‹ contribution a l'étude pharmacodynamique du phanodormeChapitre 59 sur 62 · ACCUMULATION. — ACCOUTUMANCE · texte numérisé non relu

ACCUMULATION. — ACCOUTUMANCE

Le phanodorme injecté journellement et pendant longtemps au cobaye fait naître à la fois des phénomènes d’accoutumance et d’accumulation.

L'un des cobayes supporte très bien 19 injections d’une dose de 8 cgr. par Kg., puis une de 14 cgr. par kg., dose mortelle et une de 17 cgr. par kg. Il succombe à une dose de 20 cgr. par kg.

L'examen histologique, fait très obligeamment par M. le professeur BUJARD, n'a pas montré de lésions typiques bien marquées, il y a donc ici une accoutumance assez nette.

Un autre cobaye succombe après 13 injections d’une dose de 7 cgr. par kg. Il était amaigri.

Un troisième cobaye succombe après 11 injections d’une dose de 9 cgr. par Kg.

Nous avons noté également un certain amaigrissement.

Dans ces deux derniers cas, il n’y a pas eu d’accoutumance mais bien au contraire de l’accumulation.

A l’autopsie, l'examen macroscopique n’a pas montré de signes d'inflammation aigüe des organes internes.

Il est regrettable que nous n'ayons pas fait examiner histologiquement les organes de ces cobayes. Peut-être la clef de l'énigme eüût-elle été trouvée ? Ces expériences mériteront d’être reprises.

Chez le lapin, lorsque l’on injecte sous la peau des doses semblables correspondant à la moitié ou un peu plus de la moitié de la dose mortelle, tous les jours ou tous les deux jours, l'accumulation du médicament est nulle, la même dose ne produisant d'effets augmentés ni quant à l'intensité, ni quant à la durée.

L'accoutumance de son côté est presque nulle ; en effet, le sommeil reste à peu près le même pendant toute la durée de l'expérience.

Lorsque la dose mortelle est à peine dépassée, le lapin se rétablit après son sommeil, mais si la dose injectée dépasse de 25% la dose mortelle chez l’un des lapins et de 40%, chez l’autre, l'animal succombe en quelques heures.

Tandis que nous avons noté deux fois un amaigrissement des cobayes, nous avons enregistré chez les lapins une légère augmentation de poids. Ce caractère semble nous autoriser à dire que le lapin supporte mieux le phanodorme que le cobaye.

Nous n'avons rien observé du côté des urines ; jamais ces dernières n’ont été rouges, ce qui aurait pu faire penser à de l’hématoporphyrine-urie.

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