière, le traumatisme appliqué sur la face externe du trochanter, à 1 centim. en avant, à { centim. plus en dehors, ne donnait que des fractures de l'extrémité supé-
A Pe
rieure du fémur. L'idée que cette fracture oblique pouvait dériver de la torsion même exécutée par l'extrémité fémorale, sollicitée à se porter en avant et en dedans, sous l’influence du choc que nous appliquions au niveau du mamelon crural, nous encouragea à poursuivre nos recherches. Le mécanisme que nous invoquons nous parait rationnel. Cette fracture oblique, en V, de l’extrémité supérieure du fémur est bien connue cliniquement, au même titre que la fracture « oblique hélicoïde de la jambe » (Leriche) et que la fracture « héliçoïdale par torsion » de l’extrémité inférieure du fémur (Féré et Raullet). Telles sont les seules fractures dites par torsion, et que l’on pourrait appeler fractures spiroiïdes, sus- malléolaires, sus-condyliennes, sous-trochantériennes.
Il ya plus de 20 ans que la fracture « oblique hélicoïde » de la jambe a été obtenue sur le cadavre par M. le professeur Tillaux et son élève, M. le D' Leriche (de Joigny).
-Le mécanisme de sa production, que ces auteurs invoquaient, est devenue classique.
Nous avons recueilli, à l'hôpital civil de Versailles, un cas, suivi d’autopsie, de fracture « héliçoïdale par torsion » de l'extrémité inférieure de la diaphyse fémorale, déterminée par un traumatisme appliqué au niveau de la partie antérieure du condyle interne. (Voir planche
fig. 3 et l'observation II, p. 164.) |
Nous ne pensons pas nous éloigner de notre sujet en disant quelques mots de chacune de ces deux factures ;
il n’est certes pas sans intérêt de montrer l’analogie que M. 2