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qu'en témoigne l'observation relatée par M. le professeur Dieulafoy, dans sa leçon inaugurable.
Ce vertige léger, ce qui le juge, ce qui en fait une manifestation comitiale, c’est justement son alternance avec d’autres manifestations de la névrose. Il-n'en a pas fallu plus pour que certains auteurs aient rattaché au mal comitial quelques processus tels que l’angine de poitrine, l’asthme, la migraine, etc. Non pas quon ait voulu dire que ces affections étaient toujours et quand même de nature épileptique, non pas; cette origine névropathique n'aurait pu être invoquée que dans le cas où il y aurait eu alternance entre les attaques d’épilepsie et les manifestations précitées. Cette opinion, en ce qui concerne celles-ci, est tout au moins fortement discutée. Nous pensons que le même reproche ne peut être fait au vertige conscient. ;
De fait, on observe dans l’épilepsie d’autres formes de vertige. Tout à l'heure, le vertige représentait une attaque atténuée. Jones en cite un exemple que nous empruntons à la thèse de M. Weill. Il s'agissait d'un homme « chez lequel le vertige durait trois ou quatre jours, à l’état pur, en quelque sorte, dans la première période de son épilepsie. Ce vertige s'accompagnait d’élévation de température au niveau de la tête ».
Une autre raison nous porte également à admettre l'origine épileptique de ce vertige conscient, et c’est Île traitement qui nous la fournit. Dans trois observations personnelles que nous relatons, l’épilepsie a été traitée par le bromure. Dans toutes, le vertige s’est atténué et
parfois a même disparu; mieux encore, dans l’une, le vertige qui avait élé guéri par le bromure est reparu à la suite d’une interruption pour s’atténuer à nouveau, à la suite d'une nouvelle cure bromurée.
Ces faits, il faut bien le dire, sont en contradiction avec certaines observations recueillies dans la thèse d'agrégation de M. Weill (/0oc. ct.). D'après une communication orale du professeur Charcot, ilarrive parfois que lorsqu'on traite des épileptiques par le bromure de potassium, des crises surviennent alors que l’attaque proprement dite est enrayée.
Osmerod (Brain, 83), Thèse de Weill, relate lobservation d'un homme atteint d'épilepsie depuis un an et chez lequelles accès avaient été améliorés par l’arsenic et le bromure de K. Cet homme prit, à ce moment, des vertiges, accompagnés de nausées, vomissements, vertiges tellement intenses que-le malade était obligé de s’asseoir pour ne pas tomber. Il y avait en même temps de la diarrhée.
Cela infirme-t-1l la valeur de l'opinion que nous défendons? Nous ne le croyons pas, car le bromure nous semble responsable, seul, des accidents relatés. Très vraisemblablement, il ne s’agit pas de vertige épileptique, mais d'ivresse bromique. Cette ivresse survient avec des doses de 5 à 10 grammes ou avec des doses moyennes longtemps continuées, et l’on sait que ce cas peut se produire chez les épileptiques traités, puisqu'il convient d’administrer le bromure pendant fort longtemps, des mois, des années même, de telle
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sorte que le bromure devient, suivant la phrase d'Aug. Voisin, un aliment pour l'épileptique.
Eh bien! à ces doses, outre une sorte de langueur intellectuelle (Manquat, Traité de thérapeut., tome I, page 665) caractérisée par de la lassitude, de l'apathie, la difficulté d'associer les mots et les idées, de l’obtusion de l'intelligence, on observe des éfourdissements, des vertiges, de la titubation, enfin de la diarrhée. Cela reproduit done le tableau de l'observation d'Osmerod, au moins en ce qui concerne ces derniers mots. Cela semble également s'appliquer au termes de l’observation de M. Weill. Ce n’est done pas de vertige épileptique qu'il s'agit, mais d'ivresse bromique, si bien que le fait de la disparition ou tout au moins de l'atténuation du vertige comitial conscient par le bromure conserve toute sa valeur. La réapparition après une interruption de traitement chez la malade de lobservaton IV est également fort importante. De fait, M. Manquat dit (/0e. cit. 67) : « Quelquefois même ceux-ci (les accès d'épilepsie) disparaissent pour reparaitre, st l'on cesse l'usage du médicament. »
A côté de ce vertige conscient, il v à une autre forme de vertige, plus intimement, cette fois, rattachée à l'épilepsie et dont on ne peut nier la parenté avec la névrose comitiale. Parfois ces deux formes alternent, coexistent chez le même sujet. C'est ce que M. Weill appelle : vertige-aura.
Ici, le vertige devance immédiatement une attaque épileptique franche ou un paroxysme incomplet, un petit mal; d’autres fois il aboutit à des phénomènes
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assez voisins de la grande attaque, mais en différant par quelques symptômes accessoires (observat. [). En tout cas, chez les deux malades présentant du vertige aura, nous avons pu constater que cette aura était toujours identique chez le même individu et que jamais elle ne cédait la place à une autre manifestation annonçant l'attaque ; le cliché pris est définitif; les épreuves tirées ultérieurement seront toujours identiques. Ce fait a d’ailleurs été signalé pour les autres variétés d’auras. |
En tout cas, ce vertige-aura est un phénomène conscient et qui se classe dans le cerveau du malade. C'est seulement dans le cours de ce vertige que, la sensation d'instabilité augmentant, on voit survenir la chute. Dès ce moment, le malade n’a plus conscience de rien, 1l se réveillera hébété, inconscient, ne se souvenant que d’une chose, du vertige-aura initial.
Ce vertige aura nous à paru, comme à M. Weill, plus fréquent dans le grand mal que dans le petit mal. Dans aucune de nos quatre observations on ne le voit s'associer aux accès d'épilepsie larvée. Cette plus grande fréquence des manifestations vertigineuses dans le grand mal avait d'ailleurs été déjà mise en lumière par Gowers. (On auditory vertigo, in Brit. med. Journ., 1876. — Diagnosis and treatment of auditory nerve vertigo in Brit. med. Journ., 1871.)
Il se traduit « autant qu'on peut en juger d'après Pinterrogatoire des malades, soit par une sensation d'oscillation ou dé déplacement subjectif, (Russel Reynolds, Epilepsy, 1861) soit par une sensation de rota-
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tion, de tournoiement des objets environnants ou du corps lui-même. (Jones. On fonctionnal nervous desorders, 1870). » (Will, loc. cit.) A cette description, 1l faut ajouter : la perte de souvenir finale.