VILLETTE-SUR-AIN
Fontaine Brona.
Nous n’aurions jamais eu l’idée d’analyser l’eau de la fontaine Brona si l’abbé Marchand n’avait pas écrit son livre : « Etudes archéologiques du département de l’Ain ». Tous ceux qui s’occupent d’érudition locale, tous ceux qui aiment les vestiges du passé, nous ont parlé de la fontaine miraculeuse.
Citons l’abbé Marchand : « Le culte de la fontaine de Brona se rattache aux traditions rituéliques de la Gaule. Nous avons dit que le nom justifie ce sentiment. Nous en voyons aussi la preuve dans l’enseignement religieux des druides. Spiritualiste dans son essence, cet enseignement habituait l'imagination naïve du Gaulois à percevoir, dans toutes les manifestations de la nature, un agent bon ou mauvais, invisible et supranaturel. Enfin, « chaque source, chaque fontaine avait son génie topique, son dieu protecteur ». C’est lui qui communiquait aux eaux leurs propriétés divines. Les fontaines sacrées guérissaient : les unes de la fièvre, les autres de la teigne ou des coliques.
Le druide ne manquait jamais d'envoyer en pélerinage aux fontaines et, souvent, à de grandes distances, ceux dont les maladies se montraient rebelles à leurs incantations.
Ce tableau est une page vivante de lhistoire de Brona aux temps celtiques.
Le culte des fontaines avait son principe dans la vertu des eaux, dont on avait, par expérience, reconnu l'efficacité.
Les eaux de Brona jouissent de propriétés thérapeutiques spéciales. C’est un fait. La fontaine se montre à mi-coteau. « Ni chemin, ni sentier n’y conduisent; pour la trouver, il faut la foi ou un guide. Un petit vallon tout vert, des préaux en pente, des bosquets, un ruisseau; des oiseaux, pas d'hommes, pas de maison. En montant un peu à gauche, on aperçoit un petit creux plein d’eau, au pied d’une berge; c’est là. >» C’est un creux, en effet, de 0,80 de profondeur et 0,60 de diamètre. Il s’ouvre dans les marnes bleuâtres du pliocène inférieur, qui forme le sous-sol de la Cotière et l’eau sourd au fond d’où elle remonte à la surface.
On leur attribue quelques propriétés médicinales. De la région environnante, du plateau de la Dombes on y a recours, et de fort loin parfois. Elles ne possèdent qu'à un faible degré la faculté de guérir. Seules les maladies d’enfants, convulsions, carreau et maladies intestinales sont avantageusement traitées par leur application. La violence du mal torturet-elle un de ces petits êtres, la mère court à la fontaine. Elle en rapporte un vase plein d’eau et en humecte un linge que tout ruisselant, elle applique sur le siège du mal. Le plus souvent l’enfant recouvre la santé. Il n’est pas rare de voir des linges, suspendus aux arbrisseaux voisins, corsets, chemisettes, bas ou
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langes. C’est la reconnaissance qui les a déposés là; ils attestent des guérisons. »
Ainsi s'exprime l’abbé Marchand.
Pour nous, l’âme remplie de souvenirs du passé, nous avons fait ce prélèvement avec l’enthousiasme du chercheur. Guidé par le fermier du château de Gravagneux, nous sommes allés à la source. Des ruines, une vierge à terre, une grille, et un peu d’eau marécageuse : c’est là, la fontaine sacrée. C’est une première déception.
La source étant à sec, nous avons prélevé l’eau dans le déversoir qui se trouve tout près.
Voici les résultats de l’analyse que nous avons faite le 10 avril 1933 :
Température .de l’atmosphères . 1." 16°7 Témpérature’ de Léa ee 98 Incolore, limpide, saveur agréable, odeur nulle. Degréthydrotimetrique total eee rm 18° Degré hydrotimétrique permanent ........ 2,5 AlCalnité {totale MIS ET SRE Ne 360 Alcakinité” permanente ERREURS 65 Résidu: sec A ATOM PORTA RER 440 Perte ati Fouse ENT a OR EME 40 Chlorures’en CINa mere RENTE 29,25 sulfates en: SOS RE SN > 50 HStétisuliutes 11e rt AR EN EER néant AZOTeRMMOMACAI AE REP AE ONAREe 0,06 Azotelalbuminoider:tr Re ee 0,06 Nitrites 21 TERRE à 20 AVC NT IR RER néant
Nitratés 22e en Rs on 14,25
Matières organiques en milieu acide ...... 2,8 Matières organiques en milieu alcalin ..... 1,8 Conclusions. — Ces eaux sont riches en matières
organiques, il faut songer cependant que notre prélèvement a été fait sur une eau stagnante. Ces matières organiques sont d’origine végétale, par suite inoffensives.
En résumé cette eau est potable, sans être très pure.
Quand aux éléments thérapeutiques merveilleux qui auraient motivé le culte de Brona, nous n’en trouvons pas trace.