INTERPRÉTATION ET CONCLUSIONS
De nos expériences sur les réactions humorales des animaux soumis à des injections d'eau de Choussy-Perrière, nous pouvons conclure que, même à dose relativement très forte, l’eau de La Bourboule n'apporte aucun trouble humoral. Nous avons étudié chez des lapins la fonction glycogénique par l'étude de la glycémie ; a fonction uropoïétique par celle de l’urée du sang et de l’urée de l’urine et nous n'avons constaté que des variations insignifiantes.
Si nous rapprochons ces résultats de ceux que nous avons trouvés dans la première partie de notre travail sur l’'organotropie viscérale de l’arsenic hydrominéral de La Bourboule, nous voyons qu’il y a entre eux une concordance absolue. D'une part nous constatons que l’arsenic contenu dans l’eau de la source Choussy-Perrière, quoique se répandant largement dans l'organisme, n’a aucune tendance à s’y accumuler; d'autre part, les tests de modifications des fonctions du foie, que nous avons recherchés, nous montrent que l’arsenic hydrominéral ne trouble en aucune manière le fonctionnement hépatique
Les doses assez fortes d'eau minérale arsénicale administrées à nos animaux n'ont jamais amené de manifestations cliniques d’un trouble hépatique, ce qui vient ainsi à l'appui des travaux expérimentaux de Brircarn, de FLEIG, de FERREYROLLES.
Au point de vue de l’action des eaux minérales de La Bourboule, sur les échanges nutritifs, nous avons constaté, comme l'avait déjà vu FLriG, Gasrou et FERREY- ROLLES, DAUPEROUX ou SAUZET, une augmentation notable du poids des animaux soumis au traitement hydrominéral ; mais nous n'avons pas vu, comme ces auteurs, une élévation du taux de l'élimination uréique.
L'élévation du taux de l’urée dans l’urine chez nos animaux a été faible mais nous avons vu une remarquable régularisation de celte élimination de l’urée. Ce fait, déjà noté par VERDALLE et par SAUZET dans sa thèse, nous semble d’une importance capitale ; l’eau de La Bourboule tend à rectifier l'élimination uréique dans le sens du taux normal. Ceci nous explique pourquoi dans certaines de nos expériences nous n'avons trouvé que de faibles variations et nous confirme ce que nous disait souvent notre Maître, M. le Professeur Préry, qu'au point de vue expérimental, les observations sont plus délicates à interpréter chez un animal sain et qu’il faudrait, pour se rendre compte plus aisément de leurs effets, étudier l’action des eaux minérales chez des animaux malades.
Nous espérons, en présentant ces résultats, que nous aurions voulu plus complets, avoir contribué, dans le domaine expérimental, à étudier le mécanisme d'action thérapeutique des eaux de La Bourboule et à en dégager leurs indications rationnelles.