‹ Contribution à l'Étude Expérimentale de l'Opération de Dévascularisation gastriqueChapitre 22 sur 32 · C) DOSAGES · texte numérisé non relu

C) DOSAGES

On a étudié la sécrétion gastrique de ces animaux avant et après l'opération de dévascularisation. Nous notons chez eux la quantité de suc sécrété et son aspect macroscopique après différents repas (pain, lait, viande) ou après injection de drogues agissant sur la sécrétion gastrique (insuline, histamine, prostigmine).

Pour chaque échantillon de suc, on mesure l'acidité libre et l'acidité totale suivant la méthode de LINOSSIER (1).

On mesure ensuite le pouvoir peptique de ce suc suivant trois méthodes :

a) La méthode des tubes de METT [391].

Technique :

La partie liquide du blanc d'œuf est aspirée dans des tubes capillaires de 2 em. qu’on porte à ébullition. On place trois de ces tubes dans 5 cc. de suc gastrique additionné de 20 à 30 cc. d’une solution de CI1H. à 4 p. 1.000 et on porte le tout 24 heures dans une étuve à 37°. On mesure au bout de chadun des tubes la partie d’ovalbumine digérée et on fait la moyenne. Les mesures se font en millimètres. On sait d’après BORRISSOW que les longueurs d’albumine digérée croissent comme les racines carrées des quantités de pepsine contenues dans le liquide digestif. On peut exprimer

la teneur en pepsine d’un suc gastrique par un nombre représentant le carré de la longueur de l’albumine digérée en 24 heures à 37 ou plus simplement par les longueurs de tube digérées.

b) La méthode chimique du Professeur VALDIGUIE [52]. Technique :

1. Mesure des polypeptides présents dans le suc gastrique : On prend 0,25 cc. de suc et 0,25 cc. d’eau distillée. On ajoute à ces 0,50 cc. 2 cc. de solution saturée de sulfate d’ammoniaque. 11 se produit un précipité de polypeptide qu’on

(1) Méthode de LINOSSIER : À 5 cc. de suc gastrique, on ajoute deux gouttes du réactif de LINOSSIER. On obtient une coloration rouge. À l’aide d’une burette remplie d’une solution décinormale de soude et graduée de.0 à 25 cc., on décolore ce suc (le rouge devient jaune orangé). On lit sur la burette la quantité de soude nécessaire à la décoloration : on a ainsi l'acidité libre.

Pour avoir l’acidité totale, on note la quantité de soude nécescaire pour recclorer ce suc qui redevient rouge violacé.

1 libre et l'acidité totale s'expriment en grammes d'Hel. D. :

vs Des

compare aux précipités de la gamme MESTREZAT. On a un chiffre « n ».

2. Mesure des polypeptides libérés par l’action du suc gastrique sur l’ovalbumine : On prend 2 grammes d’ovalbumine coagulée, on ajoute 10 cc. de suc et 10 cc. de solution de CIH. à 4 p. 1.C00. On laisse 12 heures à l’étuve. On prélève ensuite 0.25 cc. de ce filtrat auxquels on ajoute 0,25 cc. d’eau distillée et 2 cc. de solution de sulfate d’ammoniaque. Un précipité se forme qui, par comparaison à l'échelle de MESTREZAT, donne une valeur « n° ».

Le pouvoir peptique, exprimé en grammes d’ovalbumine pD'M00NestdonnétnEen"

c) La méthode hémolytique de LOEPER et BINET [361.

Technique :

On centrifuge quelques gouttes de sang de chien en solution dans quelques centimètres cubes de sérum physiologique. On aspire le culot de centrifugation représenté par les globules et on porte deux à trois gouttes de ce culot dans un tube à hémolyse contenant une solution de 3 cc. de sérum physiologique et 1 cc. de suc à étudier. La coloration, d’abord rouge, va virer à la teinte cognac-brune quand l’hémolyse se produit. Le temps au bout duquel cette hémolyse se produit est fonction de l’activité du suc gastrique.

Un suc très actif hémolyse en cinq minutes.

Un suc peu actif hémolyse en vingt minutes.

