‹ Contribution à l'Étude Morphologique du Poil du ChienChapitre 2 sur 23 · A MONSIEUR LE PROFESSEUR PETIT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE PROFESSEUR PETIT

Hommage de mes sentiments respectueux.

Introd uction

Sur la proposition de notre vénéré Maître, Monsieur le Professeur DECHAMBRE, nous avons commencé l'examen d'un point de Zootechnie qui ne présente pas, à première vue, un intérêt spéculatif direct : la morphologie générale du poil dans l’espèce canine. D: remarquables travaux ont été réalisés jusqu'ici au sujet de l’étude comparative des poils dans les diverses espèces animales, en particulier par les Docteurs BALTHAZARD et Marcelle LAMBERT et, actuellement, par Monsieur Edmond DECHAMBRE, Docteur-Vétérinaire, qui poursuit les mêmes recherches avec une activité remarquable. Qu'il veuille bien trouver ici l'expression de nos sincères remerciements pour les conseils dont il a eu l’obligeance de guider nos recherches. Nous sommes heureux d’avoir l’occasion de témoigner à tous nos maîtres de l'Ecole d’Alfort notre profonde reconnaissance pour les excellents enseignements et la sollicitude écairée avec lesquels ils ont conduit nos études. Nous voulons aussi remercier Monsieur le Professeur VALLÉE et son collaborateur, Monsieur RINJARD, pour le cordial accueil qu’ils nous ont sans cesse réservé au Laboratoire des Recherches. Nous n’oublierons jamais tous ceux qui ont dirigé nos premiers pas, puis nos débuts, dans la science et le monde vétérinaires.

Enfin, à notre cher Maître, Monsieur le Professeur DECHAMBRE, nous voudrions pouvoir exprimer notre sin-

cère reconnaissance pour la sollicitude affectususe dont il nous a entouré, pendant notre séjour de trois ans à son Laboratoire. Nous regrettons que sa maladie nous ait privé d’une partie de son excellent enscignement et nous sommes sincèrement heureux de le voir tout à fait rétabli.

Développement du poil

Le poil est une production de l’épiderme. Celui-ci émet d’abord un bourgeon plein, formé de cellules de la couche de Malpighi. Ce bourgeon s'enfonce de plus en plus dans la profondeur du derme, et s’étire progressivement jusqu’à affecter la forme d’une poire; il devient alors le follicule pileux, renflé à sa base et plus étroit à sa partie supérieure.

Au contact de sa partie profonde, les éléments mésodermiques sous-jacents se condensent en une petite masse qui déprime le fond du follicule et « fait saillie en lui comme le fond d’une bouteille en la cavité de celle-ci » (Mathias Duval) ; cette saillie est la papille du poil, qui va se développer dans le follicule.

Les cellules malpighiennes ou folliculaires subissent alors une différenciation; les cellules les plus externes ne varient pas; elles forment une partie de revêtement, la gaine épithéliale externe : les couches centrales évoluent, à partir de la papille, vers la production d’un corps conique, limité par une couche cellulaire formant la gaine épithéliale interne en continuité, à sa base, avec la gaîne épithéliale externe, globulzux à sa partie inférieure, qui deviendra le bulbe du poil, et plus effilé à sa partie supérieure, la pointe du poil définitif.

La glande sébacée qui s’est développée simultanément au niveau du collet du follicule, commence à fonctionner, et sécrète une graisse qui facilitera le glissement du poil dans sa sortie à travers l’épiderme.

La prolifération cellulaire se poursuit de la profondeur vers la surface: les cellules formant le poil proprement dit

se multiplient plus vite que celles qui constituent la gaîne épithéliale interne; celle-ci se trouve perforée par la pointe du poil et devint réduite à un manchon enveloppant la partie intra-épidermique du poil, doublé extérieurement par la gaîne épithéliale externe. La pointe du poil continue sa croissance, traverse l’épidirme et le poil achève sa poussée à l’air libre, jusqu’à sa longueur définitive.

Structure du poil

Le poil est implanté dans le follicule pileux, obliquement par rapport à l’épiderme ; il est pourvu d’un petit muscl: érecieur formé de fibres lisses, capable de dresser le poil et de soulever légèrement la peau en produisant le phénomène de l’horripilation ; une glande sébacé:, annexée au poil, déverse sur la tige son produit de sécrétion, qui lui donne une onctuosité particulière au toucher, et une souplesse nécessaire à sa parfaite vitalité. La papille 2st pénétrée par un riche réseau de capillaires, dont les branches se mélangent en forme d’anses; sur certains poils même, la vascularisation est abondante au point de former des lacs sanguins, par adaptation spéciale au sens du touch=r, comme on le constate dans les poils tactiles du museau du chien. Des filets nerveux abordent aussi le poil au-dessous de la glande sébacée, et l'entourent d’un réseau jusque sur les cellules de la gaîne épithéliale externe.

Le poil est donc une entité vivante, tout au moins dans sa partie interne, pourvue de nerfs, de vaisseaux, et jouissant de la faculté ds s’accroître; mais la partie extérieure, formant le poil proprement dit, n’est plus qu’un cadavre.

Le poil se présente sous l'aspect d’une tige fixe et al-

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