V. — PERTURBATIONS DUES A LA PARTIE ANODIQUE DE L'ARC
Aux intensités supérieures à 80 À, le jet cathodique semble exercer, toute influence électrique mise de côté, une pression sur la masse de vapeur sortant dü cratère, Les figures et reproductions 6, 7, 27 mettent ce phénomène en évidence. Les vapeurs émanant du cratère doivent, sous l’action de la pesanteur et du jet cathodique, s'élever et ne pas se mélanger au jet cathodique. Les positions relatives du dard et de la flamme sont à régler, ainsi que je l’ai exposé à propos de l’arc intensif 150 A, pour que les choses se passent ainsi. Si l'impact est trop haut, il peut arriver que les vapeurs anodiques
-se glissent le long du dard et en dessous, et atteignent la pointe du charbon négatif ‘sur laquelle des carbures se condensent.
Lorsqu'on a affaire à des charbons brûlant en position horizontale avec une longueur d'arc de 6 mm et à des intensités de 30 à 7 A, ce phénomène se produit beaucoup
- plus facilement. J’ai pu voir les vapeurs sortant du cratère se diriger vers la cathode par la partie inférieure de l’arc, mais, d’après des observations au spectroscope, les terres rares sont normalement présentes dans l’arc tout entier. Quoi qu'il en soit, le dépôt de carbures métalliques est quelquefois très abondant, et se présente sous forme d’une grosse goutte qui bouillonne, perturbe l’arc, et empêche le rallumage à cause de ses propriétés isolantes.
Ce phénomène a été très étudié. Il est combattu par une diminution du taux de la minéralisation du charbon positif, l'allongement de l’arc, la conductibilité thermique faible de l'écorce constituant le charbon négatif, l'augmentation de la densité de courant dans ce dernier, l’accroissement du taux de matières minérales dans la mèche. Je l’ai supprimé en introduisant un fluorure dans la mèche du charbon négatif. En effet, dans les vapeurs émanant de l’anode, il règne un équilibre entre les fluorures métalliques, le fluor, et les métaux provenant de la dissociation, le carbone et les carbures métalliques. Les carbures tendent à se déposer au contact du charbon négatif parce qu'ils sont relativement peu volatils et que la forte concentration en cérium déplace l’équilihre : Ce + 2 C = CCe de gauche à droite. Pour s’y opposer, il faut diminuer la concentration en atomes de cérium. Or, si l’on diminue le taux des métaux rares introduits dans l’anode, on modifie le rendement lumineux, mais on peut aussi diminuer la concentration des atomes métalliques en agissant sur l'équilibre Ce +3F = F,Ce par augmentation de la concentration en atomes de fluor dans la mèche A thoda es Le résultat a été pleinement satisfaisant [43].