OBSERVATION V
(Estor. — XV: Congrès de chirurgie. Paris, 1902, p. 710)
Un cas de torsion du cordon spermatique.
Le malade, âgé de Î4 ans, appartient à une famille dont la santé est bonne. Nous trouvons, dans ses antécédents personnels, une broncho-pneumontie à 6 ans, et un abeès de l'aisselle à l'âge de 4 ans, abcès sur lequel on n'a pu nous donner aucun renseignement précis.
Au moment de son entrée à l’hôpital, le 17 mars 1902, il nous raconte que, depuis un an, il s'est aperçu que la moitié gauche du scrotum était plus volumineuse que la droite. Il a de plus nettement remarqué que le développement de la tumeur, qui, dans le courant de lannée, a notablement äugmenté de volume, s'est fait par poussées successives. Mais, ne souffrant que modérément et à de certaines périodes, il ne s’est jusqu'à ces derniers temps que peu préoccupé de son état.
Le 15 mars, il a ressenti brusquement, dans la bourse gauche, une vive douleur, qui la obligé à s'aliter, et, sur le soir, il a eu quelques nausées et un vomissement. La souffrance persiste très intense pendant les jours suivants, mais le neuvième jour, quoique la tuméfaction fût considérable, la douleur diminua notablement.
Le 27 mars 1902 nous trouvons, dans le scrotum et à gauche, une tumeur du volume d’un œuf de dinde, bien limitée en haut et ne se prolongeant pas dans la région inguinale, Tumeur dure, peu douloureuse à la pression
et adhérente au scrotum dans sa moitié antérieure. Le cordon spermatique gauche est volumineux; le canal déférent plus induré et plus épais que celui du côté droit. Le testicule droit ainsi que la prostate ne présentent aucune lésion. Les viscères fonctionnent normalement. L'état général est assez bon.
Le 28 mars 1902 ?, après anesthésie générale à léther, on fait, sur toute la hauteur de la tumeur, une incision antérieure el parallèle à son grand axe. La peau incisée, on ne reconnait aucun des plans qui conslituent le scrotum; lon rencontre un tissu blanc -scléreux qui s'étend depuis la peau jusqu'au testicule. Il n’exfste plus de cavité vaginale: la symphyse entre les deux feuillets de la séreuse est totale. Celle-ci, dont lépaisseur atteint en certains points un centimètre et demi, est formée de plusieurs couches successives el concéntriques.
Après l'avoir décortiqué sur une certaine étendue, nous incisons le testicule, dont la consistance est presque normale el dont la surface très irrégulière, ne présente aucun nodule tubereuleux ou néoplasique. Nous sommes frappé alors par la couleur de son parenchyme, qui est d’un rouge brun très foncé contrastant avec la couleur claire des lissus sous-jacents. À la section, il s'écoule en très faible quantité un liquide noir et poisseux. Le testicule est le siège d’un processus hémorragique interstitiel, surtout intense à sa partie centrale, et qui transforme le tissu testiculaire en un. caillot noir. Si lon examine la périphérie de l'organe, en particulier au niveau de sa partie postérieure, on constale que l’hémorragie est moins massive et permet de reconnailre d’abord vaguement, puis très netlement, le
tissu propre du testicule. C’est une Véritable *PARIeNe testiculaire.
Nous enlevons le testicule, l'épididyme, la vaginale et toute la portion de la peau adhérente après section du cordon en un point situé à ? centimètres environ au-dessus de lorifice inguinal “externe. La plaie est suturée sur loute son étendue, après une hémostase minutieuse. Elle s'est rapidement cicatrisée.
En disséquant la pièce, nous constatons que lépididyme, d'aspect normal, ne présente pas à la coupe la même coloralion que le testicule. Sa consistance el. sa couleur sont normales Poursuivant vers en haut la dissection, nous trouvons! en rapport avec la partie antérieure du éordon à moins d’un centimètre au-dessus de sa limite inférieure, dans la portion qui est recouverte par la tunique vaginale, une bride fibreuse très nette, en arrière de laquelle on aperçoit les. éléments du cordon, tordus en spire autour de son axe vérlical. Il ne s'agit nullement d'un étranglement par coudure, mais d’une -Lorsion comparable au volvulus intestinal.
ne me parait pas possible de traduire. cel enroulement funiculaire par un chiffre indiquant un nombre exact de degrés. Une pareille évaluation serait sans doute très approximative, et, dans lé cas particulier, la . formule mathématique n'impliquerait pas l'exactitude. Qu'il me suffise d'affirmer que la lorsion, très manifeste, était au moins égale à un tour de spire complet. Elle n'a pas intéressé le cordon en lotalité: ses éléments ont été divisés en deux groupes : un antérieur, formé par les deux tiers au moins: un postérieur. Ce dernier, constitué par le canal déférent et les veines qui l'accompagnent, n'était pas compris dans le volvulus. Au-dessus de l’étranglement, la éoloration du cordon est
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sensiblement normale ; au-dessous, il présente la teinte . asphyxique. Il est rempli de sang coagulé, et de petites veines thrombosées s'enroulent et serpentent à sa surface.
L'examen histologique de la pièce, fait par M. le professeur Bose, n'a pas permis de trouver des lésions tuberculeuses. Nulle part, malgré l'abondance des foyers embryonnaires périvasculaires, nous n'avons pu constater de lésion réellement tuberculeuse,