ANATOMIE PATHOLOGIQUE
À l'examen du malade, les bourses sont en général rouges, tendues, æœdémaliées, donnant l'impression d’un processus inflammatoire aigu. Très fréquemment la
, vaginale est fortement épaissie, comme l'ont constaté Sasse, Nano, Macaigne et Vanverts. Généralement elle renferme dans sa cavité une quantité plus ou moins considérable de liquide parfois jaune, plus fréquemment séro-sanguinolent, où nagent des caillots sanguins. Dans d'autres cas cependant, et il semble que ce sont surtout les cas à évolution lente, avec rechutes entrecoupées de rémissions, comme celui d'Estor, la cavité. de la vaginale a disparu par accolement des deux feuillets. Les parois de la séreuse sont ordinairement sombres, noirâtres, parsemées de taches ecchymotiques.
La torsion s'effectue en général sur le cordon. Audessus, celui-ci conserve son apparence normale. Plus bas, des sillons en hélice lui donnent l'aspect d'un cor-
od
don io et sont le témoignage de l'existence d’un volvulus. Parfois un processus d'adhérence entre les divers sillons fixe la déformation, d’autres fois la détorsion est facile. Enfin Barozzi rapporte une observation où la striction était telle qu'elle avait produit la nécrose et le rupture du cordon à ce niveau.
Mais c'est au-dessous de la région étra nglée que le cordon présente les altérations anatomiques les plus importantes. Extrémement augmenté de volume, noirâtre, infiltré de sérosité, ses artères sont gorgées de sang ; ses veines, parfois thrombosées, ont été en cerlains cas trouvées intactes. |
Le testicule est aussi le siège de lésigns considérables. Généralement il est augmenté de volume. De couleur rouge foncé ou violacé dans la plupart des cas, il est quelquefois terne ou grisâtre. Ordinairement lalbuginée est intacte ; elle présente fréqueniment des plaques de sphacèle ou des zones ecchymotiques. :
A la coupe, une sérosité rouge ou noirâtre s'écoule, et on constate qu'il existe dans le parenchye de la glande des infarctus, réalisant en somme une véritable apoplexie lesticulaire.
D'ordinaire lépididyme présenté des altérations sem- | blables: même augmentation de volume, et même aspect ecchymotique. Cependant, dans certains cas comme celui d'Estor, il peut échapper aux troubles circulatoires, et conserver son aspect normal.
Telles sont les lésions anatomo-pathologiques, rencontrées en général chez l'homme. On peut se demander quelle est leur évolution ultérieure si l'on n'intervient pas.
Parfois la So se réduit spontanément et le est cule.ne semble point trop en souffrir, si l'interruption
De one de la circulation n'a PAS été de trop longue durée. Enderlén a constaté qu’une ligature du cordon n'avait aucune influence fâcheuse sur la vitalité de la glande séminale pendant les dix premières heures: cette affirmation paraît toutefois exagérée.
Cependant, après une première crise de lorsion réduite spontanément, des récidives peuvent se produire et leur fréquence n'est pas sans influer sur le testicule, qui est fréquemment plus petit que jui du côté sain, comme l'a signalé Perry.
Mais, si la réduction cpotilanes ou opéraloire n'intervient pas en temps utile, la glande séminale est perdue. Chauveau a étudié ce processus. En l'absence d’une
infection générale de l'individu, il se produit une nécro-
: biose aseptique du testicule qui se greffe sur ses enveloppes, sans que des vaisseaux émanés de celles-ci puissent rétablir la circulation dans la glande. Ultérieurement on assiste à l’atrophie progressive de la glande qui est'enfin réduite à un minuscule noyau fibreux. Au contraire, dans les cas où le foyer apoplectique s'infecte, soit que le sujet ait présenté une infection générale antérieure, soit que des germes virulents aient été amenés 1n loco par un acte opératoire, alors évolue une gangrène septique du testicule. Cette infection peut aussi,
- dans des cas de hernie concomitante, être due au voisi-
nage de l'intestin. On a incriminé un étranglement herniaire passager à la faveur duquel les germes de la cavité intestinale viendraient ensemencer la lésion testiculaire (Keen et Bevan).
Au point de vue histologique, le cordon présente, en général, des lésions considérables de congestion. Le
canal spermatique peut être rempli de sang, et son épithélium desquame fréquemment.
An niveau du testicule, l’albuginée est d'ordinaire épaissie et infiltrée de sang. Des suffusions sanguines. se rencontrent à sa face profonde. Lé tissu conjonctif est dissocié par l’épanchement hématique ; les veines sont largement dilatées, parfois thrombosées.
Les tubes séminifères sont généralement aplatis, coniprimés par lépanchement sanguin, parfois même complètement dissociés. Les éléments nobles sônt en voie de: dégénérescence, et on ne rencontre point de spermatozoïdes. |
Au niveau de l’épididyme, lésions histologiques de même ordre : distension du tissu conjonclüf par lhémorragie, Compression des canaux épididymaires qui dégénèrent et parfois deviennent méconnaissables, « et se présentent sous forme d’amas cellulaires tassés les uns contre les autres et limités par une paroi musculaire fine » (Tuffier). RE
Uttérieurement, dans les cas de nécrobiose aseptique, on assiste à l’évolution d’un double processus : dégénérescence granulo-graisseuse de tout le parenchyme, et prolifération conjonctive qui enserre el élouffe les élé-
ments nobles.