IV. HISTOIRE
La région de la vallée de l'Ain a été habitée dès les temps les plus reculés. Elle est riche en vestiges des hommes préhistoriques. Au cours de nos déplacements il nous a été loisible d’admirer les sites témoins de la vie des premiers hommes qui habitèrent notre contrée. |
La présence de l’homme à l’époque paléolithique ! c’est-à-dire à l’époque de la pierre taillée est aujourd’hui bien établie.
L’abri sous roche de la Colombière, entre Neuville et Poncin, à 23 m. au-dessus du niveau actuel de la rivière, a séduit les collectionneurs. M. Pissot, digne représentant de notre profession à Poncin, y a fait des découvertes fort intéressantes. Il a mis en évidence la présence d’objets témoins de la période magdalénienne : lames, perçoirs, burins, rabots, rachoirs, etc. en silex, et de l’époque aurignacienne correspondant au niveau D de la grotte.
Là, nombreuses sont les œuvres des graveurs aurignaciens. Sur les galets calcaires sont habilement dessinés des figures de chamois, cerf, félidé, rhinocéros, bœuf, cheval, renne, ours.
Il faut examiner ces galets pour admirer les mer-
(1) Voici par ordre d’ancienneté la succession des diverses pé-
riodes paléolithiques : 1° Acheuléenne, 2° Moustérienne, 3° So- Jutréenne, 4° Magdaléenne (E. CARTAILHAC, 1. C. p. 44).
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veilleuses aptitudes artistiques dont ont fait preuve les hommes paléolithiques et l’on sera bien vite convaincu qu’il y avait entre l’homme des cavernes et le sauvage de notre temps un fossé infranchissable.
Nous voilà bien loin de la sauvagerie que les anciens et certains modernes ‘attribuent libéralement aux chasseurs de rennes.
Puis, deux peuples historiques ont précédé les Gaulois dans l’Ain : les Ibères, puis les Ligures.
Le poète tragique Eschyle, au VE siècle avant notre ère, mentionne la présence des Ibères. Les Ligures leur succèdent un siècle plus tard, nous le savons de source certaine par ÂAristotet. C’est vers l’an 300 avant notre ère qu’arrivent les Gaulois dans la vallée de l’Ain?. C’est ainsi que l’époque gauloise succède à la préhistoire, des 2 âges de la pierre, à la protohistoire de l’âge de bronze, pour constituer le premier chapitre de l’histoire locale et nationale.
Lorsqu’en l’an 58 avant notre ère Jules César conquit la Gaule, le territoire de la Vallée de l’Ain était occupé par 2 peuplades gauloises. Dans la partie supérieure de la rivière les Séquanes habitaient tout le massif montagneux du Jura et la partie inférieure était occupée par les Séguviaves. L’invasion romaine a laissé suffisamment de traces dans notre région : à Izernore, Montréal, pour qu’il soit nécessaire d’insister. Après la décadence de Rome vint
(1) La nomenclature géographique de l’Ain porte les marques de l’occupation ligure, c’est ainsi que tous nos noms de lieux en ax, a, tels qu'Oyonnax, Nantua, sont des noms ligures.
(2) Izernore vient de Isarno-durum « la forteresse du Gaulois Isarnos ».
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l’époque des Burgondes. Notre département füt englobé tout entier dans le premier royaume de Bourgogne.
Après la conquête franque, la vallée de l’Aïn fut placée dant le lot du roi d'Orléans. Au cours de Ia période carolingienne et rodolphienne, le département de l’Ain, balloté de royaume en royaume, au hasard des partages, se trouve placé dans le lot de Charles-le-Chauve.
En 1032, notre pays passa sous la domination, plus
nominale que réelle, des empereurs d’Allemagne.
Âu commencement du XII: siècle, c’est-à-dire à ia période féodale, les régions de la vallée de lAïn, nous apparaissent divisées en un certain nombre de grands fiefs. La seigneurie de Coligny s’étendant le long et au couchant de la rivière d’Ain. Les seigneuries de Thoire-Villars, de Miribel, Montluel, la terre de Nantua, passèrent sous la domination de la Maison de Savoie. Tous ces fiefs ne furent réunis définitivement à la France que sous Henri IV, par le traité de Lyon du 17 janvier 1601.
A partir de ce moment l’histoire de la vallée de l’Aïin se confond avec celle de la nation.