I. Animaux à sang froid
Grenouilles. — Les injections ont été faites dans le sac :ymphatique thoracique de grenouilles S ou © par la bouche et elles ont varié de 2 à 40 cgr. de phanodorme par kg.
Nous décrivons en détail l'expérience avec une dose très active mais non mortelle, c’est-à-dire 20 cgr. par kg.
Grenouille $, 72 gr. Le 29 février à 17 h. = injection de 1,44 ce. de solution à 1%, ; pendant les 4 premières minutes, il n’y a rien à noter.
17 h. 05 : La respiration hvoidienne qui a été préalablement de 90 par min. tombe à 68. L’attitude est encore normale ; placée sur l'assiette tournante la grenouille s'oriente ; elle cherche à fuir ; peu à peu la grenouille est moins vive, on ne peut cependant pas la mettre sur le dos, parfois encore elle cherche à se sauver.
17 h. 25 : la pupille commence à se rétrécir, la respiration hyoidienne continue à se ralentir et devient plus faible ; quant à la respiration abdominale, elle se ralentit en même temps qu'elle devient toujours plus irrégulière.
17 h. 35 : la grenouille se tient moins bien dans le bocal, elle se laisse glisser sur ses pattes, la tête se rapproche du sol.
17 h. 45 : elle ne fuit pas d'elle-même et beaucoup moins facilement quand on l’approche.
17 h. 50 : quand on la prend dans la main, elle ne se débat
que mollement, bientôt la spontanéité disparaît, donc environ 90 minutes après l'injection.
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Mise sur le dos, elle réussit encore à se retourner, non plus du premier coup, mais seulement après des efforts plus ou moins prolongés et d’une façon toujours plus inhabile. Les réflexes sont vifs, la pupille est rétrécie de moitié.
18 h. : l’animal se laisse mettre sur le dos, les membres ne sont plus ramenés vers le corps. La peau des régions thoracique et abdominale est rosée (nous trouvons ce caractère avec une grande fréquence chez les grenouilles injectées), la respiration hyoidienne tend à disparaître, la respiration abdominale n'existe plus.
18 h. 15 : le nez touche l'assiette, à ce moment, on constate des réflexes adaptés tels qu’on les trouve dans certains stades d'intoxication par la valériane (Mayor), le chloralose (Wiki) et certains autres hypnotiques (Wiki). Voici en quoi cela consiste : le pincement d’un doigt ne produit plus un mouvement de fuite, mais le retrait de la patte correspondante ; le pincement du flanc produit un mouvement de la patte correspondante qui essaye de repousser la pince. Le pincement de la région anale est suivi d’un mouvement des deux pattes pour essuyer la partie pincée. Une gouttelette d’acide acétique dilué mise sur la région frontale produit un mouvement d’un ou de deux bras qui viennent essuyer la partie irritée. Les réflexes de défense restent localisés, l'animal ne fuit plus.
Bientôt après, ces réflexes adaptés deviennent de moins en moins nets et diminuent de plus en plus pour disparaître finalement, l’animal est alors flasque.
18 h. 30 : La flaccidité est absolue, la pupille ponctiforme ; on peut étendre la patte postérieure sans que la grenouille réagisse. Très fortement pincé, l’animal ébauche quelques mouvements de défense à peine perceptibles.
19 h., soit 2 h. après l’injection, la grenouille est en état de mort apparente, mais le cœur bat régulièrement 48 fois par minute. Le lendemain matin, 1er mars, la grenouille n’a pas changé d’aspect, le cœur très affaibli bat 44 fois par minute. La coloration rosée du ventre et de la région thora-
cique est très marquée ; il n’y a plus que des traces de réflexes.
LS
Au début de l'après-midi, les battements du cœur sont inappréciables.
24 heures après l'injection, la grenouille semble morte, tous les réflexes sont abolis. Seul l'examen microscopique de la membrane interdigitale montre nettement la persistance de la circulation sanguine dans les capillaires.
40 heures après l'injection, soit le 2 mars au matin, la grenouille commence à se réveiller ; la pupille est moins étroite ; peu à peu, les réflexes réapparaissent, la grenouille ne se tient pas encore normalement, la tête touche le fond du bocal.
45 heures après l'injection les battements du cœur sont visibles, bientôt la respiration hyoidienne puis l'abdominale reprennent ; la pupille s’élargit notablement et la vivacité revient ; l’animal cherche à se sauver quand on l'approche.
48 heures après l'injection, la grenouille est vive comme en son état normal, la coloration rose a disparu dans les régions thoracique et abdominale.
