‹ Contribution à l'étude du virilisme surrénalChapitre 18 sur 19 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

M. Santi, en Italie, a publié dans les « Atti de la Societa Italiana di ostetrice », une observation dont voici la partie clinique, telle que M. Gallais l’a rapportée dans sa thèse, avec le numéro XL.

€ Il s’agit d’une femme âgée de 53 ans qui, jusqu’à la maladie actuelle, a toujours été bien portante ; elle a eu deux grossesses normales ; elle a toujours été régulièrement réglée Jusqu'à il y a Six ans. À ce moment, hémorragies utérines

qui devinrent de plus en plus fréquentes ; à son entrée à la clinique, elles sont particulièrement abondantes, Depuis un

an, troubles gastro-entéritiques, avec alternances de constipation et de diarrhée. Augmentation de volume de l’abdomen.

Depuis quelques mois, elle souffre de crises de dyspnée, qui étaient particulièrement fréquentes et intenses dans ces derniers temps, surtout la: nuit, lorsque la malade était en position horizontale.

A l'examen gynécologique, on constate l'existence d’organes de multipare, une antéflexion de l'utérus qui est augmenté de volume et dur. Au-dessus de l’utérus et sur la ligne médiane on trouve une tuméfaction dure, lisse, remontant jusqu’à deux travers de doigt au-dessus de-l’ombilic.

Cette tuméfaction paraît occuper surtout le côté gauche de l’utérus et descend presque dans le bassin.

L'énorme épaisseur des parois abdominales rend difficile l'examen combiné, et il est impossible de préciser les caractères de cette tumeur qui semble avoir uné cértaine mobilité latérale, et qui est très douloureuse à la pression.

L'hystéromètre entre de 10 centimètres dans la cavité utérine, et indique une muqueuse humide et saignant facilement. L'examen rectal confirme les constatations précédentes. Le cathéter vésical se dirige en haut et un peu à droite, et il dépasse de trois travers de doigt le bord supérieur de la symphyse pubienne.

Cet examen permet de porter le diagnostic de fibrome de

l'utérus, tout en n'’excluant pas la possibilité que la tumeur

pourrait avoir son point de départ dans l'ovaire et être simplement adossée à un utérus myomateux.

Quoique d'apparence robuste, la femme ne présente pas les conditions requises pour une laparotomie, car à l’auscultation du cœur, on trouve une altération du timbre, et des bruits du cœur, surtout à l’orifice aortique. Rien d’anormal du côté des poumons, sauf un léger degré d'emphysème. Trace d’albumine dans l’urine.

La malade est mise en observation pendant quelques jours;

Er Re

les pertes de sang persistent malgré le repos au lit et la dyspnee ne disparaît pas. On pense alors à une tumeur solide de l'ovaire, et, le 5 juillet 1906, le professeur Resinelli fait une laparotomie et extirpe facilement cette tumeur qui siégeait sur l'ovaire droit. À droite, ïl existe aussi un varicocèle pel vien ; résection de ces veines dilatées..

À l'examen macroscopique, la tumeur présente tous les caractères de la malignité, l'utérus est beaucoup" plus gros que normalement, et l'opérateur fait une hystérectomie totale avec ablation des annexes de l’autre côté, qui sont le siège de phénomènes inflammatoires. L'acte opératoire fut assez bien supporté ; mais la malade ne tarda pas à succomber ».

À l’autopsie, on trouva dans le pôle supérieur du rein gauche une tumeur du volume du poing ; la capsule surrénale gauche était normale de siège et de volume,

Les deux tumeurs, rénale et ovarienne, étaient des hypernéphromes : elles.étaient formées de tissu cortico-surrénal.

Chez la malade faisant l’objet de l'observation 1, on remarque tous les symptômes que nous avons relatés dans l'observation présentée au-début de la présente étude (obésité, suppression des menstrues, hypertrichose). |

Les observations IT et IIT semblent indiquer que l'obésité peut être la conséquence essentielle des tumeurs de la cortico-surrénale ; les autres symptômes sont absents ou peu marqués ; notamment, on ne parle pas de l’hypertrichose.

Conclusions

L. Surtout chez la femme, une obésité importante peut résulter d'une tumeur cancéreuse développée aux dépens de la zone corticale d’une des capsules . surrénales.

Il. Cette obésité, associée à la cessation des règles et au développement exagéré du système pileux qui prend le type masculin, constitue un syndrome de virilisme. |

UT. Ce syndrome permet, à lui seul, de soupçon-

ner l'existence d’une tumeur surrénale.

IV. Il aboutit rapidement à la mort qui est encore hâtée par des métastases particulièrement nombreuses au niveau du foie et du poumon. Le pronostic est donc fatal et à brève échéance.

V. La pathogénie du virilisme surrénal est discutable. La tumeur cortico-surrénale exerce une action certaine sur les ovaires et une influence probable sur les autres glandes endocrines.

Il n’est pas possible, à l'heure actuelle, de dire si le syndrome de virilisme surrénal est produit &i-

5 Cou.

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