‹ Contribution à l'étude et au Traitement du Diastasis Tibio-Péronier dans les Fractures Récentes Fermées du cou-de-piedChapitre 16 sur 24 · DA · texte numérisé non relu

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ou en le mettant en adduction, en hypercorrection pour corriger le valgus qui est habituel dans le diastasis.

Réduction.

Le malade est anesthésié au chloroforme, à l’éther ou à la rachianesthésie, de facon à obtenir le relâchement musculaire complet et la suppression de la douleur.

Certains chirurgiens, en particulier le professeur Bégouin, conseillent, avant d’endormir le malade, de tenter la réduction sans anesthésie, en mettant la hanche et le genou en flexion à l’angle droit, pour relâcher les muscles. Quand on peut obtenir cette collaboration d’un malade docile, on a l’avantage d’être prévenu parfois par le blessé lui-même du moment où il sent se réduire le déplacement.

Les manœuvres de réduction sont classiques :

Un aide immobilise la jambe blessée; le chirurgien se place en face du pied malade, empaume le talon avec les deux mains, il exerce une traction assez forte en avant et un peu en haut, comme s'il faisait le «geste d'enlever une chaussure » (Destot).

On reconnaît que la réduction est faite, lorsqu'on entend un pelit craquement qui indique que l’astragale a repris sa place normale. Pour maintenir la réduction, deux méthodes ont en présence :

1° Réduction en hypercorreclion (Tanton, Parcelier, Bovier). — On fait exécuter au pied un mouvement d’adduction, avec rotation interne de façon que la plante regarde en dedans. Avant de poser le plâtre, beaucoup de chirurgiens appliquent sur le cou-de-pied une bande d’Esmarch qui a l'avantage de réduire les malléoles et de diminuer l’œdème. Cette bande est laissée en place pendant une dizaine de minutes: puis, on la retire et on met une botte plâtrée, en conservant toujours le pied en varus. Pendant la dessiccation du p'âtre, il est bon de maintenir serrées les malléoles pour que le diastasis ne se reproduise pas pendant l'opération.

2° Réduclion en posilion analomique (Loule-Delchef). — Certains auteurs prétendent que l’hypercorrection occasionne à la sortie du plâtre des raideurs articulaires avec,

pendant un certain temps, gêne de la marche. Aussi maintiennent-ils la réduction en mettant le pied dans sa position normale, c’est-à-dire faisant un angle à peu près droit avec la jambe. Mais dans ce cas pour maintenir Lien réduit le diastasis, il faut que les surfaces articulaires péronéo-tibiales soient bien en contact au moment où on applique les attelles ou la botte plâtrée. La constriction manuelle des malléoles pendant la dessiccation du plâtre doit être assez forte pour maintenir le resserrement de ia mortaise péronéo-tibiale. Au lieu de cette constriction manuelle, souvent insuffisante, des chirurgiens emploient certains appareils qui exercent une force beaucoup plus considérable tels que le serre-joints, en fer ou sergent des menuisiers (Loute) ou un davier de Lambotte.

La réduction une fois accomplie, quelle soit en hypercorrection ou en position normale, doit-on immobiliser le blessé ou, au contraire, faut-il le faire marcher ? ce sont deux opinions qui ont chacune leurs partisans.

Immobilisalion (Bouroullec, Bovier, Parcelier).

C’est la plus ancienne méthode qui possède encore beaucoup de partisans. Dans le service du docteur Parcelier toutes les fractures avec diastasis sont immobilisées pendant deux mois environ dans une botte plâtrée. Ensuite on fait de la mobilisation progressive et des massages. Quelques jours après l’ablation du plâtre le malade commence à marcher.

Bouroullec immobilise pendant deux à trois semaines dans une gouttière plâtrée de Maisonneuve, de Quénu ou autre; puis, au bout de trois semaines environ, il enlève la gouttière et applique au blessé un appareil de marche de Delbet qui sera enlevé vers la cinq ou sixième semaine.

Méthode ambulaloire (Loule-Delchef).

Certains chirurgiens maintiennent la réduction dans un appareil de marche de Delbet et font marcher leurs blessés dès que la dessiccation du plâtre est terminée. Cet appareil

est laissé en place en général un mois et demi. Après l’ablation du plâtre, on peut faire des massages et de la thermothtrapie. Parfois Delchef applique sur le membre une botte à la colle pendant huit jours.

Quel que soit le traitement orthopédique employé on devra surveiller les blessés d’une façon régulière et attentive. On fera toujours une radiographie de contrôle aussitôt après la réduction et une autre radiographie quelque temps après l’ablation du plâtre. Après quelques jours d'application du plâtre on devra se rendre compte de la bonne contention des fragments; si le plâtre devient trop lâche par suite de la disparition du gonflement et de la tuméfaction on devra l'enlever et en mettre un autre.

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