En variant les doses nous avons pu établir ce qui suit :
2 et 3 cgr. par kg. se sont montrés inactifs, nous n'avons rien observé à l’œil nu.
4 et 6 cgr. par kg. peuvent être considérés comme les doses minima actives. Ces doses ont simplement produit un faible aplatissement de la grenouille, la vivacité a disparu, l’animal réussit cependant à se retourner sur l'assiette tournante avec peine, il est vrai, une heure après l'injection la spontanéité n’est pas perdue ; donc il n’y a pas de sommeil.
Avec 8 et 10 cgr. par kg. les grenouilles peuvent pendant tout le cours de l’action du médicament se retourner avec plus ou moins de peine. La spontanéité est très diminuée, la respiration hyoidienne un peu ralentie.
L'effet hypnotique est déjà plus marqué chez les grenouilles qui ont reçu 13 et 15 cgr. par kg., ce sont des doses moyennes. La respiration hyoidienne se ralentit passablement surtout avec la dose de 15 cgr. par kg. La pupille se rétrécit très notablement, les réflexes sont intacts, on voit apparaître
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des réflexes adaptés, peu à peu la spontanéité se perd. A aucun moment de l’action la grenouille n’est flasque, 3 heures après l'injection elle ne peut pas, malgré ses efforts, se retourner quand on la met sur le dos.
I y a une grande différence entre l’effet produit par 15 cgr. et celui produit par 20 cer. par kg., cette dernière dose étant déjà submortelle ; la zône maniable active nous paraît varier entre 8 ou 10 et 18 cgr. par kg.
Nous avons régulièrement constaté la mort de la grenouille à partir de 22 cgr. par kg. en un temps plus ou moins long, suivant que nous avons injecté 22, 25, 30, 35 ou 40 cer. par kg.
Protocole d'une expérience faite avec une dose mortelle.
Grenouille $ 65 gr. qui reçoit 35 cgr. par kg. donc 2.275 cc. de solution à 1%.
15 h., nous faisons l'injection. Peu à peu, la grenouille devient plus molle, elle se déprime rapidement, nous assistons à son aplatissement progressif.
17 h. 15, nous enregistrons l'abolition des réflexes, le cœur bat 32 fois par minute. Le lendemain matin, les battements du cœur ne sont plus visibles, seul l’examen microscopique décèle la circulation capillaire dans la membrane interdigitale.
24 heures après l'injection la circulation capillaire est notablement ralentie.
Le surlendemain de l'injection, la grenouille est morte, déjà raide, la mort remonte donc à plusieurs heures. L’autopsie macroscopique ne montre rien de spécial.
La mort a été plus rapide avec une dose de 40 cgr. par kg. L'expérience a été faite chez une grenouille S de 26 gr. qui a reçu 1,04 cc. de solution à 1%.
Une heure après l'injection, la flaccidité est complète.
1 h. 30 après l'injection, les respirations hyoidiennes et abdominales ainsi que les réflexes sont abolis, les battements du cœur sont encore visibles.
AA
La mort survient 13 à 14 heures après l'injection.
L'autopsie macroscopique n'indique rien de spécial, le cœur est arrêté en contracture.
Les doses de 20 et 22 cgr. par kg. peuvent être considérées comme submortelles ; de deux grenouilles ayant reçu 22 cgr., l’une est morte, l’autre après une intoxication très marquée s’est peu à peu rétablie ; pendant son sommeil, nous avons observé pour la première fois des secousses rappelant des convulsions.
Toxicité comparée à celle des autres barbituriques.
Voici le résultat d'expériences que M. le Professeur Wikr a bien voulu nous communiquer.
N. B. — La quantité du médicament s'entend par kg. de grenouille en gr.
Les injections ont été faites dans le sac lymphatique thoracique.
; Dose somnifère Dose mortelle Luminal-natrium. 0.05 0.40 à 0.45 Dial-natrium. 0.03 à 0.04 0.06 à 0,08 Ac. allylisopropyl-
barbiturique (546) 0.04 0.15 à 0.16 Véronal-natrium. 0.08 0.15
Voici les résultats pris dans Hefter I, page 448, qui sont bien différents de ceux obtenus par M. le Professeur Wiki.
Dose somnifère Dose mortelle Véronal 018 #00 1.0 à 1.60 Nirvanol 0.05 0.10 Luminal 0.15 —
Dial Æ au
FLury und ZERNIK : Zusammenstellung der toxischen und letalen Dosen für die Gebräuchlichsten Gifte und Versuchstieren, Emil Abderhalden Handbuch der biologischen arbeitsmethoden Lieferung 251 (1928).