2) RESULTATS Ayant décrit les divers types d'intervention pratiqués, il convient de rapporter maintenant les résultats obtenus dans chaque cas.

PREMIERE SERIE Chiens « neufs » (non opérés auparavant).

1° Chez quatre chiens, on a étudié d’abord l'effet des ligatures de tous les vaisseaux de la région antro-pylorique :

On a constaté dans tous les cas à l'intervention et immédiatement après les ligatures que le territoire gastrique correspondant se contracte et se cyanose. Ces chiens sont morts deux ou trois jours après l’opération. À l’autopsie, l'estomac est rigide, plus ou moins infarci,; il existe de plus un cer-

tain degré de nécrose paragastriaue et un infarcissement épiploïque.

2° Chez quatre autres chiens, tous les vaisseaux de la région fundique ont été ligaturés :

— ligature de la coronaire stomachique et de ses branches le long de la portion verticale de la petite courbure ;

— ligature des vaisseaux courts venant du pédicule splénique ;

— ligatures le long de la grande courbure jusqu’à la gastro-épiploïque droite.

L'ensemble de ces ligatures réalise à peu près l’opération

dite standard de SOMERVELL.

Les quatre chiens ainsi opérés ont eu des suites opératoires excellentes ; ils ont conservé un très bon anpétit et une santé normale.

Ils furent sacrifiés au bout d’un temps variant de quinze jours à six mois après l'intervention.

Pendant ce temps, plusieurs tubages gastriques ont été pratiqués chez eux (tubage à jeun après injection d’un demimilligramme d’histamine sous la peau).

Le suc ainsi recueilli a toujours été, même après un recul de plusieurs mois, un suc très épais, très muqueux, de consistance visqueuse, parfois presque gélatineuse.

Les quantités recueillies chaque fois sont très faibles, même lorsque l’on utilise l’histamine comme agent excitosécrétoire; elles varient de 2 à 25 cc. Nous avons établi les moyennes des résultats des dosages d’acidité effectués pour chaque échantillon de suc.

Ces chiffres montrent une forte diminution des acidités libre et totale, ainsi qu'une forte baisse du pouvoir peptique:

Moyennes obtenues (14 déterminations)

— Acidité libre : 1,24 gr. d’Hcl. p. 1.000.

— Acidité totale: 19 gr. d'Hcl p.-1.000.

— Pouvoir peptique (mesuré aux tubes de METT) : 1,4 mm. à chaque extrémité.

(1) Il est à noter que par des tubages pratiqués chez les chiens normaux, nous avons établi que l'acidité libre varie autour de 3 grammes d’Hecl. p. 1090 et l'acidité totale autour de 4 grammes d'Hcl. p. 1.000.

Le suc gastrique du chien est plus acide que celui de l’homme.

— Pouvoir peptique (mesuré par la méthode chimi- CEMENUESE

À l’autopsie de ces chiens, nous avons observé dans tous leS cas un estomac pâle, petit, rétracté, présentant des zones d'aspect scléreux, cicatriciel. Il existe de nombreuses adhérences : du côté de la petite courbure, le foie vient s’appliquer contre elle; sur la grande courbure, l’arcade artérielle gastro-épiploïque et ses branches ont disparu, seules persistent quelques artères filiformes; le grand épiploon et le mesogastrosplénique infiltrés de graisse viennent s'appliquer intimement contre elle. Dans deux cas, la rate, elle-même atrophiée et scléreuse, a suivi son meso et son pôle supérieur vient adhérer à la partie médiane de la grosse tubérosité.

La muqueuse gastrique paraît macroscopiquement notrmale.

L'examen histologique — D’ PLANEL (1) — a montré dans tous les cas une tunique gastrique de structure sensiblement normale; cependant au niveau des glandes fundiques, les cellules bordantes présentent de façon presque constante un noyau petit, recroquevillé, d’allure pycnotique. De plus, ces cellules sont relativement moins nombreuses que dans la muqueuse gastrique d’un animal témoin. L’architecture glandulaire est cependant conservée.

Nous discuterons ces résultats dans un chapitre ultérieur.

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